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La 1ère Communauté Médicale
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Pharmacien, un épicier à Bac + 6 ?

Derrière ce titre provocateur se cache la grogne des pharmaciens d’officine, qui ne souhaitent plus être dépendants des produits de parapharmacie pour vivre de leur métier. Un concours ultra sélectif, et un doctorat plus tard, les pharmaciens sont des professionnels de santé accomplis, qui ne demandent qu’à utiliser leurs compétences acquises.

Beaucoup de pharmaciens essaient d’innover et de réinventer leur profession, certains créent un drive pour fournir leurs clients en médicaments, d’autres utilisent des écrans à la place d’étagères. Mais dernièrement, c’est un collectif de pharmaciens, à travers 10 propositions, qui souhaite retrouver la nature première de leur métier. Ces propositions tentent de replacer le pharmacien comme un acteur de santé, non comme un « distributeur automatique de médicament ».

Nouveaux modes de rémunération

Parmi ces propositions, on retrouve de nouveaux modes de rémunération. Le contrôle d’une ordonnance fait déjà partie des missions du pharmacien, mais cette étape essentielle n’est pas rémunérée. S’il décide de ne pas la délivrer, il perd bien sûr de l’argent, « Intervention, Opinion et Refus pharmaceutique  » est l’une des propositions faites par le collectif qui regrouperait une rémunération même en l’absence de délivrance. À travers cette proposition, il ne s’agit plus de récompenser le « vendeur du mois », mais une qualité d’analyse et de conseil.

Le chiffre d’affaires actuel d’une pharmacie d’officine comprend une part croissante des produits de parapharmacie. Un marché que les établissements tels que les supermarchés et les para pharmacie convoitent de plus en plus, bien que certaines marques conservent leur fidélité auprès de la pharmacie qui conserve son image de soin et de qualité.

Pouvoir de prescription

Autre point soulevé, celui de la prescription. Le groupe de signataires souhaite donner un pouvoir de prescription au pharmacien, certes limité, mais qui permettrait d’en faciliter à des médicaments. Il s’agit notamment de la pilule contraceptive, les antipaludéens et les certains antibiotiques. Pour la pilule, la prescription serait soumise à un questionnaire rempli avec l’aide de leur pharmacien. La pilule du lendemain peut déjà être vendue en pharmacie sans ordonnance, mais il n’est pas certain que la prescription de la pilule soit délaissée par les gynécologues.

Selon le collectif, le pharmacien serait en mesure d’interpréter les résultats d’analyse biologique, seulement ceux permettant de faire le suivi d’un traitement, comme les glycémies ou encore l’INR. Une rémunération, inférieure à celle d’une consultation chez le médecin, serait ainsi obtenue.

Réforme des études

Enfin, le collectif, demande une réforme des études de pharmacie, avec moins de chimie et plus de pharmacie clinique, « loin de la pratique réelle » selon le groupe. Les études de pharmacie étaient d’ailleurs au centre de la 29e journée organisée par l’Ordre des Pharmaciens. L’officine n’attire plus, Macha Woronoff, présidente de la Conférence des doyens de facultés de pharmacie précise, non sans ironie « que ranger des médicaments dans les tiroirs, ce n’est pas attrayant ».

La réforme du 3e cycle des études de pharmacie qui est en vue, n’enchantera sans doute pas le collectif. L’hypothèse d’un allongement des études et l’intégration au système LMD n’augmentera sans doute pas la professionnalisation des étudiants souhaitant s’orienter vers la pharmacie d’officine.

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