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Médecin de l’Education nationale, l’expert de l’élève

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Moins de 1000 médecins scolaires titulaires… La pénurie est très préoccupante, alors que leurs missions n’ont cessé d’augmenter, avec la reconnaissance des troubles des apprentissages, l’accueil des élèves handicapés et l’augmentation des demandes d’expertise. Zoom sur une expertise en quête de reconnaissance.


-  Démographie de la profession

Les départs à la retraite s’accélèrent, et ne sont pas remplacés. La chute des effectifs a été vertigineuse ces dernières années. On dénombre aujourd’hui moins de 1000 médecins de l’Education nationale sur les secteurs (contre 2000 médecins environ en 2005). Auxquels il faut ajouter une centaine de médecins conseillers techniques détachés, qui sont dans les rectorats et les inspections. Et environ 200 ETP de contractuels. « Depuis la loi Sauvadet (2012), le vivier des contractuels s’est éteint : presque tous ceux qui pouvaient être titularisés l’ont été. Depuis 2005 aussi, la loi sur le Handicap a fait exploser l’accueil des enfants handicapés à l’école –véritable avancée des droits- et le travail des médecins scolaires s’est trouvé majoré pour l’accompagnement des familles vers la reconnaissance du handicap », précise le Dr Patricia Colson, secrétaire générale du SNAMSPEN/SGEN-CFDT (Syndicat national des médecins de Santé Publique de l’Education nationale). « Dans le même temps, les troubles du comportement chez des élèves de plus en plus jeunes ont augmenté, avec des demandes d’expertises de plus en plus nombreuses et complexes car les situations se sont chronicisées, faute d’assurer la prévention  », ajoute le Dr Colson.

Alors qu’il faudrait un médecin pour 5 000 élèves en moyenne, et un pour 3000 élèves en réseaux d’éducation prioritaire (REP), on compte parfois un médecin pour 20 000 élèves. Une perte de chance de réussite pour les premiers concernés.

-Les raisons de la désaffection

Plusieurs facteurs sont intriqués. La raison numéro 1, selon le Dr Patricia Colson, est que « notre employeur, le ministère de l’Education nationale, ne fait aucune publicité sur ce métier et ne semble pas vraiment vouloir attirer de nouveaux médecins  ». Cet exercice est très peu connu des étudiants en médecine, a pu constater la professionnelle, lors de ses rencontres avec les étudiants.
Par ailleurs, les conditions de travail se sont dégradées, en raison des effectifs insuffisants : moins de temps pour l’exercice clinique, pour établir des diagnostics et pour le pilotage d’actions de prévention à la santé.
« Il y a une si mauvaise presse de la médecine scolaire, que cela n’aide pas la profession  », déplore le Dr Colson.
Enfin, la faible rémunération au moment de l’entrée dans la profession décourage les étudiants qui se montrent intéressés par cet exercice.

-Rémunération et statut

A l’échelon 1, juste après la titularisation, le salaire est de 2 136€ bruts. «  Il est rare cependant que les médecins n’aient pas exercé avant. Ils peuvent en général faire reconnaître l’activité antérieure et bénéficier d’un reclassement, au-delà de l’échelon 4, avec une rémunération qui démarre à 2800€ quand ils débutent », précise le Dr Colson.

Pour ceux qui bénéficient d’une promotion en première classe, la rémunération s’échelonne alors de 3102€ à 4531€ bruts.
Enfin, les médecins conseillers techniques perçoivent entre 3242€ et 5243€ bruts. « Du point de vue salaire, notre expertise est la moins reconnue de toute la médecine salariée », déplore le Dr Colson.
A quoi il faut ajouter une prime annuelle versée aux titulaires, de 8000€ minium.

Pour encourager les vocations, il faudrait aussi que les titulaires puissent avoir un exercice pluridisciplinaire dans le service public, comme par exemple médecin de l’Education nationale et médecin dans les centres médico-psychologiques (CMP) ou dans les Maisons des adolescents (MDA).

-Quelle formation ?

Pour passer le concours, vous devez être titulaire du diplôme de médecine reconnu au niveau de l’Union Européenne.
Qui passe le concours ? Pas seulement des généralistes, mais aussi des pédiatres, des médecins de santé publique, etc…une grande diversité de profils. Si vous êtes reçu au concours, vous êtes stagiaire pendant un an et bénéficiez d’une formation de 8 à 16 semaines à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), pour devenir titulaire.
Dans le cadre de la réforme du 3ème cycle, la médecine scolaire, enfin reconnue, fait partie de l’une des 44 formations de spécialité transversale. Les médecins contractuels qui n’avaient pas droit à la formation statutaire à l’EHESP pourront être recrutés avec une formation adéquate, qui faisait défaut. Les généralistes, les pédiatres, les médecins de santé publique et les psychiatres peuvent accéder à cette sur-spécialisation.

-Les missions du médecin scolaire

Les médecins de l’Education nationale sont des médecins de santé publique ayant une expertise leur permettant de faire des synthèses cliniques concernant les élèves dans leur situation de travail. Voici leurs principales missions :
-  concourir à la réussite et au bien-être des élèves
-  réaliser les bilans de santé obligatoires et à la demande
-  élaborer des programmes de prévention
-  coordonner des actions de prévention à la santé auprès des élèves et des parents, selon des besoins diagnostiqués
-  participer à l’orientation des élèves
Troubles de l’apprentissage, troubles du comportement, troubles psychiques, sont autant de difficultés que leur expertise leur permet de repérer et d’accompagner. « L’absence de médecin scolaire est un droit en moins pour l’enfant  », insiste le Dr Colson.


L’avis de l’expert

Dr Patricia Colson, secrétaire générale du SNAMSPEN/SGEN-CFDT « Une expertise très pointue »

« C’est un exercice médical passionnant, qui demande une expertise très pointue. Nous avons entre les mains toutes les orientations des enfants en situation de handicap et de maladie. Notre expertise a pour objectif de redonner aux enfants leurs chances de réussite scolaire, mais aussi une chance d’aller mieux du point de vue de leur santé future. Il est bien connu en effet que le niveau scolaire impacte l’état de santé des citoyens plus tard. Enfin, nous travaillons au sein d’une administration très complexe, dans laquelle il faut savoir évoluer. Nous demandons que notre expertise soit mieux reconnue »

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  • Sophie Cousin
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