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Changer de regard sur la médecine du travail

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Olivier Riss a passé l’ECNi 2016. Son classement lui ouvrait pratiquement toutes les spécialités, de la cardiologie à la néphrologie en passant par la chirurgie. Après une école d’ingénieur, puis la faculté de médecine, son parcours lui offrait sans doute une plus grande maturité pour réfléchir à la suite de sa carrière. Il explique à remede.org ses motivations pour choisir la spécialité médecine du travail, qui est très peu abordée pendant l’externat.

Quel est ton parcours  ?

  • J’ai 27 ans et je suis en premier semestre d’internat en médecine du travail. Après deux années de classes prépa j’ai intégré une école d’ingénieur en mécanique. Je me suis vite rendu compte que ce n’était pas du tout le type de vie que je voulais mener. Au bout d’un an, j’ai donc arrêté et je suis allé en PACES. C’était déjà un choix difficile sachant qu’en étant ingénieur j’aurai pu profiter de la passerelle, mais je pensais que les bases du premier cycle étaient indispensables pour comprendre les mécanismes physiopathologiques. J’ai réussi la PACES en primant.

Comment s’est passé ton externat  ?

  • L’externat à Strasbourg est divisé en une succession de 2 mois de cours puis 2 mois de stage à temps plein. Pour ce qui est des stages, mes souvenirs sont mitigés, bien sûr j’ai pu m’exercer à la pratique de la médecine, et j’ai pu faire la plupart des gestes techniques qu’un médecin doit maîtriser. Mais bien souvent, notre rôle était purement administratif, imprimer les courriers de sortie, recopier les comptes-rendus d’examens dans le dossier et faire des ECG en série.
  • Je conseille aux étudiants de bien se renseigner, d’aller vers les gens, téléphoner, envoyer des mails à des médecins des CHU ou du libéral, qui ont toujours la gentillesse de venir au secours de futurs confrères. Il ne faut pas se baser sur l’expérience qu’on peut avoir en stage.

Quand as-tu décidé de faire de la médecine du travail  ?

  • En D4. Avant l’ECN, tout le monde a le nez dans les livres, et il ne reste plus de place pour prendre un peu de recul et réfléchir à un choix de carrière. Certains ont la chance d’avoir une vocation, et ils font tout pour atteindre cet objectif. Moi, comme une grande partie des carabins, je me suis simplement fixé un objectif de rang qui me permettrait d’avoir le choix. L’ECN étant passé, j’avais obtenu le classement que je désirai (2815e). J’ai alors commencé à réfléchir à la vie que je voulais mener, les possibilités de carrière de chaque spécialité, la qualité de vie qu’elles offraient... J’ai rapidement mis de côté toutes les spécialités d’organes  ; si l’on veut voir un grand panel de pathologies, il faut faire une carrière universitaire, ce qui ne m’intéresse pas du tout, et si on reste en libéral je pense que le métier doit rapidement devenir rébarbatif.
  • J’hésitais enfin entre la psychiatrie et la médecine du travail, j’ai alors fait un stage dans chacune de ces spécialités pour me faire une idée. Choisir la médecine du travail demande une démarche plus approfondie, car on nous en parle peu pendant l’externat et je suis sûr qu’on est tous passés dans un stage où votre sénior vous dit «  si tu ne bosses pas plus tu vas finir médecin du travail dans la Creuse  !  ». Mal considérée par la société et par nos confrères, choisir la médecine du travail demande du courage et des arguments sans failles.

Peux-tu nous donner envie de faire de la médecine du travail  ?

  • Je dirai que la médecine du travail, c’est de la médecine interne où l’on s’occupe de patients jeunes, que l’on peut réellement aider concrètement et au quotidien. La santé au travail c’est écouter le patient, s’intéresser à sa vie. Quelle partie plus importante dans la vie de chacun que son travail  ? Notre rôle est de préserver sa santé, de mettre en place des plans d’action. On se rapproche ici de la santé publique.
  • Au final, nous sommes des médecins, ayant un œil clinique nous permettant de poser n’importe quel diagnostic. De prescrire des examens complémentaires afin d’étayer nos hypothèses. Un médecin du travail reste un médecin, même si la prescription n’est pas la finalité de la consultation (hormis les situations d’urgences). Ça ne se résume pas non plus à la rédaction d’arrêt de travail, c’est une spécialité bien moins administrative que l’on pourrait penser. Le médecin du travail est donc un médecin, mais il jouit de conditions de travail tout à fait particulières. Il est salarié protégé, et bénéficie comme tout salarié des 35 heures, congés payés, retraite, couverture sociale...
  • Ce n’est pas le prestige qui a été l’élément déterminant. En premier lieu, c’est la qualité de vie puis l’intérêt scientifique. La possibilité de diversifier son activité pendant l’internat (DIU de toxicologie, d’ergonomie, de médecine hyperbare), possibilité de faire un DESC de médecine légale... Et finalement être un acteur essentiel, au carrefour entre l’employeur et le salarié. La santé au travail suit l’évolution de la société. On constate que les troubles musculo-squelettiques diminuent mais que de plus en plus de pathologies psychiques sont induites par le travail.

Quel regard ont porté tes proches (amis et famille) sur ton choix de spécialité  ?

  • Le regard des amis et de la famille. Ce n’est pas la spécialité dont rêve tout étudiant, on s’imagine pour beaucoup neurochirurgiens, l’équivalent d’un demi-dieu dans l’esprit collectif. Après l’étonnement, c’était l’incompréhension, avec des réactions parfois violentes : toutes ces années d’études pour ne pas être un vrai médecin  ! Mais avec des explications et un projet solide, mon choix a finalement été accepté.

Comment se passe ton internat  ? Satisfait  ? Quel rythme de travail  ?

  • Je pense qu’il faut être honnête et dire que l’internat de médecine du travail n’est pas aussi «  cool  » que l’on pourrait penser. Bien sûr, ce n’est pas un internat de gynécologie avec des gardes tous les deux jours, mais la maquette comporte 4 stages «  cliniques  ». Pour la plupart des villes, ce sont des stages en psychiatrie, dermatologie, pneumologie, médecine physique et de réadaptation, avec des gardes aux urgences. Il y a aussi 4 stages de spécialité, donnant un aperçu des possibilités d’exercice : service interentreprise, service de santé autonome, fonction publique (d’état, territorial, hospitalier), régime agricole...
  • Dans la plupart des cas lors de ses stages, les droits des internes sont respectés (repos de garde, accès aux formations). L’internat correspond à ce à quoi je m’étais préparé. Et les rythmes de travail sont corrects (8 h 30 – 19 h) avec 2 à 3 gardes par mois.

As-tu déjà des choix de carrière  ? Quelles opportunités offre la médecine du travail  ?

  • Je ne suis qu’en premier semestre, et il est encore tôt pour faire un choix de carrière. Mais les possibilités sont multiples : la carrière hospitalo-universitaire, au sein des services des pathologies professionnelles (recherche d’une étiologie professionnelle à des pathologies cancéreuses, neurodégénératives, souffrance au travail...)  ; une carrière au sein d’une entreprise ou d’un panel d’entreprises  ; dans le domaine privé, public ou agricole.
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  • Idris Amrouche
  • Rédacteur remede.org
  • amrouche.idris@gmail.com
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