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La 1ère Communauté Médicale
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Réussir sa PACES à quel prix ?

Les études préparant aux professions médicales ou paramédicales promettent, par le concours sélectif de première année, une égalité sans faille. Or, très tôt, une sélection financière s’est installée par l’intermédiaire de la préparation de ce concours. C’est ainsi, près de 75 % des étudiants de médecine qui ont recours à une prépa privée, estime l’ANEMF. Tentant de pallier cette injustice financière, le tutorat est arrivé comme une alternative (un complément pour d’autres) à ce système. Ainsi, l’une des grandes questions que se posent tous les étudiants qui entament la PACES, c’est bien celle de prendre une Prépa ou non. Alors tutorat ou prépa ?

Le tutorat est né en 1975 à Saint-Etienne. Il est organisé par la faculté ou par les étudiants d’années supérieures. Le principe est d’offrir aux étudiants de PACES des « colles » de qualité à un prix le plus souvent symbolique. Les examens sont réalisés par les étudiants, parfois en collaboration avec les professeurs, ce qui donne une légitimité aux exercices proposés. Julien, étudiant en 3e année de médecine, a réussi du premier coup sa PACES. Il ne regrette pas d’avoir opté pour le tutorat, « les colles sont bien faites et nous sommes assez nombreux, le classement est donc plus représentatif de notre niveau que dans une prépa » nous explique-t-il. Même si prendre une prépa l’a « tenté », il ne regrette pas son choix.

Autre cas de figure, Romain, en 2e année de médecine, qui après avoir pris une prépa lors de sa première année, n’a opté que pour le tutorat pour son redoublement. « J’avais pris une prépa pour me rassurer, mais le tutorat était amplement suffisant quand on travaille correctement » nous confie Romain, « et l’économie d’une prépa n’est pas négligeable » ajoute-t-il. Il est donc bien possible de réussir sans prépa, mais le mythe persiste. La prépa serait « indispensable » pour réussir. Cette idée a longtemps contribué à apporter de nombreux clients aux portes des prépas, petites ou grandes.

Les prix n’éloignent pas les clients, qui doivent parfois s’inscrire sur une liste d’attente pour espérer avoir une place à la rentrée. D’autres, pratiquent une sélection sur les résultats du bac, pour obtenir les meilleurs taux de réussite au concours, et pouvoir les mettre en avant à la rentrée prochaine.

Le prix de l’angoisse

Même si le tutorat est un concept ancien, il n’est revenu à la mode que depuis 15 ans. Les prépas privées sont présentes depuis 30 ans, un quasi-monopole pour la préparation du concours, et sont considérées comme « indispensables » pour Ludivine, étudiante en 2e année de médecine. Elle est très heureuse de la préparation offerte par sa prépa. D’après elle, « on est mieux encadré et les tuteurs sont plus accessibles ». Quand on l’interroge sur le prix de ces prépas, elle concède avoir dû faire un prêt pour payer les deux années de prépa.

En effet, le coût d’une prépa est très important. Les prépas les plus anciennes doivent aujourd’hui faire face à de nombreux instituts concurrents, sur un marché estimé à plus de 150 millions d’euros . Ce dernier a quasiment doublé en quelques années. Les parents sont très souvent prêts à faire cet investissement de plusieurs milliers d’euros. Valérie n’a pas hésité à payer une prépa pour ces deux enfants. « On se sent un peu obligé, par peur d’avoir des regrets pour eux, mais aussi pour nous », explique la mère de deux enfants en PACES. Cet argument récurrent, celui de mettre « toutes les chances de son côté », profitent largement aux « boites à colles », aux détriments de l’égalité face à la préparation du concours. Le Pr Daniel Benchimol, l’ancien doyen de la faculté de Médecine de Nice n’y voyait que « l’exploitation de l’angoisse des étudiants… Et de leurs parents » .

Finalement, les avis sont partagés. Le tutorat se professionnalise et devient aujourd’hui une vraie alternative aux prépas privées. Longtemps, les étudiants en première année, voyaient la prépa comme indispensable pour réussir, mais aujourd’hui les facultés, sans doute face aux critiques de cette égalité des chances mise à mal par le prix des prépas, ripostent. Les universités, accompagnées de nombreux étudiants motivés, tentent de faire des tutorats la norme pour la préparation du concours de PACES.

Bon à savoir  : Remede.org propose un service de mise en relation pour les étudiants qui souhaitent coacher les nouveaux PACES

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