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Les « docteurs juniors », assistants le jour, internes la nuit : une aberration

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Le docteur Laurent Gilardin, président du de l’ISNCCA (Inter Syndical National des Chefs de Clinique et Assistant) explique à Remede.org les positions du syndicat sur la réforme du 3e cycle et du post-internat alors que les internes vont entrer en phase socle.

Quels ont été les principaux faits marquants de la réforme ?

Globalement, la réforme a été une longue concertation, il y a tout un historique, de nombreux points de friction, qui ont remis en cause à plusieurs reprises son aboutissement. Les points de blocage ont été repoussés, puis la négociation par secteur a permis habilement de faire sauter ces points de discordes entre les différentes spécialités.

La réforme devait à l’origine est une réforme du 3e cycle et du post-internat. Cette réforme, plus que nécessaire, ne nous convient pas pour ce qui est du post-internat. C’est sur ce point que nous avons que nous avons souhaité alerter les internes et les médias.

Le Décret en Conseil d’État relatif à la phase 3 - dite de consolidation - n’est pas encore paru. Il faut souligner que cette réforme était nécessaire et apporte de vrais progrès sur le plan pédagogique, mais 3 points restent en discussion. La durée de certains DES est insuffisante, le statut des étudiants de phase 3 n’est pas satisfaisant et l’accès à un post DES et donc au secteur 2 est incertain.

Pourquoi ne pas avoir rejeté le texte de la réforme ?

Malgré les points qui nous dérangeaient, il fallait réformer ce système vieillissant, d’autant plus qu’il n’était plus tenable avec l’augmentation du numerus clausus. On a accepté par responsabilité, et respect de l’investissement de chacun.

Les chefs de clinique actuels sont-ils concernés par cette réforme ? Pourquoi votre engagement ?

La réforme ne concerne pas les chefs de clinique actuels. Initialement, dans mon engagement, j’étais opposé au secteur 2, surtout en ce qui concerne les motivations du clinicat, comme une porte vers le secteur 2. Ceci était même une des sources de mon engagement. Je me retrouve aujourd’hui à le défendre indirectement, car ce que je défends c’est surtout la liberté de choix de faire du secteur 2, on ne devrait nous imposer aucun choix.
Nous nous battons aujourd’hui pour les nouveaux internes, ceux qui entament la phase socle. La réforme du post-internat sera pour eux, et les conséquences néfastes tomberont sur les plus jeunes d’entre nous.
On souhaite éclairer les plus jeunes sur cette réforme.

Pourquoi la dernière phase de formation vous pose-t-elle problème ?

Après une phase socle et d’approfondissement, l’interne passe sa thèse et devient, tel que le texte de Décret le prévoit, un « docteur junior », inscrit à l’ordre. Outre le fait que ce nom est ridicule, son périmètre d’action n’est pas bien défini, il sera autonome la journée et payé comme un assistant, mais sous supervision la nuit, en garde, comme un interne et donc payé, comme un interne !

Normalement on est supposé être à la fin de l’internat, on est prêt à travailler, on est autonome. Pour aboutir à cet objectif, il faut de l’autonomie, par exemple en chirurgie ça s’illustre lorsque le chirurgien est principal opérateur. Il est évident que cette phase 3 est encore une phase de formation, mais en autonomie. Le chirurgien autonome fera par exemple des gestes simples comme des drainages d’abcès en pleine autonomie.

Votre position par rapport aux autres syndicats ?

L’ISNI et l’ANEMF estiment que l’interne est encore étudiant et donc doit être encore plus protégé en phase 3 que les internes aujourd’hui. Ce qui est irréaliste et illogique.
Cette autonomie progressive donne des situations illogiques, en phase 3 l’interne est payé comme un assistant le jour et redevient un interne la nuit, voilà la grande incohérence de la situation.

Le secteur 2 est-il vraiment menacé ?

Un « docteur junior » fera le même travail que les assistants actuels, dans la politique de réduction des couts, il semble évident que les doublons seront supprimés, et donc que le poste d’assistant, à terme, sera supprimé. De plus suite, à l’augmentation du numerus clausus s’ajoutera une concurrence exacerbée pour ces postes, qui sont la seule possibilité pour accéder au secteur 2.
Notre position, n’est pas pour ou contre le secteur 2, il est évident que dans certaines villes, le secteur 2 est indispensable vue la hausse du niveau de vie.

Quelles sont vos marges de manœuvre pour faire bouger les choses ?

Les tutelles sont d’accord avec nous, il nous faut convaincre les internes. L’avenir de ces propositions est variable, le communiqué de presse des doyens reprend ce qu’on dit, et qu’il faut reprendre les discussions. Nous sommes d’accord qu’avant de régler le problème du post-internat, il faudra aussi régler le problème des options et des FST.

C’est dans 2 ans seulement que les nouvelles générations comprendront le problème de cette réforme, qui selon nous est inachevée. On veut convaincre les plus jeunes, notamment autour de ce problème d’autonomie en fin de formation. On appelle tous les internes, qui ont pris conscience de cette problématique et se manifester, et de s’investir dans les représentations des internes qui croient en ces idées. L’autonomie complète, avec bien sûr une certaine progressivité prévue dans un contrat de formation, est la seule solution pour avoir une formation complète, car ne comptez pas sur le post-DES pour vous former comme au temps des DESC pour la chirurgie, vous risquez d’être diplômé, mais non autonome !

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  • Idris Amrouche
  • Rédacteur remede.org
  • amrouche.idris@gmail.com
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