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Gynécologie-Obstétrique

1- Qui êtes-vous ?

Véro, 25 ans, bientôt 3e semestre, gynécologie-obstétrique

2- Quand avez-vous choisi cette spécialité ?

Longues hésitations...J’y songeais en fait depuis longtemps, j’ai eu le réel coup de foudre en stage d’externe (D3) puis j’ai abandonné l’idée jusqu’à mes révisions d’internat où je me suis rendu compte que je n’aimais réviser que ca ;-)

3- Qu’est-ce qui vous attirait (et attire toujours) le plus dans cette spécialité ?

-  Le côté médico-chirurgical
-  L’échographie qui fait partie intégrante de la spé (pas besoin de se prostituer auprès des radiologues)
-  L’obstétrique (qui ne ressemble à aucune spé au monde)
-  La relation avec les patient(ES en l’occurrence) qui touche au très intime (« reproduction », sexualité etc)
-  La possibilité de ne pas voir que de la patho (grossesse et accouchement normaux, suivi gynéco classique) et pas que de la cancéro dans la patho

4- Fallait-il être bien classé pour avoir cette spécialité (si oui combien et votre classement) ?

Non, pas tant que ça, la GO n’est pas si bien choisie que ça...Ils ne savent pas ce qu’ils perdent ;-)

5- Comment s’organise l’internat pour cette spécialité (maquette de DES succinte) ?

-  5 semestres de gynécologie/obstétrique
-  2 semestres de chirurgie non gynécologique
-  3 semestres libres (PMA, échographie ou autre)
-  → 10 semestres au total donc, dont au moins 2 semestres en périphérie

6- Est-ce une spécialité "prenante" (horaires, gardes)

Oui très ...
-  8 à 9 gardes par mois, où dormir quatre heures est un réel luxe
-  Repos de garde appliqué encore avec difficulté dans certains CHU
-  Pas de retour chez soi le soir avant 19h

7- Le salaire est-il important une fois thésé ?

Suis trop jeune pour dire

8- Avez-vous pensé à d’autres spécialités ? Qu’avaient-elles d’intéressant et pourquoi avoir changé d’idée ?

J’ai hésité avec l’anesthésie-réa (à mon goût trop « intellectuel » et trop pauvre sur le plan relationnel avec les patients) et la médecine générale (trop vaste pour mon esprit restreint ;-) )

9- Qu’est-ce qui pourrait éventuellement rebuter d’autres personnes dans la spécialité que vous avez choisie (les inconvénients) ?

Le nombre de gardes, les horaires, le manque de sommeil, la charge de travail mais surtout : le stress. Il faut savoir rester cool et aimer prendre des décisions dans l’urgence.
Par ailleurs c’est une spé à éviter absolument si vous aimez les visites qui durent 15 heures à réfléchir sur des natrémies... En gynéco-obstétrique, c’est beaucoup moins « intellectuel » ;-)

10- Comment voyez-vous maintenant cette spécialité : est-elle différente de l’idée que vous vous en faisiez ?

Encore plus variée, plus passionnante et plus attachante que ce à quoi je m’attendais, mais plus étendue et plus difficile aussi ...

11- Comment vous voyez-vous dans 10 ans, et en fin de carrière dans 30 ans ?

A l’hôpital si je trouve l’équipe de collègues et de sages femmes qui me donnera l’envie d’y rester, parce que j’aime véritablement le travail d’équipe et les fous rires de fin de garde de merde
Et donc dans 30 ans : une vieille PH toute aigrie toute cernée-ridée qui ne supportera plus les gardes, les jeunes internes, les femmes enceintes, les femmes tout court (mdr bien sûr)
En libéral sinon, mais plutôt par défaut

12- Avez-vous quelques anecdotes à nous communiquer ?

Des anecdotes ? Euh...La femme enceinte qui dormait assise pour ne pas noyer son bébé, le baptême in utéro par toucher vaginal, le bouchon de tube de dentifrice coincé dans le vagin après masturbation délicate, la consultation en urgence à 3 h du matin pour...ses règles etc
Mais aussi plus sérieusement la discussion de ¾ d’heure avec la femme à 14 SA pile qui ne sait toujours pas si elle veut vraiment une IVG, le couple à qui on confirme qu’il s’agit bel et bien -et pour la 6ème fois- d’une fausse-couche, le décès d’une toute jeune maman d’un foudroyant cancer du col, la césarienne en extrême urgence (sans se laver les mains hum) pour sortir un bébé dont on a perdu les bruits du cœur à l’enregistrement etc
Et puis la fierté d’avoir gagné deux semaines de grossesse dans une MAP sévère, le bonheur de savoir faire une ventouse ou un siège toute seule ou tout simplement, lors de certains accouchements - et sans qu’on sache exactement pourquoi- l’émotion qui vous fait monter les larmes aux yeux...

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