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Gériatrie, une spécialité pleine d’avenir

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La deuxième promotion d’étudiants étrennant le nouveau DES de gériatrie fait sa rentrée. Contrairement aux idées reçues, la spécialité ne se résume pas à de la médecine palliative ! Onco-gériatrie, ortho-gériatrie, cardio-gériatrie, neuro-gériatrie sont autant de sur-spécialisations techniques et passionnantes très recherchées. Le point avec le porte-parole de l’Association des jeunes gériatres.

La première promotion issue du nouveau DES de gériatrie est sortie il y a juste un an, en 2017. « Les étudiants ne savaient pas trop à quoi ce choix allait les engager et avaient quelques inquiétudes. Elles sont levées. La mise en place du DES s’est faite sans aucune difficulté », se félicite le Dr Arnaud Caupenne, chef de clinique-assistant médecine gériatrique au CHU de Poitiers et porte-parole de l’Association des jeunes gériatres*. Une étude menée par le service gériatrie du CHU de Rennes sur le niveau de satisfaction de cette première promo est en cours de finalisation. Premier chiffre très encourageant : une écrasante majorité des étudiants sont satisfaits d’avoir choisi le DES de gériatrie ! Qui sont-ils ? Comment vivent-ils leur première année ? Nous en saurons plus très prochainement.
La France compte 5 393 médecins gériatres en activité (RPPS, 2017). Un chiffre à considérer avec précaution car il est très difficile d’évaluer précisément qui exerce la gériatrie, notamment dans les petits hôpitaux.

Redonner de l’attractivité à la spécialité
En juin dernier, l’Association des jeunes gériatres, la Société française de gériatrie et gérontologie et le Collège national des enseignants en gériatrie ont lancé conjointement une campagne d’information sur le DES de gériatrie, intitulée « les 8 bonnes raisons de choisir la gériatrie ». Objectif : changer l’image de la spécialité et lui redonner de l’attractivité auprès des étudiants, dans un contexte de difficultés de recrutement dans les services de gériatrie. La spécialité est loin d’être parmi les premières choisies par les internes… le rang moyen se situant autour du six-millième !
199 postes sont ouverts cette année à l’issue des ECN, soit un poste de moins que l’année dernière. « Les trois sociétés savantes de la spécialité s’accordent clairement à dire que cela ne correspond pas aux besoins réels en gériatrie. Des négociations sont en cours et nous espérons que le nombre de postes ouverts passera progressivement à 250 d’ici quelques années », indique le Dr Caupenne.
Ouvrir des postes est une chose. Encore faut-il qu’ils soient pourvus. En 2017, 23 postes de gériatrie ne l’ont pas été. D’où ce travail indispensable d’information sur la spécialité, pour casser des préjugés tenaces. « Lorsque l’on parle des sujets âgés, l’a priori est négatif aussi bien dans la population générale qu’au sein de l’hôpital. Les étudiants pensent que la gériatrie est une médecine uniquement palliative, alors que c’est loin d’être le cas. La spécialité peut aussi être technique », souligne le Dr Caupenne.

Zoom sur le DES et les stages

Phase socle : 2 semestres
Le premier stage « Court séjour gériatrique » concerne la prise en charge des patients âgés juste après leur passage aux urgences. Puis un stage est à choisir entre médecine d’urgence, médecine interne, cardio, pneumo, neuro ou rhumato. « Passer en médecine d’urgence ou médecine interne me paraît indispensable. Mais tout dépend bien sûr du type d’exercice souhaité par l’interne. Ces stages peuvent donner de nouvelles compétences aux gériatres, plus qu’ils n’en avaient auparavant avec le DESC », précise le Dr Caupenne.

Phase de consolidation : 1 an
Les terrains de stage sont très CHU-dépendants, mais il y en aura pour tous les étudiants et pour tous les goûts ! Ils sont actuellement en cours de recensement par l’Association des jeunes gériatres, afin d’identifier les plus adaptés et formateurs. N’hésitez pas à contacter l’Association des jeunes gériatres* pour des conseils personnalisés.

Compétences requises et surspécialisation
La gériatrie est la médecine interne du sujet âgé. Tous types de pathologies sont prises en charge : à la fois des pathologies spécifiques du sujet âgé et des pathologies courantes du sujet adulte. Ce qui intéresse le gériatre, ce n’est pas l’âge du patient mais ses capacités. « Entre deux patients de 80 ans, l’un a pu très mal vieillir et je vais alors lui proposer des thérapeutiques simples ; l’autre a pu très bien vieillir et peut être pris en charge comme une personne de 50 ans ! », précise le Dr Caupenne.
Par ailleurs, la gériatrie offre un large éventail d’actes et de prises en charge plus techniques. Voici les surspécialisations qui se développent beaucoup actuellement :
-  onco-gériatrie ;
-  ortho-gériatrie ;
-  cardio-gériatrie (prise en charge de l’insuffisance cardiaque spécifique du sujet âgé et développement de la technique TAVI, de changement de valves aortiques par voie percutanée, sans ouverture thoracique) ;
-  neuro-gériatrie ;
-  dermato-gériatrie (plaies, escarres…) ;
Ces surspécialisations sont accessibles via des DU dans certaines facultés, comme par exemple Paris 6, Nantes, Montpellier, Strasbourg... (liste disponible sur www.seformeralageriatrie.org).
Par ailleurs, la nouvelle maquette de DES permet de s’orienter dès la 2e année vers tel ou tel stage et de se surspécialiser de cette façon.
Certaines des disciplines citées ci-dessus pourraient devenir des FST dans les années à venir. C’est l’un des souhaits des instances représentatives de la spécialité.
Les formations spécifiques transversales (FST) en place sont les suivantes :
-  Douleur ;
-  Nutrition appliquée ;
-  Pharmacologie médicale/thérapeutique ;
-  Soins palliatifs ;
-  Sommeil.

Statuts et rémunération
L’exercice de médecin gériatre est très majoritairement salarié. Soit à l’hôpital public, soit dans les cliniques privées qui développent des filières gériatriques aussi bien dans leurs services de médecine que dans ceux de chirurgie, pour développer un post-opératoire spécifiquement adapté au sujet âgé.
La gériatrie libérale n’existe pas encore mais devrait se développer dans les années futures. Toute la difficulté sera de définir des cotations spécifiques pour ces consultations longues.
Concernant les interventions des médecins gériatres en Ehpad, la question est délicate. « Nous attendons de grandes réformes en 2019 et cette question sera centrale. Est-ce que demain, les gériatres pourraient intervenir en Ehpad ? Nous souhaitons développer des accords en ce sens, par exemple à travers les équipes mobiles intra et extra-hospitalières », souligne le Dr Caupenne.
A l’hôpital, la grille de rémunération en vigueur s’applique.
Dans le privé, les salaires sont négociables en fonction des cliniques, sachant que les profils de médecins gériatres seront extrêmement recherchés dans les prochaines années. Le salaire entrant se situe entre 5 000 et 6000 € net dans le privé.

Le parcours du Dr Arnaud Caupenne, chef de clinique-assistant médecine gériatrique au CHU de Poitiers et porte-parole de l’Association des jeunes gériatres
« En gériatrie, je me sens utile ! »

« J’ai un parcours atypique. Au départ, j’avais choisi la chirurgie et c’est là que j’ai découvert la pathologie du sujet âgé. Je me suis rendu compte qu’il était parfois difficile de traiter les sujets âgés dans les services de chirurgie. Je suis reparti en médecine générale et j’ai fait le DESC de gériatrie, avec deux stages puis un post-internat. Je finis actuellement ma troisième année de clinicat au CHU de Poitiers. A la fin de mon externat, je n’aurais jamais pensé que je choisirais cette spécialité ! Je rêvais comme tout le monde de faire une spécialité très technique, valorisée, etc… C’est la raison pour laquelle je vois aujourd’hui l’importance de la communication sur ce sujet. Finalement c’est en gériatrie que je me sens le plus utile car rares sont les médecins qui savent soigner les sujets âgés. C’est un peu comme avec les enfants en pédiatrie : leur fragilité explique que leur état de santé peut se dégrader, mais aussi s’améliorer très rapidement. Il est très gratifiant de constater le bien-être retrouvé pour de nombreux patients. Actuellement, je pratique la gériatrie générale en unité de gériatrie aiguë après une expérience passionnante en unité cognitivo-comportementale. Je suis également diplômé en infectiologie et ai réalisé des travaux de recherche sur les infections à C. difficile du sujet âgé, en passe d’être publiés ».

Sophie Cousin

Pour en savoir plus  :
-  * Association des jeunes gériatres ;
-  la liste des DES de gériatrie ;
-  la campagne de promotion ;
-  la maquette du DES de gériatrie

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