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Faire une carrière de PU-PH

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Intéressé par ce statut mixte entre professeur des universités (PU) et praticien hospitalier (PH) ? Remede a recueilli les conseils du Pr Patrick Goudot, président du Syndicat national des professeurs hospitalo-universitaires (SNPHU).

Selon une étude menée par la Fédération hospitalière de France en mai 2017 auprès de 4 000 médecins et 1 600 étudiants*, 93 % des étudiants considèrent qu’ils ne sont pas assez informés sur les parcours professionnels à l’hôpital et 90 % d’entre eux considèrent que les post-internats et les modalités d’attribution de ces postes ne sont pas assez clairs. Focus sur la carrière de PU-PH.

-Principales missions
Le PU-PH exerce une triple activité : médicale hospitalière, enseignement universitaire et recherche. Il participe au contrôle des connaissances et aux jurys d’examens et de concours. Les trois activités d’enseignement, recherche et soins s’entremêlent. « Lorsque j’opère, je suis aidé par un ou plusieurs étudiants à qui j’enseigne ma technique opératoire, en complément des enseignements théoriques. Et si le patient m’en donne l’autorisation, le tableau pathologique va éventuellement être inclus dans un protocole de recherche », prend pour exemple le Pr Patrick Goudot, chef de service de chirurgie maxillo-faciale à l’hôpital de La Pitié Salpêtrière. Pour le président du SNPHU, la question de la répartition entre ces trois missions et du temps passé pour chacune est un faux débat, pourtant régulièrement remis sur la table. « Ces trois fonctions sont l’essence même d’un statut qui ne fait pas l’unanimité et est parfois jalousé par certains », ajoute-t-il.

-Autres activités
Quels sont les cas de dérogation au temps plein exclusif dédié à ces trois missions principales ? Les revenus tirés d’une activité libérale au sein de l’hôpital ; les revenus des enseignants en médecine générale issus de la partie clinique hors de l’hôpital, la production d’œuvres scientifiques, littéraires ou artistiques, les activités d’intérêt général à l’intérieur ou a l’extérieur de l’établissement (actions de vigilance et de soins en réseau).
Par ailleurs, les PU-PH peuvent être amenés à réaliser des expertises et consultations rémunérées pour des autorités administratives et judiciaires, des organismes privés ou de Sécurité sociale. Enfin, ils peuvent être détachés auprès d’un établissement hospitalier ou d’un organisme public (activités de consultant) temporairement.

-Comment devient-on PU-PH ?
Ils sont soit recrutés sur concours pour le personnel enseignant titulaire, soit nommés sur décision conjointe du CHU et de l’unité de formation et de recherche pour le personnel non titulaire temporaire ou détaché. Le concours est ouvert aux MCU-PH, PHU et CCA-AHU et un concours spécial est en place pour les PH, chercheurs et enseignants.
« Pour être PU-PH, il faut remplir trois obligations réglementaires : être ancien chef de clinique des hôpitaux ou ancien assistant hospitalo-universitaire ; avoir satisfait aux obligations de mobilité ; avoir reçu son habilitation à diriger la recherche », explique le Pr Goudot. Mais cela ne suffit pas : le niveau de candidat est ensuite évalué sur la quantité de travaux de recherche fournis. Les publications sont mesurées avec l’indice SIGAPS, une évaluation des publications des candidats, en fonction du niveau de la revue et du rang du candidat parmi les auteurs. Depuis peu, un deuxième indice est utilisé : le SIAPS, qui mesure la charge d’enseignement assurée par le candidat. Et le volet soin compte aussi, en fonction du niveau de satisfaction de la direction du CHU quant à vos fonctions soignantes.

-Faut-il de préférence passer par le statut MCU-PH avant ?
Dans les spécialités cliniques, il est devenu très habituel que les candidats passent d’abord par le statut « Maître de conférence des universités-praticien hospitalier » avant d’accéder au statut de PU-PH.
Les avantages ? après une année probatoire, le candidat est titulaire. Il a donc de fait un pied dans la carrière hospitalo-universitaire. Et en principe, son avenir est d’être nommé un jour PU-PH. Ce statut peut donc être une étape intermédiaire intéressante, sachant que le niveau d’exigence est moins élevé pour le statut de MCU-PH. « On estime qu’il faut un score SIGAPS autour de 400 pour présenter sa candidature à un poste de PH ; alors qu’il faut un score autour de 200 pour postuler à un poste de MCU », précise le Pr Goudot.

-  Atouts et limites de cette carrière
Selon l’étude menée par la FHF en mai 2017, les principaux atouts des carrières hospitalières sont les suivants : l’accès aux plateaux techniques (54 %), le travail en équipe (49 %), la possibilité de développer d’autres activités comme la recherche et enseignement (39 %), l’accès à la formation (38 %), l’intérêt clinique (37 %), les valeurs du service public (29 %). Sans compter « la diversité des pathologies traitées au sein des CHU et une certaine liberté dans l’organisation de travail », ajoute le Pr Goudot.
A contrario, quels sont les « repoussoirs » ? « Très clairement, les conditions de travail à l’hôpital, qui se sont beaucoup dégradées depuis quelques années et ne sont pas toujours à la hauteur de ce qu’on peut trouver dans le secteur privé. Deuxièmement, les multiples étapes du parcours pour accéder au statut de PU-PH et le fait que quand on ne s’engage pas assez tôt, la situation devient rapidement complexe », indique le Pr Goudot.

-Quelle rémunération ?
Elle passe presque du simple au double entre le début de carrière et douze ans d’ancienneté.
Pour le salaire brut universitaire, la grille indiciaire est la suivante. Avant trois ans : 2826 euros ; après trois ans : 3 197 euros ; après 6 ans : 3 475 euros ; après neuf ans : 4 123 euros : après 12 ans : 4 679 euros. Il faut y ajouter l’indemnité brute hospitalière, qui est d’un montant à peu près équivalent (hors gardes et rémunérations complémentaires). Soit un salaire global brut d’environ 5 600 euros en début de carrière et de de près de 10 000 euros après douze ans d’ancienneté.

-Quel statut et quelle protection sociale ?
Les nominations sont faites à titre permanent. Le PU-PH est agent titulaire de l’Etat (fonctionnaire). Sa durée de congés annuels est de 25 jours ouvrés, sans RTT. En cas de temps additionnel de travail, le praticien peut être au choix indemnisé, soit récupérer des jours, soit investir sur le compte épargne temps. Le statut prévoit un congé maternité de 16 semaines, un congé paternité de 11 jours, un congé parental de trois ans non rémunéré et un congé de présence parentale de 14 mois sur trois ans maximum, sur présentation du certificat médical.

-Congé de formation
Il est de six semaines pour les PU-PH, dont 31 jours à l’étranger sans possibilité de dérogation pour les professeurs et maîtres de conférence des universités. Les droits peuvent être cumulés sur deux ans.
Ce congé de formation d’une durée très intéressante est l’un des atouts majeurs du statut. Même si en réalité, compte tenu des missions à assurer entre l’hôpital et l’université, peu de PU-PH parviennent à prendre la totalité de ce congé…

L’avis de l’expert : Pr Patrick Goudot, président du SNPHU
« Construire sa carrière le plus tôt possible ! »

« Ce parcours est d’autant plus difficile qu’il est commencé tardivement. Lorsqu’un médecin est déjà en post-internat et se découvre à ce moment-là une vocation universitaire, il est déjà un peu tard. Dans l’idéal, il faudrait commencer dès l’internat à construire son épreuve de titres. Il faut aider les jeunes à connaître cette filière et que ce ne soit pas un « machin » inaccessible.
Pour ma part, quand un interne me dit en tout début de semestre qu’il veut faire une carrière universitaire, je lui dis « banco ! ». Et je l’accompagne en fixant des étapes : « à telle date tu devras faire ton master 2, à telle date ta commenceras ta thèse de science ; à telle autre période, il faudra faire ta mobilité et puis il serait bien que tu aies 100 points SIGAPS à telle époque ». Cela fait partie du rôle d’encadrement et de transmission des PU-PH et des CNU. Plus le médecin s’y prend tôt, plus il sera facile de cocher les nombreuses cases ».

Surfer sur le site du Syndicat national des hospitalo-universitaires (SNHU).

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  • Sophie Cousin
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