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Aline Michit : Ces études ne sont vraiment pas faciles, teintées d’une certaine violence 

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Aline Michit est une étudiante brillante qui sait pourquoi elle a fait médecine : pour le patient. Arrivée dans les 500 premières aux ECNi 2018, elle fait le choix de la médecine générale. Une spécialité peu prisée, mais qu’elle aborde avec le plus grand des enthousiasmes. Elle se confie à remede.org.

Peux-tu nous raconter ton parcours ?
J’ai passé mon bac S spécialité physique en 2012, avec mention très bien et j’ai réussi ma Paces du premier coup avec un très bon classement.
Comment se sont passées tes études en médecine ? Quel est ton pire et ton meilleur souvenir d’externat ?
Les études se sont globalement très bien passées : je garde d’excellents souvenirs des 2e et 3e années, de cours en amphithéâtre avec mes amis, des cours pas vraiment passionnants, on y apprend les bases physiologiques de chaque organe et leur déclinaison en pathologies. Je garde également de très bons souvenirs de mes années d’externat à l’hôpital, avec des stages certes plus ou moins intéressants et enrichissants, mais qui valaient le coup si on s’investit un minimum.
Il y a eu des moments très forts et très gratifiants, par exemple quand tu sais que tu as apporté du soulagement, été une oreille attentive et offert un peu d’apaisement à ton patient ; des moments émouvants où tu es confrontée à des patients qui te marquent, qui te font réfléchir et qui t’apportent beaucoup ; des moments incroyables de soutien et d’esprit d’équipe entre les différents corps de métier dans les situations compliquées.

Il y a eu aussi des moments de solitude et de stress en se retrouvant seule à gérer des situations compliquées, mais qui forgent aussi une certaine expérience.
Et puis il y a eu aussi beaucoup de moments de doutes et de découragement : est-ce que ces études sont bien faites pour moi ? Est-ce que j’y trouverais ma place ? Est-ce bien ça que j’ai envie de faire de ma vie ? Mais il y a toujours eu des patients qui m’ont donné envie de m’accrocher, de continuer ces études et de finir médecin, sans oublier des médecins exceptionnels qui m’ont donné un bel exemple de ce à quoi j’aimerais ressembler plus tard.
Ces études ne sont vraiment pas faciles, teintées d’une certaine violence, mais être confronté à la maladie, la misère, la mort, la souffrance, ça fait grandir, ça fait réfléchir à sa propre vie et j’ai toujours été convaincue que tant que j’aurais un peu d’utilité pour soulager, apaiser ou écouter un patient, alors j’aurais ma place ici.

Quand as-tu fait le choix de la spécialité médecine générale ? As-tu hésité avec d’autres spécialités ?
J’ai fait un stage obligatoire d’une semaine en médecine générale dans une petite ville près de chez moi et ça a été une révélation. J’étais un peu déçue de ne pas avoir découvert l’exercice de la médecine générale plus tôt, les études sont très tournées sur le CHU, ce que je trouve un peu regrettable. Toujours est-il que ce stage m’a énormément plu et apporté et que j’y ai trouvé un mode d’exercice qui me convenait tout à fait. J’ai toujours su que j’aimais les consultations, avoir un suivi avec les patients, pouvoir faire la synthèse du dossier de chaque patient pour que tout soit clair et que rien ne soit oublié, pouvoir faire de l’éducation thérapeutique et engager une vraie relation de confiance avec des patients que l’on suit depuis longtemps.
J’hésitais avec les spécialités endocrinologie-diabétologie-nutrition, qui m’aurait aussi permis d’avoir une grande part de suivi chronique et d’éducation thérapeutique et la gynécologie médicale, mais j’ai finalement opté pour la médecine générale en considérant que je serais plus libre d’orienter et de varier mon exercice dans l’avenir.
J’ai donc fait mon choix au début de la sixième année, choix qui a quelques fois été remis en question dans l’année, mais que j’ai ensuite fait sans hésitation dès le concours passé.

Quelles ont été les réactions de ton entourage devant ton classement et ton choix de spécialité ? [Amis, collègues de promo, famille]
Globalement de la surprise, de l’étonnement voire un peu de déception de la part de la plupart des gens, collègues, médecins de l’hôpital qui auraient peut-être voulu que j’aie plus « d’ambition », mais j’étais à l’aise avec mon choix.
Aussi un très grand soutien de la part des personnes qui me connaissent vraiment et qui savent très bien que je n’aurais pas été heureuse en choisissant une autre spécialité peut-être plus « prestigieuse » que j’aurais pu avoir avec mon classement.

Pourquoi choisir la médecine générale en 2018 ?
Parce que c’est une spécialité qui est essentielle et qu’il est malgré tout extrêmement compliqué d’être un très bon médecin. C’est un challenge de réussir à être un médecin de confiance, être au courant des nouvelles recommandations, s’investir au maximum et savoir reconnaître quand passer le relais aux spécialistes.
Il est possible d’orienter son exercice comme on le souhaite pour être au plus proche de ses connaissances et de ses envies, la formation continue y est passionnante et la relation avec les patients est primordiale. J’aime le principe de pouvoir coordonner le parcours d’un patient, de pouvoir être l’interlocuteur privilégié du patient pour (ré) expliquer, rassurer, répondre aux questions.

Vers quel type de pratique t’orientes-tu ?
J’envisage en premier lieu de me baser éventuellement en ville dans une maison médicale, qui représente pour moi l’avenir de la médecine, le temps d’être vraiment à l’aise dans mon exercice et de pouvoir quand même compter sur un travail d’équipe. Et pourquoi ne pas aller m’installer dans un endroit un peu plus isolé par la suite, une fois que j’aurais un réel bagage, pour avoir un mode d’exercice différent.
J’envisage également de faire un DU de gynécologie, étant donné que c’est une part de la médecine qui me passionne vraiment et qui me tient à cœur, et que c’est en plus quelque chose qui va énormément se développer dans l’avenir avec la pénurie de gynécologues médicaux partout en France et la place grandissante que les médecins généralistes ont dans la prise en charge des femmes.

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  • Idris Amrouche
  • Rédacteur remede.org
  • amrouche.idris@gmail.com
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