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ECNi 2017 : Les examens de la honte

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Le lundi 19 juin, la presse médicale titrait sur la réussite de cette première journée des ECNi 2017. « Comme sur des roulettes », « rien à signaler » pouvait-on lire le soir de ce premier jour d’examen. Ce n’est que le lendemain que la machine s’emballe, et que ces épreuves vont non seulement se révéler un échec cuisant pour les organisateurs mais vont aussi mettre en lumière un système des plus inégalitaires qui soit. Remede.org a souhaité analyser les causes de cet échec et ce qu’il cache.

Informatique : présent

Depuis deux ans, les informaticiens en charge du fonctionnement des épreuves classantes nationales faisaient l’objet de toutes les attentions et de toutes les critiques. Ce n’est pourtant pas à cause d’un problème informatique que l’épreuve a été prolongée. Ils ont été présents du début à la fin, pas de bogue, excepté quelques cas isolés. De l’avis de tous, le service informatique a fait du bon travail cette année encore.

De couac en couac

Dès lundi soir, les étudiants ont eu vent de rumeurs sur internet. Sans aucune annonce officielle du CNG. Seule l’ANEMF évoquait la possibilité sur sa page Facebook d’une annulation des épreuves du lundi après-midi. Dès le lundi soir, les étudiants qui passaient un des examens les plus déterminants de leur carrière étaient dans le flou. Ce n’est que le mercredi matin, avec une organisation des plus chaotique, juste avant l’épreuve de lecture critique d’article, dans une annonce particulièrement ambiguë, que les étudiants apprennent l’annulation des épreuves du lundi après-midi, et le report au jeudi matin.

Qu’à cela ne tienne, les étudiants se font une raison. Et le mercredi soir, les 9000 étudiants apprennent qu’une épreuve de rhumatologie sur laquelle ils ont planché l’après-midi a été donnée lors d’une conférence à Lyon. L’épreuve, à l’identique circule déjà sur les réseaux sociaux. Dans une chaleur caniculaire, les étudiants qui espéraient en terminer le jeudi midi n’apprennent que le matin même, que l’épreuve de la veille est annulée et reportée au jeudi après-midi.

C’est donc dans le plus grand amateurisme, que les annonces ont été faites, les étudiants rentraient chez eux chaque soir dans le doute et l’angoisse quant à la tenue de nouvelles épreuves, avec pour seul moyen d’information : les réseaux sociaux.

Des réactions inappropriées

Pour ajouter au désarroi des étudiants, les réactions des responsables n’ont pas manqué de faire réagir les carabins. C’est avec un manque de respect total que Serge Aubert, chef de bureau des concours médicaux nationaux du CNG déclare : “je ne comprends pas l’état de détresse des étudiants. Ils vont être confrontés à des choses beaucoup plus graves dans les services.”
Pourquoi c’est faux ? À moins que les futurs internes ne soient confrontés à la tricherie délibérée, à la mise à mal de plusieurs années de préparation et le manque de respect de toute une hiérarchie, cette comparaison hasardeuse n’a pas lieu d’être et est particulièrement malvenue. Les étudiants demandent tout simplement que les efforts qu’ils ont fournis à l’hôpital, et lors de toutes ces années de révision, soient “au moins” reconnus par une organisation digne de ce nom.


Un prof multirécidiviste

Les responsables de ce problème, notamment le professeur lyonnais, récidiviste, ont semble-t-il, agit délibérément. L’agacement des étudiants est donc à son paroxysme, particulièrement face à l’impunité dont semblent profiter ces professeurs de médecine qui rédigent les sujets. Le comité scientifique est supposé donner son aval pour chaque sujet donné aux étudiants. Or, deux échecs sur un seul et même ECNi, ne constituent plus une négligence mais une faute et cela révèle l’absence totale de reconnaissance pour le travail des étudiants et pour l’organisation des examens.

L’inégalité des ECN

Il aura donc fallu le sacrifice d’une promotion entière de carabins pour voir, non seulement le dysfonctionnement, mais aussi la maltraitance et le manque de considération totale, des organisateurs pour ces étudiants.
Ce manque de considération, accumulé lors des stages dans les services, a atteint son paroxysme pour ces ECNi 2017. Un coup de poignard dont se seraient bien passés les 9000 étudiants en médecine.
Le déroulement catastrophique des épreuves de juin 2017 montre un système qui existe en réalité depuis de nombreuses années, les sujets qui fuitent ne datent pas d’hier. Mais la numérisation, et l’avènement des réseaux sociaux ont fait en sorte que de telles pratiques ne restent plus dans l’intimité de quelques personnes. La question centrale qui se pose est donc de savoir si ce concours permet réellement l’égalité face à ces étudiants toujours plus nombreux.

Les solutions avancées

Ces ECNi auront déstabilisé toute une promotion de jeunes médecins, mais les auront unis autour d’une épreuve qu’ils ne sont pas près d’oublier.
L’ANEMF a pris le dossier à bras le corps et semble bien être décidée à ne pas laisser se reproduire l’événement. La mise en place d’une traçabilité des dossiers, l’annulation du seul dossier en question, mettre en ligne une correction officielle des dossiers, font entre autres partie des propositions. Cependant, le système semble tellement verrouillé qu’une réforme profonde, mais nécessaire, des ECNi, ne va pas aller de soi. Remede.org, se tient à vos côtés et auprès des associations étudiantes pour suivre ce dossier afin que les prochaines générations d’internes planchent dans des conditions normales et identiques pour tous.

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  • Idris Amrouche
  • Rédacteur remede.org
  • amrouche.idris@gmail.com
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