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Exercice : la Suisse, un véritable Eldorado ?

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Le nombre de professionnels de santé français partant exercer en Suisse poursuit sa très forte progression. Pourtant, il est plus difficile de décrocher un poste stable dans certaines spécialités. Et le coût de la vie plus élevé reste une dimension à prendre en compte.

+105% de médecins français exerçant en Suisse, entre 2008 et 2014 (source OCDE, « Perspectives de migrations internationales 2015 »). En 2014, parmi les 34 328 médecins exerçant en Suisse, 10 355 (soit 30,1 %) étaient à diplôme étranger. L’Allemagne est le principal pays de formation de ces médecins (57,5 % de l’ensemble des médecins à diplôme étranger en Suisse) avant l’Italie, ainsi que les pays slaves.

Les médecins Français ne sont pas majoritaires : ils ne représentent que 5,5 % des médecins à diplôme étranger et 1,7 % de l’ensemble des médecins.
Que viennent donc chercher les jeunes médecins en Suisse ?


-  Les raisons de l’attractivité

La première d’entre elles : des salaires 2 à 3 fois supérieurs à ceux observés en France ! Pour un infirmier débutant, le salaire moyen est de 5000€ francs suisses, soit 3000€ nets après déduction des charges sociales et des impôts. En fin de carrière, le salaire peut atteindre l’équivalent de 6500€ net. Un médecin débutant peut commencer à 3850 CHF nets soit 3430 euros nets. Attention, d’un canton à l’autre, les salaires peuvent varier.

Les salaires observés dans le public sont presque identiques à ceux du privé, qui s’est aligné sur les rémunérations du public, dans l’ensemble –autre différence notable avec l’écart de rémunération public/privé français.
Certes, le coût de la vie est lui aussi supérieur, de 17% en moyenne par rapport à la France. Mais toutes proportions gardées, l’avantage financier reste donc bien réel.
Les conditions de travail sont elles aussi recherchées. « Nous avons de meilleures dotations en Suisse. Un infirmier français qui travaille dans une maison de retraite peut avoir jusqu’à 80 patients à sa charge ; en Suisse, il n’en aura que 7, en moyenne ! ». On imagine très facilement le gain en termes de qualité de vie au travail et de relationnel avec les patients.
Enfin, dernier atout, et non des moindres : la qualité de vie Suisse. « De nombreux médecins viennent pour cette raison. Les conditions de vie en Suisse sont très agréables alors qu’elles se sont un peu détériorées en France. La Suisse reste l’un des pays les plus sûrs en Europe ; par ailleurs, les villes y sont plus petites, comme Neuchatel (32 000 habitants), où il fait très bon vivre » », souligne Chantal Gerber, l’une des responsables de Pronoxa Ressources Humaines, agence de recrutement suisse, spécialisée notamment dans les professionnels de santé.


-  Quels sont les besoins/débouchés ?

Les profils les plus recherchés sont ceux adaptés à la prise en charge d’une population vieillissante, comme c’est le cas en France :

-  Kinésithérapeutes, ergothérapeutes
-  Infirmiers généralistes, mais aussi spécialisés (instrumentistes, anesthésistes…)
-  Médecins gériatres/gérontologues
-  Médecins de rééducation fonctionnelle
-  Médecins psychiatres

En revanche, pour les sages-femmes, la Suisse n’est pas une destination à conseiller dans l’immédiat. « Comme en France, nous avons en Suisse un certain nombre de maternité qui ont fermé et nous avons trop de sages-femmes. Sauf besoins ponctuels, comme par exemple en été, où nous avons des demandes pour des remplacements de courte durée », souligne Chantal Gerber.

-Les inconvénients

Il faut accepter de démarrer par des périodes d’intérim plus ou moins longues au départ, avant de trouver un poste fixe. Cette difficulté s’observe également pour les étudiants en médecine qui partent faire leur internat en Suisse. Sur les forums de www.remede.org, les témoignages de certains internes ayant tenté l’expérience sonnent comme des mises en garde. Extrait : « Un certain nombre de Français rêvant de chirurgie, après un mauvais classement à l’ECN, hésitent à venir tenter leur chance en Suisse. Suite à mon expérience personnelle, j’aimerais vous mettre en garde à ce sujet. En effet, en Suisse la spécialisation se fait de manière très différente par rapport à la France : le médecin assistant (c’est comme ca qu’on appelle un interne en Suisse) peut postuler pour n’importe quelle spécialisation dans n’importe quel hôpital, peu importe ses notes à l’université ou le pays de l’UE où il a été diplômé. Ce système fait bien sûr rêver par rapport à la France, car on peut assez facilement obtenir une place dans des spécialités relativement difficiles comme la chirurgie. Toutefois, la médaille a son revers : lorsqu’on est engagé c’est en général pour une année seulement, et l’année suivante, c’est rebelote, il faut à nouveau chercher un poste ».
Par ailleurs, il faut savoir qu’il y a un certain nombre de démarches à accomplir avant de pouvoir s’installer. ..


-  Les démarches administratives

Pour les médecins, il faut obtenir la reconnaissance « MEBEKO », délivrée par l’Office fédéral de la santé publique, dans un délai de 3 à 6 mois en général. Mais ce n’est que la première étape. « Si le dossier du médecin est jugé intéressant, il pourra passer des entretiens auprès des directeurs établissements », précise Chantal Gerber. « La problématique que nous rencontrons avec les médecins, c’est que souvent, ils ne savent pas faire un CV, ils n’ont pas de certificat de travail…et leur dossier est incomplet », ajoute-elle.

D’où les conseils suivants : si possible, se faire accompagner par un cabinet de recrutement pour préparer son dossier ; et avoir quelques rudiments d’allemand.
Pour les infirmiers et toutes les autres professions paramédicales, le diplôme européen est reconnu en Suisse mais certains cantons exigent une reconnaissance supplémentaire auprès de la Croix-Rouge Suisse.

Dernier conseil : bien préparer sa lettre de motivation et ses entretiens : « Je conseille aux candidats de donner de bonnes raisons de venir en Suisse. Si ce n’est que le salaire, est-ce que leur dossier passera auprès des hôpitaux ? Je n’en suis pas sûre », indique Chantal Gerber.
Sophie Cousin

L’avis de l’expert Chantal Gerber, Pronoxa Ressources Humaines, agence de recrutement Suisse de professionnels de santé


« Attention au statut de transfrontalier ! »


« Je déconseille aux professionnels qui viennent travailler en Suisse de s’installer à la frontière. Certains infirmiers et aides-soignants font ce choix, mais la plupart du temps, ça ne se passe pas très bien. Un pied dedans, un pied dehors, ce n’est pas très facile pour s’intégrer… Je les encourage à venir vivre en Suisse dans un premier temps. Puis ensuite éventuellement à devenir transfrontalier, mais au moins ils connaitront déjà un peu notre pays. La Suisse est un pays très rigoureux, très carré. C’est une vraie démocratie : le peuple a toujours le droit de voter, pour tout. Le problème des Français qui restent à la frontière, c’est qu’ils jugent parfois la Suisse, mais sans la connaître. »

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