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Ces professionnels de santé français qui s’expatrient

La ruée vers Londres des jeunes juristes et financiers, la « french touch » des data scientists dans la Silicon Valley, nos chefs étoilés si courtisés en Asie remplissent les colonnes des médias… L’excellence de la recherche et du modèle de santé français à l’exportation peinent à trouver des tribunes. Pourtant, bon nombre d’entre vous, internes ou jeunes professionnels rêvent de franchir les frontières…Remede.org se penche sur la mobilité internationale des diplômés français qui exercent aujourd’hui aux quatre coins de la planète.

Avez-vous déjà entendu parler du taux d’évaporation des diplômés français ? Probablement jamais, à moins de baigner dans le jargon des statisticiens qui scrutent l’évolution de la démographie médicale. Pour faire simple, ce taux d’évaporation concerne les flux sortants, soit le nombre de médecins, dentistes, pharmaciens et sages-femmes diplômés en France mais que l’on ne retrouve pas dans les statistiques des professionnels inscrits à l’ordre de leur profession ou exerçant en métropole ou dans les Outre-Mer.
En revanche, vous êtes certainement bien plus informés sur les flux entrants de ces professionnels diplômés à l’étranger, de nationalité étrangère ou française, qui s’installent en France. Effectivement dans un contexte démographique où la pénurie des professionnels de santé est au cœur des préoccupations des français et des acteurs de santé, la « fuite » des soignants semblait rester marginale. Pourtant, le décalage constaté par l’Ordre des médecins entre le nombre des nouveaux diplômés et celui des nouveaux inscrits à l’Ordre invite à s’interroger sur l’impact de l’exercice hors de France de ces nouveaux professionnels.

L’Observatoire national de la démographie des professions de santé (ONDPS) présidé par le Pr Yvon Berland, que nous interrogions dans nos colonnes la semaine dernière nous éclaire sur ce sujet. L’étude sur Les mobilités internationales des quatre professions de santé : flux entrants et sortants des médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes et pharmaciens, réalisée en collaboration avec la Fédération nationale des observatoires régionaux de santé (FNORS), dresse un panorama migratoire des médecins en France, Europe, et hors Union européenne qu’elle que soit leur nationalité et le lieu d’obtention de leur diplôme.

Des données encore parcellaires

Si la plupart des pays sont capables d’identifier des stocks et des flux entrants de professionnels de santé, aucun, y compris la France n’est en réelle capacité d’identifier et de qualifier les flux sortants. Les études les plus fiables sont celles de l’OCDE (« Perspectives des migrations internationales 2015 » page 111). Selon l’OCDE, ce sont, a minima, un peu plus de 3 000 médecins formés en France qui exerceraient à l’étranger. Au vu des données manquantes pour de nombreux pays, il s’agit probablement d’un chiffre sous-estimé. Par ailleurs, le nombre de Français expatriés inscrits auprès des consulats est en augmentation forte sur les quinze dernières années et on peut penser que les effectifs de médecins formés en France et expatriés augmentent également.
En outre, il est très difficile d’évaluer, les implantations transfrontalières du nombre de médecins à diplôme français résidant proche de la frontière belge, luxembourgeoise, allemande ou suisse et qui exercent dans ces pays.
L’étude souligne que « la part des médecins formés en France ne représente que 1 ‰ de l’ensemble des médecins exerçant aux États-Unis et que 4 ‰ de l’ensemble des médecins à diplôme étranger dans ce pays. Au Royaume-Uni, ou plus de 35 % des médecins qui y exercent sont à diplôme étranger, les médecins à diplôme français ne représentent qu’une part limitée de ceux-ci. À titre d’exemple, sur la période 2003-2008, les médecins à diplôme français représentaient 1 % de l’ensemble des médecins à diplôme étranger inscrits sur les registres du General Medical Council - GMC (Wismar et al., 2011).


Quelles sont les destinations les plus prisées ?

1- La Belgique : 30 % de l’ensemble des médecins formés en France et exerçant à l’étranger travaillent dans ce pays.

2- Les États-Unis : avec un quart des médecins identifiés, la France est en 60e position comme pays de formation des médecins à diplôme étranger aux USA.
Si les USA sont, après la Belgique, le premier pays de destination des médecins formés en France, la France n’est pas, et de loin, le premier pays d’origine des médecins « migrant » aux USA. L’Asie du Sud est le premier pourvoyeur de médecins migrants vers les USA.

3- Le Canada, Israël et Italie : représenteraient 14 % des médecins formés en France et exerçant à l’étranger.

FOCUS CANADA

Les médecins à diplôme français représentent 2,3 % des médecins formés à l’étranger et 0,6 % de l’ensemble des médecins au Canada. Fin 2014, le nombre de médecins à diplôme français exerçant au Canada était de 468. Parmi eux, 81 % sont installés au Québec. Les médecins à diplôme français représentent 2,3 % des médecins formés à l’étranger et 0,6 % de l’ensemble des médecins au Canada. La France se situerait au 10e rang des pays d’origine des diplômes (après l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni ou l’Inde).

4- L’Allemagne, la Suisse et le Royaume-Uni viennent ensuite avec une part de 8 à 9 % chacun, mais il faut souligner les décalages importants d’effectifs selon les sources pour ces pays faisant penser que ces chiffres sont potentiellement sous-estimés par certaines de ces sources.

FOCUS SUISSE :


-  parmi les 34 328 médecins exerçant en Suisse, 10 355 (soit 30,1 %) étaient à diplôme étranger
-  les médecins formés en France sont au nombre de 574
-  ils représentent 5,5 % des médecins à diplôme étranger et 1,7 % de l’ensemble des médecins
-  la France est au troisième rang (avec l’Autriche) parmi les pays de formation des médecins à diplôme étranger exerçant en Suisse. L’Allemagne est le principal pays de formation de ces médecins (57,5 % de l’ensemble des médecins à diplôme étranger en Suisse) avant l’Italie
-  le nombre de médecins formés en France et exerçant en Suisse est en forte progression : + 105 % entre 2008 et 2014 (passant de 279 à 574).

Bon à savoir : pour s’expatrier en Europe, les pharmaciens et les infirmiers bénéficient de la Carte européenne qui simplifie les démarches en matière de reconnaissance des diplômes et des compétences. Celle-ci n’est pas encore destinée aux autres professions de santé.

Dès la semaine prochaine, Remede.org, vous expliquera comment procéder si vous souhaitez poursuivre vos études ou exercer hors de nos frontières selon les destinations. D’ici là, n’hésitez pas à consulter vos forums dédiés ou à poser vos questions à la rédaction.

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