1- Qui êtes-vous ?
Manuel Cliquennois, 25 ans, interne en médecine, DES d’Hématologie Clinique, au CHRU de Lille.
2- Quand avez-vous choisi cette spécialité ?
J’ai été passionné par mon premier stage d’externe en DCEM2. Je me suis posé pas mal de questions sur différentes spécialités pour me fixer définitivement durant le DCEM4 (sous réserve des résultats des ECN) et dès mon poste de FFI [1] avant de débuter l’internat, je me suis lancé dans l’aventure.
3- Qu’est-ce qui vous a attiré vers cette spécialité ?
Au départ, j’ai découvert l’hématologie par la partie greffe de moelle. Mais ce sont de nombreux aspects qui m’ont attirés par la suite :
Un aspect certes ultra-spécialisé qui demandent une sacrée réflexion pour bien cerné un problème et proposer des solutions adaptés
Une discipline qui prend en compte l’individu souffrant, les pronostics ne se pas parmi les plus réjouissants mais cela donne de ce fait un réel sentiment de servir à quelque chose.
Une discipline en pleine évolution avec un nombre d’essai clinique et une orientation très franche vers la recherche fondamentale qui est séduisante car je suis certain de ne pas exercer du tout de la même façon dans 10 ou 20 ans.
Enfin, une discipline où l’éthique doit avoir une place prépondérante. L’information au patient, l’annonce d’un pronostic, d’un échec thérapeutique, la frontière difficile entre l’acharnement thérapeutique et l’accompagnement en fin de vie et pour finir une vraie place au choix au patient.
4- Fallait-il être bien classé pour avoir cette spécialité ?
Il faut avoir "spécialités médicales", ensuite les flux de DES d’Hématologie Clinique sont rarement pleins. Donc il suffit de regarder les chiffres des derniers rangs en spécialités médicales pour la ville choisie et c’est bon.
5- Comment s’organise cet internat, la maquette du DES ?
4 stages en hémato au minimum, 1 stage de laboratoire et 5 stages libre s (il est le plus souvent conseillé aux internes de faire de la médecine interne, de l’infectieux, de l’anapath, de l’onco...). Si je ne dis pas de bêtises sur la maquette. Nous bénéficions également de cours nationaux donnés à Paris environ 6 à 8 fois par an.
6- Est-ce une spécialité prenante ?
Si l’hématologie n’est pas une spécialité prenante, il ne doit pas en exister ! Même si cela dépend des CHR, des services, des unités et des jours, il faut quand même considéré que les journées sont bien remplies !
7- Aviez-vous pensé à d’autres spécialités ?
Oui, la Médecine Générale pour son côté global, autant en terme médical que relationnel avec le patient et son milieu de vie, sans oublier l’aspect préventif avec un rôle important dans la santé publique mais pas par l’aspect malgré tout répétitif et bobologue...
L’Anesthésie Réanimation a eu ses heures de gloire également mais c’est également l’aspect répétitif de l’anesthésie qui m’a rebutté finalement, associé au manque de suivi du patient, à l’aspect très technicien.
8- Quels sont les inconvénients de cette spécialité ?
Mais il n’y en a aucun évidemment !! Sauf peut-être le manque de pronostic très bon, la difficulté à vivre les échecs notamment chez des patients jeunes, les charges de travail et les responsabilités énormes confiés très très tôt aux internes, sauf si cela est différent d’un service à l’autre.
Etant pleinement informé avant, cela ne me dérange donc pas !