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Internes, pourquoi avoir choisi cette spé ?

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Santé Publique

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Pourquoi choisir la Santé Publique, comment se passe l’internat, quelle maquette de DES...
Autant de questions auxquelles un interne a bien voulu répondre !

1- Qui êtes-vous ?

Gauthier (goethe), 26 ans, en 5ème semestre de Santé Publique

2- Quand avez-vous choisi cette spécialité ?

En D4, en préparant l’internat. J’avais surtout une bonne vision des spécialités que je ne voulais pas faire (chirurgie, gynécologie, biologie), mais j’avais plus de mal sur ce que je voulais faire.
Je préparais l’internat en me disant que je ferais bien pédiatrie, ou psychiatrie peut-être. Puis comme je ne fais rien comme tout le monde, je me suis posé la question de la santé publique. J’ai commencé à me renseigner doucement. Puis, j’ai pris ma décision : "je passe l’internat pour faire santé pub, sinon je ferais médecine générale !" (qui me plaisait aussi)

3- Qu’est-ce qui vous a attiré vers cette spécialité ?

Pas facile quand on est en D4, qu’on est plongé tous les jours dans la clinique, de se détacher un peu de tout ça. En fait je voyais mon avenir professionnel avec une certaine souplesse : en particulier, travailler par projet, avoir un autre choix que l’hospitalier et le libéral, avoir une qualité de vie qui me permette de faire d’autres choses dans la vie. Je me suis dis qu’en santé publique, je travaillerai sur des projets différents régulièrement. Que je prendrais du recul sur la santé, la médecine. Avec cette envie de réfléchir sur une meilleure santé dans notre société. J’aime aussi les chiffres, l’épidémiologie : connaître la fréquence des différentes pathologies (dont on apprend précisément les symptomes, l’évolution, le traitement, mais très peu la fréquence). Découvrir et comprendre les associations entre un facteur de risque et une maladie, ... J’en avais aussi un peu marre de l’hopital, et j’avais envie de m’ouvrir sur autre chose (et rencontrer des gens qui ne sont pas que des soignants ou des patients).

4- Fallait-il être bien classé pour avoir cette spécialité ?

Je ne vais pas vous apprendre que c’est une des spécialité qui part en dernier. Malgré cela, pas mal d’étudiants choisissent santé publique avec un bon classement, et j’ai l’impression que, de plus en plus, ceux qui choisissent sans trop savoir restent dans la filière et s’investissent vraiment.

5- Comment s’organise cet internat, la maquette du DES ?

- Stages : la maquette la plus souple de l’internat 4 stages de "santé publique" et 4 stages au choix. Parmi les 8 stages, au moins un stage extra-hospitalier.

- Enseignement : variables selon les inter-régions En général, validation d’une 1ère année de Master (ancienne MSBM) en biostatistiques et épidémiologie.
Des enseignements de DES sont organisés dans certaines inter-régions avec des modules précis (économie de la santé, éducation pour la santé, informatique médicale,...). Il n’y en a pas dans mon inter-région (ouest) pour l’instant, je ne peux donc pas vous en dire plus.
Une majorité d’internes fait une 2ème année de Master à orientation recherche (ancien DEA) en épidémiologie, ou économie de la santé, ou ....
Pour la validation du DES, c’est une présentation devant les enseignants de l’inter-région des titres (formation, DEA, DU,...) et travaux (+++) réalisés pendant les 4 ans d’internat.

6- Est-ce une spécialité prenante

En santé pub, tout est inférieur aux autres spé dans cette rubrique : horaires, gardes et salaire.
En effet, les horaires sont du genre bureau (9h-18h), mais variables selon les stages. Il faut quand même du temps supplémentaire pour se former et pour lire (revue scientifique et presse médicale) afin de se tenir au courant.
Pas ou peu de gardes selon les régions et les motivations de l’interne.
Et enfin, salaire réduit puisque la majorité des postes sont dans le public. Y’a bien quelques exceptions en industrie pharmaceutique, ou en poste à haute responsabilité (hauts fonctionnaires).

7- Aviez-vous pensé à d’autres spécialités ?

Oui, j’aimais bien la pédiatrie, la psychiatrie et la médecine générale. Je les ai écartées pour différentes raisons (pédiatrie = uniquement hospitalier, psychiatrie = pas mal mais particulier, médecine générale = trop galère), la principale étant que je voulais essayer la santé publique, sachant que le droit au remord existait.

8- Quels sont les inconvénients de cette spécialité ?

- Finis la clinique !
Même si on peut continuer un exercice clinique (en Protection Maternelle et Infantile, en consultation de dépistage et de prévention, ...), c’est avant tout une spécialité non clinique.
- On débarque !
Les 1ers jours de stage, on a beau être prévenu et motivé, c’est pas facile facile. Il faut tout réapprendre ! Connaître le dosage de l’actilyse, savoir poser une sonde gastrique, ça ne sert plus à rien (sauf pour les gardes). Savoir utiliser un ordinateur, connaître l’organisation du sytème de soins, faire un Chi-deux, distinguer une étude de cohorte d’une étude cas-témoins, ... autant de choses qu’on ne sait pas faire et qu’il va falloir apprendre. C’est stimulant, mais ça peut être très démotivant !
- y’en a certainement d’autres : comme les stats (bien qu’une fois acquis ça soit intéressant), ou le manque de reconnaissance de la part des autres internes (y’en a à qui ça coûte), ...

9- Avez-vous une idée différente de cette spécialité maintenant que vous la pratiquez ?

Oui. Sachant qu’on se plante toujours quand on essaie de se faire une idée sur quelque chose qu’on ne connaît pas.
En fait, mon idée était très vague, et elle s’est précisée avec le temps.
En gros, à ce jour, je vois la santé publique comme un domaine très vaste. C’est une spécialité très ouverte, où votre avenir dépend avant tout de vous. Chacun y fera son chemin en se spécialisant et se professionalisant dans un domaine qui l’intéresse (épidémiologie, éducation, hygiène, politique et organisation sanitaire, statistiques, recherche clinique, veille sanitaire, économie, humanitaire, qualité des soins, social, médecine légale, etc ...).

10- Comment vous voyez-vous dans 10 ans, et en fin de carrière dans 30 ans ?

Dans 10 ans, je serai médecin épidémiologiste. Je me vois bien travailler dans un organisme à but épidémiologique : genre registre de maladies (cancers, diabète, infarctus...) ou observatoire régional de la santé (ORS), ou cellule inter-régional d’épidémiologie (CIRE).... Le but : fournir des données scientifiques et objectives aux décideurs en santé publique.
Dans 30 ans, je n’en sais rien. A la vitesse à laquelle se développe la santé publique.... Depuis 20 ans qu’existe la filière médicale de santé publique en France, les ORS, les CIRE, l’InVS, l’ANAES (accrédiation et évaluation en santé), les registres, les unités INSERM d’épidémiologie,... ont vu le jour. Alors savoir où je serai dans 30 ans,... . Peut-être que je ferai du journalisme médical, ou de la musique( ?!),... On verra bien.

11- Avez-vous quelques anecdotes à nous communiquer ?

"Mais tu fais quoi exactement en santé publique ?" Je n’ai pas d’externe dans les services où je passe. Alors qu’en j’en rencontre à l’internat ou ailleurs, et que je me présente à eux, les polis me posent cette question, les autres m’oublient. Et pour répondre à cette question, c’est la croix la bannière. Faut être précis, rapide, et en même temps faire passer quelque chose, pour que leur regard sur la santé publique change. Si en plus votre bon pote chirurgien est à côté de vous et à la bonne idée de vous enfoncer avant que vous ne commenciez à répondre.... Bref, voilà la question la plus pertinente ET la plus difficile que vous pouvez poser à un interne de santé publique : alors plus une hésitation, demandez-lui !

Modifié le 14 août 2005
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