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Internes, pourquoi avoir choisi cette spé ?

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Médecine Générale

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Pourquoi choisir la Médecine Générale, comment se passe le résidanat ou le nouvel internat,...
Autant de questions auxquelles un jeune médecin a bien voulu répondre !

1- Qui êtes-vous ?

Bertrand Boutillier, 28 ans, jeune médecin généraliste sorti en novembre 2004.

2- Quand avez-vous choisi cette spécialité ?

Il y a bien longtemps. Au moins D2, D3. En fait je n’ai pas choisi la médecine générale mais la médecine d’urgence (et donc indirectement la médecine gé + capacité de médecine d’urgence). J’ai renoncé à l’urgence pour la simple raison qu’il est difficile de trouver une bonne ambiance de travail. D’autre part le médecin urgentiste, dans l’univers hospitalier est toujours le c** de service : il est obligé d’accepter tout ce qui arrive, passe sa vie à gérer des places et se fait engueuler le lendemain matin car ses collègues lui reprochent d’avoir rempli le service ou de ne pas avoir géré le patient « comme il faut » ... (Ceux qui connaissent le milieu hospitalier savent que la plupart du temps ce reproche tombe quoi qu’on ait pu faire au patient, on n’est jamais dans le « comme il faut »)

3- Qu’est-ce qui vous a attiré vers cette spécialité ?

Je me suis donc rabattu vers la médecine générale car elle semblait contrer tout ce qui me rebutait terriblement : l’univers hospitalier et la bassesse d’esprit de son personnel (En général :« mon confrère est sympa, mais pas si doué que moi, mon collègue de l’autre discipline est un mauvais qui n’y connaît rien, l’interne est un bon à rien et les externes tous des fainéants ... » ... mais il y a aussi des gens très bien comme partout !), l’absence de vrai travail d’équipe synergique. Bref, selon moi un petit désastre pour un milieu qui devrait tirer toute notre profession vers le haut. La médecine générale permettait donc à mes yeux de travailler librement, en synergie avec quelques confrères choisis (si possible des amis) et sans devoir rendre des comptes à des gens dont le seul plaisir est de coincer le confrère sur des futilités dressées au rang de crimes de guerre.

4- Fallait-il être bien classé pour avoir cette spécialité ?

A mon époque non, puisque le résidanat était l’option par défaut. Aujourd’hui avec le premier ECN [1], il semble que la médecine générale reste facilement accessible [2].

5- Comment s’organise cet internat, la maquette du DES ?

- Un stage au CHU
- Un stage en pédiatrie/gynéco
- Un stage en médecine adulte
- Un stage chez le praticien
- Un sixième semestre en ambulatoire qui ne sert à rien de plus et qui aurait dû nous faire descendre dans la rue...
Le tout dure 3 ans pleins (6 semestres). Il est très probable que cette durée soit augmentée d’un an pour coller à la maquette des internes des spécialités médicales qui sont déjà à 4 ans (Hé oui, la médecine générale est une spécialité ... une absurdité sans nom mais c’est comme ça)

6- Est-ce une spécialité prenante ?

Il y a autant de réponses qu’il existe de lieux de stage pour le résident .. euh excusez moi, pour l’interne de médecine générale ... Question salaire, tout le monde connaît le tarif de la consultation, après il suffit de multiplier par le nombre de patients vus par jour et là c’est encore très variable ... à chacun son activité !

7- Aviez-vous pensé à d’autres spécialités ?

La biologie médicale m’aurait sûrement amusé, mais je ne regrette pas. Il existe sûrement plus de routine à la longue pour un biologiste que pour un généraliste (je dis ça mais je n’y connais rien en bio med et je vais me faire insulter par mes confrères ;-) )

8- Quels sont les inconvénients de cette spécialité ?

On connaît tous la médecine générale pour avoir été patient au moins une fois, un jour : mieux vaut ne pas tomber sur un toubib qui vous prend pour un abruti, qui ne vous parle pas, ne vous explique rien. Il faut constater qu’on connaît tous dans nos promos des gens qu’on n’imagine pas derrière un bureau de généraliste tellement ils paraissent asociaux. Bref, si on ne supporte pas la psy, l’alcoolique, l’enfant qui pleure, il faut faire anesthésie ou cardiologue et garder le stétho sur les oreilles en permanence ;-)

9- Avez-vous une idée différente de cette spécialité maintenant que vous la pratiquez ?

La particularité de la Médecine générale, c’est qu’on la découvre en sortant de l’Internat. Le problème de la Médecine générale, c’est qu’on s’obstine à vouloir nous la faire découvrir pendant. Mon avis est que qui peut le plus, peut le moins. Il faut donc une bonne formation dans un service de médecine générale type service d’un petit hôpital de périphérie ainsi qu’une formation en service d’urgence et de pédiatrie (ajoutez de la gynéco si vous pouvez !). Rien ne sert de jouer la plante verte en stage chez le médecin généraliste pendant 6 mois (Il faut à mon avis multiplier les praticiens pendant cette période obligatoire pour voir plusieurs façons de faire et surtout bien se renseigner sur ce qu’on n’apprend pas à la fac : la paperasse, la finance et le reste). Celui qui se trouvera idiot sans savoir quoi donner pour un petit mal de gorge aura moins l’air idiot s’il sait qu’il ne faut pas prescrire une troponine et myoglobine à faire au labo du coin quand son patient se présente pour douleur thoracique (c’est une histoire vraie ... la patient est tombé mort à 3m de la porte du cabinet, l’ordonnance dans les mains ...). Bref, soigner les petits bobos de la vie peut s’apprendre en allant sans risque et la phase de remplacements avant installation peut permettre aussi cela. Gérer la gravité ou la complexité c’est autre chose et le meilleur moyen de voir beaucoup de cas graves et lourds, c’est d’être à l’hôpital et pas derrière quelqu’un qui verra une possible douleur thoracique inquiétante en 6 mois. Avec mon tout petit recul de quelques semaines, et pour répondre finalement à la question, je ne vois pour l’instant pas de grande différence avec l’idée qu’on peut se faire de la discipline.

10- Comment vous voyez-vous dans 10 ans, et en fin de carrière dans 30 ans ?

Gros et gras, derrière un beau bureau, à écrire avec un mont blanc et à râler sur le fait que le gouvernement ne veut pas m’accorder 3 euros de plus alors que mon voisin qui est neuro a eu l’année dernière une revalorisation et blablabla ... ;-)

L’exercice consistait à défendre sa spé ! J’ai donc mis le paquet volontairement sur le monde hospitalier :-)
Modifié le 12 janvier 2005
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