Tout d’abord, les correcteurs sont des PU-PH [1] tirés au sort ! Ce n’est pas un choix de leur part et d’ailleurs ils nous ont avoué leur ressentiment à ce propos :
" C’est la poisse ! "
D’ailleurs, ils se plaignent visiblement que cela dure une semaine dans un hotel " sordide " : Hilton quand même ou équivalent...
La correction débute par l’établissement d’une grille de correction (1 seul jury pour un dossier, composé de près de 30 personnes de spécialités différentes et pas forcément en lien direct avec les thèmes du dossier) commune à tous les correcteurs. Ensuite, un test sur un trentaine de copies et si besoin un changement dans la grille. Ensuite, la grille est entrée dans chaque ordinateur (un par correcteur). La grille est composée de mots clés, il peut y avoir des 0 au question, des points négatifs (en pratique très peu utilisé) et des points de gueule (points de connaissances générales, etc...). Le correcteur lit transversalement la copie à la recherche pour chaque question des mots clés, il coche s’il le trouve, l’ordinateur calcule la note et vérifie ensuite avec la seconde correction. La note moyenne est validée si il y a moins de 15 % de différence entre les 2 notes. Sinon, il y a une troisième correction.
Comme nous l’ont indiqué nos professeurs, un des objectifs est " de se barrer " et donc d’avoir une grille suffisamment courte pour corriger rapidement (30 items selon les recommandations du CNCI) et surtout " costaud ", c’est-à-dire ne laissant pas de place à la subjectivité du correcteur afin d’éviter la crainte du correcteur : la troisième correction (car il doit rester plus longtemps pour la faire).
Un de nos enseignants nous a indiqué mettre 7 minutes par copie en début de tas et 1 min 50 en fin de tas, pour un grille à près de 90 items (dossiers d’ophtalmo). Très peu de copies ont du être recorrigées, les grilles ont été très efficaces.
Les conseils généraux ont été :
Lire attentivement tout le dossier et repérer les pièges, cherchez à quelle question ils se rapportent.
Eviter les grosses " conneries " car même s’il n’y a pas toujours de points négatifs, le correcteur trouvera un moyen de sanctionner en ne comptant pas certains autres items ou sur les points " de gueule ". Il ne risque pas vraiment la recorrection car il a la possibilité de se mettre d’accord avec son binôme de correction et de toute façon ce dernier lira aussi la " grosse connerie "
Lire attentivement la question et y répondre strictement : de nombreuses copies donnaient réponse à la question suivante. C’est une perte de temps, n’apporte pas de point et en fait même perdre quand on n’a plus assez de temps pour réécrire cette réponse à la question suivante.
Répondre à la question et uniquement à la question : si aucune justification n’est demandée, la grille ne comportera pas de justification.
Sur une question de bilan, éviter de lister des tonnes d’examen inutiles : même si les points négatifs sont rares, le correcteur qui ne voit pas l’intérêt de débourser des milliers d’euros peut très bien s’arranger pour ne pas vous compter certains des examens utiles que vous avez pourtant cités.
Les réponses qui paraîssent simplissime (arrêt du tabac) doivent être mises et absolument pas oubliées : elles ont fait la différence de certains dossiers cette année.
Profiter qu’il n’y a pas de cadre de lecture pour écrire grand, souligner de la même couleur les mots clés, structurer sa réponse, en ne noyant pas les mots clés dans un flot de texte (énerve le correcteur qui risque de ne pas voir certains mots clés)
Importance des notions de santé publique, d’éducation du patient, de surveillance, de médecine légale, etc...
Les grilles de correction peuvent être très simples : exemple du dossier sur le myélome, corrigé par 4 hématologues qui ne connaissent pas la classification de Garden ! ou très complexes, comme le dossier d’ophtalmo pour lequel les ophtalmo membres du jury ont été particulièrement pointilleux sur la grille de correction. Le barème est fait pour discriminer au maximum : dans le dossier de néphro, l’amylose valait certes des points mais la précision AL en valait bien plus !
Les grilles de correction ne sont pas connues en dehors des correcteurs : les correction types qui circulent ne sont pas les officielles ! Le CNCI interdit toute divulgation de celles-ci.