Article 1er :
Afin de favoriser la réussite des étudiants, les établissements d’enseignement supérieur organisent prioritairement dans toutes les premières années d’enseignement de premier cycle un dispositif d’appui sous la forme de tutorat d’accompagnement méthodologique et pédagogique. Les formes du tutorat d’accompagnement peuvent être variées (aide au travail personnel de l’étudiant, aide au travail documentaire, appui aux techniques d’autoformation...).
Ce dispositif bénéficie à tous les étudiants de première année de premier cycle qui le souhaitent. L’établissement fait connaître le dispositif et le propose aux étudiants qui en ont le plus besoin. Chaque établissement définit et précise, après avis du conseil compétent, les conditions d’organisation du tutorat, en cohérence avec sa politique pédagogique.
Le président de l’université ou le chef de l’établissement arrête ces dispositions.
Sous l’égide du Conseil de Faculté et sous le contrôle de l'équipe pédagogique (les professeurs, maîtres de conférences et assistants), un tutorat d’accompagnement s’adressant aux étudiants de première année est mis en place. Il se doit être un accompagnement (soutien, présence, "ancien" passé par-là, compagnonnage sont des valeurs fortes du tutorat et c’est dans cette optique que l’on peut comprendre que le tutorat est une mission humaine) méthodologique (méthodes de travail, gestion du temps, rythme de vie, trucs et astuces, ...) et pédagogique (questions restant en suspend et qui n’ont pas trouvé de réponse auprès de l’équipe pédagogique, à savoir le professeur ayant fait le cours magistral et les enseignants des E.D. correspondants). A dire vrai, ce soutien pédagogique est limité car nous ne pouvons nous croire suffisamment préparés à endosser le rôle d’enseignant, et à mon sens, il convient d’être un intermédiaire entre l’étudiant et la faculté, que de s’improviser professeur. En médecine, il s’agit donc d’un soutien proposé par la faculté aux étudiants de P1, principalement les primants. Proposé par la faculté signifie bien évidemment gratuit (sans astérisque), les frais engendrés par le Tutorat devant être pris en compte dans le fonctionnement général de la Faculté ou de l’Université.
Nous ne sommes pas profs, nous n’avons pas vocation à refaire les cours ni à former une élite à grands coups de colles ou de qcm, nous ne sommes que des étudiants qui avons eu la chance de passer quelques années avant eux et qui avons l’envie de les aider dans ces mois parfois difficiles mais où on peut toujours trouver un soutien. Et c’est là que nous sommes le plus efficace, à notre niveau, non pas en tant que prof au rabais, ni en tant qu’éducateur n’ayant que de vagues notions de pédagogie mais en tant qu’ami, que "grand frère" (ou grande soeur) attentif, présent, à l’écoute et bienveillant.
Article 2 :
Le tutorat est effectué sous la responsabilité pédagogique des enseignants ou des enseignants-chercheurs par des étudiants confirmés de deuxième ou troisième cycle.
Ces enseignants et enseignants-chercheurs choisissent, forment et encadrent régulièrement les étudiants-tuteurs dans les conditions déterminées par chaque établissement.
Le tutorat est l’oeuvre d’étudiants du second cycle (donc en D1 minimum) et non d’étudiants fraîchement sorti du concours. En effet, en sortant du P1, on ne peut avoir le recul suffisant pour être pleinement efficace dans le soutien méthodologique : on reste malgré tout fixé sur sa méthode de travail en ayant des difficultés à envisager d’autres méthodes efficaces. De plus, avoir quelques stages, quelques expériences, permettent à la fois de relater quelques anecdotes remontant le moral des étudiants mais aussi d’acquérir une vision plus globale des études et de l’utilité des cours enseignés en première année qui paraissent bien souvent abstrait. Enfin, des étudiants plus âgés, ayant "de la bouteille", sont un repère solide pour des étudiants fraîchement sortis de leur lycée et sentant, légitiment un peu perdus. Les tuteurs sont formés par l’équipe pédagogique : au moins un professeur est responsable du bon fonctionnement du tutorat, du respect de la législation, des décisions du Conseil de Faculté et du sérieux du Tutorat.
Article 3 :
En lien avec l’équipe pédagogique, et sous la responsabilité d’un enseignant ou d’un enseignant-chercheur, chaque étudiant-tuteur a la responsabilité d’encadrer, par une aide personnalisée, un groupe d’étudiants de taille restreinte (au maximum dix étudiants) qui lui est affecté pour une durée maximum de six mois. Une gratification est allouée par l’établissement à l’étudiant-tuteur, sous forme de bourse de stage. Le montant de cette gratification est fixé annuellement par le ministre chargé de l’enseignement supérieur.
L’activité de l’étudiant-tuteur et ses obligations, qui ne peuvent excéder soixante heures en présence des étudiants, sont fixées, conformément aux orientations du troisième alinéa de l’article 1er, dans une convention signée par l’étudiant, le président de l’université ou le chef d’établissement, le directeur de la composante de l’université qui a la charge du tutorat et l’enseignant ou enseignant-chercheur qui assure la responsabilité de maître de stage.
Chaque tuteur a à charge un groupe d’étudiants fixe et limité (10 maximum), qu’il suit sur une durée de six mois (d’octobre à avril pour Lille). Chaque tuteur est rémunéré par la Faculté au titre d’un stage d’initiation à la pédagogie, cette rémunération est suffisamment faible pour ne pas intéresser les personnes intéressées uniquement par l’aspect pécunier et d’ailleurs son montant est fixé par le ministre.
Au maximum 60 heures avec les étudiants (2 heures, 9 fois dans l’année à Lille donc 18 h : on est loin du compte !), il s’agit bel et bien d’un stage validé par la faculté, qui est d’ailleurs régi par une sorte de contrat : une convention de stage signée par le tuteur et la faculté.
Article 4 :
L’action de tutorat assurée par les étudiants-tuteurs est validable dans le parcours de formation suivi par l’étudiant-tuteur dans les conditions fixées par l’établissement. Cette validation peut être effectuée dans le cadre des unités d’enseignement. Elle peut avoir lieu au titre des stages, des travaux d’études et de recherche ou d’enseignements optionnels prévus dans la formation.
Le Tutorat peut être considéré comme une option et donc valider une unité. En temps que stage validant une option, il peut être demandé un rapport sous forme de mémoire comme cela se fait à Lille.
Article 5 :
Dans chaque établissement, une évaluation qualitative et quantitative du tutorat est établie annuellement et présentée au conseil compétent.
Le Tutorat ne doit pas rester sur ses acquis et doit continuer d’évoluer : travaux sur le tutorat réalisés dans le cadre de l’option, bilans réguliers des tuteurs et des responsables, enquêtes auprès des principaux intéressés : les P1 ... Et présentation annuelle en Conseil de Faculté qui rétablit s’il y a lieu les objectifs.
Article 6 :
La directrice de l’enseignement supérieur, les présidents d’université et chefs d’établissement d’enseignement supérieur sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au journal officiel de la République française.
Dans toutes les Facultés de France, un tutorat devrait être mis en place !
N.B. : Si vous avez bien lu, vous aurez remarqué que le Tutorat est géré par la faculté avec l’aide d’enseignants et d’étudiants et donc ne pas être dépendant de quelque association étudiante même si les tuteurs participent à d’autres actions en d’autres circonstances.