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Témoignage : Pour un suivi physiologique des femmes

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Julie Kerbart, étudiante sage-femme et présidente de l’Association nationale des étudiantes sages-femmes (ANESF), nous raconte son orientation, ses études, ses stages et commente les nombreux dossiers d’actualité qui concernent sa filière.

-Pourquoi avez-vous choisi les études de sage-femme ?
-  J’ai toujours été passionnée par le soin, mais je ne savais pas exactement dans quelle filière je m’inscrirais. Assez vite, j’ai compris que je voulais travailler sur le sujet de la sexualité et de la maternité des femmes. Le métier de sage-femme m’est apparu assez vite comme une évidence, sachant que ma mère est sage-femme également et que cela a bercé mon enfance. J’ai longtemps hésité avec le métier de gynécologue-obstétricienne, parce qu’au final, j’avais plus d’informations sur cette carrière. Mais j’ai réalisé que je voulais vraiment faire de la physiologie et accompagner les couples et futurs parents. Petit à petit, j’ai découvert les autres aspects du métier de sage-femme : suivi gynécologique, préparation à l’accouchement, suivi global des femmes, etc.

-Comment se sont passées vos études ? Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
-  J’ai validé ma troisième année l’an dernier et je suis en pause, pour me consacrer à mon engagement associatif en tant que présidente de l’ANESF. Je reprendrai l’année prochaine en quatrième année. Globalement, j’ai bien vécu mes études. Néanmoins, lors du cursus de sage-femme, on est très tôt en immersion dans le monde hospitalier - qui est passionnant car on est très tôt au contact des patients mais qui oblige aussi à se confronter à l’encadrement hospitalier. Le rapport étudiants-personnels hospitaliers n’est pas toujours simple. Cette difficulté revient souvent d’ailleurs dans les témoignages d’étudiantes sages-femmes. Il y a parfois des binômes encadrant-étudiant très enrichissants, mais parfois aussi des encadrements qui sont très mal vécus par les étudiantes sages-femmes… Pour ma part, j’ai le souvenir d’avoir été amenée à faire des actes que je n’aurais pas souhaité faire en tant que soignante. Par exemple, après un accouchement, on n’a pas prévenu la patiente qu’on ré-examinait la suture de sa déchirure périnéale, alors qu’elle était tranquillement avec son bébé… Toutes les étudiantes ont des histoires à raconter sur ce sujet.

-Comment se sont passés vos stages ?
-  Chaque école peut avoir une organisation différente pour les stages. Moi je suis élève à l’Ecole de Nantes. Dès la 2ème année, on fait deux stages de 2 semaines dans des services infirmiers. On fait aussi un stage en suite de couche, auprès des jeunes accouchées (allaitement, premiers soins au bébé…). Entre la 2ème et la 3ème année, on démarre les stages en salle d’accouchement et il y en aura beaucoup d’autres en 3ème année. En 3ème année, nous avons un stage auprès d’une sage-femme libérale et d’autres stages en suite de couche. Il y a aussi des stages en consultations hospitalières, pour des suivis de grossesse. Et en 4ème année, à l’école de Nantes, on peut aussi faire des stages en PMI, en PMA et auprès de femmes en situation de précarité. C’est très diversifié !

-Vos premiers stages en libéral vous ont-ils plu ?
-  Oui, vraiment beaucoup ! Pour la majorité des étudiantes, ce stage est un grand bol d’air car on se rapproche alors du cœur de notre métier, et tout particulièrement du suivi physiologique des femmes. L’exercice est aussi plus diversifié et plus global qu’à l’hôpital, avec un suivi psychologique du couple et un accompagnement à la parentalité.

-Comment envisagez-vous la suite de vos études et le début de votre exercice ?
-  Il me reste encore deux années d’études, sachant que ce deuxième cycle est davantage tourné vers la pathologie et comporte un stage de 6 mois au sein d’une structure hospitalière. Je suis assez intéressée par un exercice libéral, mais avec une composante hospitalière. J’observe de près le développement des maisons de naissance et des plateaux techniques, qui permettent un suivi de la grossesse et de l’accouchement par la même sage-femme. Je pense qu’en début d’exercice, je resterai dans une équipe hospitalière, parce que le travail en équipe est une force. En début de carrière, il est important de se nourrir de l’expérience des professionnels expérimentés.

-Comment se développent les maisons de naissance et l’ouverture des plateaux techniques ?
-  Les maisons de naissance sont en cours d’évaluation. Je pense qu’avec le virage ambulatoire et le développement de l’exercice coordonné qui se profilent, ces évolutions profondes et nécessaires seront favorables à la pratique des sages-femmes. Par ailleurs, les femmes qui viennent d’accoucher vont sortir de plus en plus tôt des hôpitaux et cliniques, et le suivi à domicile va se développer. C’est un souhait de plus en plus de femmes d’être suivies par la même sage-femme tout au long de leur grossesse, et même après. J’espère que leur parole sera davantage entendue dans les prochaines années.

-Pour vous, est-ce qu’en l’état, la PACES est une sélection adaptée pour les études de maïeutique ? Et comment éviter le départ des étudiants vers la Belgique ?
-  A l’ANESF, nous sommes tout-à-fait favorables à la suppression du numerus clausus et de la PACES, puisque ces outils ne suffisaient pas à réguler les professionnels de santé de manière pertinente. Maintenant, il faut un nouveau regard sur la démographie des professionnels de santé, qui ne soit pas uniquement numérique, et qui réponde mieux aux besoins des patients. Les associations concernées réfléchissent actuellement à une première année plus généraliste, une L1 qui emmènerait vers différentes filières de soin : sage-femme, médecine, odontologie, pharmacie, kinésithérapie et d’autres filières encore. L’ANESF travaille sur le contenu de cette première année, afin de définir la base de ce que tout soignant devrait savoir. Nous pensons notamment qu’il faut davantage développer la formation des étudiants au relationnel avec les malades, à la communication, etc…et ne plus tout miser sur les enseignements scientifiques et théoriques.

-Concernant le passage des écoles de sages-femmes vers les Universités, quelles sont les prochaines étapes ? Les stages pourront-ils être maintenus en l’état ?
-  A l’heure actuelle, les 32 écoles de sages-femmes sont conventionnées avec l’Université, même si elles n’y sont pas totalement intégrées. C’est un chantier en cours, que nous suivons de près. Le passage complet à l’Université ne viendra pas impacter les stages ; c’est plutôt le fait de supprimer la première année qui va obligatoirement devoir s’accompagner d’une augmentation des capacités d’accueil. Néanmoins, dans ce contexte, les stages ambulatoires auprès des sages-femmes libérales sont sûrement être amenés à se développer. L’autre sujet sous-jacent, c’est l’accès à la recherche en maïeutique pour sages-femmes, qui sera une grande avancée pour nous.

-  L’extension des actes et prescriptions autorisés aux sages-femmes est-elle suffisante aujourd’hui selon vous ?

-  Nous revendiquons le statut de « sage-femme référente » car les sages-femmes ont beaucoup de compétences mais qui sont malheureusement peu connues. Cela permettrait à chaque femme de déclarer sa sage-femme, pour son suivi de grossesse et gynécologique. Avec l’accompagnement à domicile du Prado, nous pensons qu’il serait utile de développer l’information sur le fait que les sages-femmes ont les compétences pour faire tout le suivi de la santé sexuelle et affective de la femme et coordonner ce suivi. Cela permettrait par ailleurs de ramener les femmes dans le parcours de soins au moment de la grossesse. Cela pourrait faire l’objet d’expérimentations dans plusieurs régions.

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  • Sophie Cousin
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