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Souffrance psychique en médecine : seuls 12% des étudiants sont suivis !

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Une étude réalisée dans 35 facultés de médecine confirme une forte pression lors des examens et lors des stages. Mais si les hommes consomment davantage de drogues, les femmes sont plus nombreuses à se tourner vers les psychotropes et un suivi psychologique. Alcool, tabac et cannabis sont en revanche des consommations communes aux étudiants et étudiantes en médecine.

Publiée en juillet 2018, l’étude BOURBON, réalisée dans 35 universités françaises auprès d’étudiants en médecine, de la première à la dernière année, a porté sur leur santé mentale, leur qualité de vie, leur consommation de substances psycho-actives (cannabis, tabac, alcool, mais aussi anxiolytiques et antidépresseurs). 11 000 étudiants y ont répondu, âgés de 22 ans en moyenne, parmi lesquels 63% d’étudiantes. Preuve, s’il en était besoin, de la forte féminisation des professions médicales.
« Il y a tellement peu de données sur les étudiants en général que nous avons voulu conduire cette étude, en commençant par les étudiants en médecine, dont on sait qu’ils sont particulièrement à risque. D’une part en raison de la pression lors des études mais aussi en raison de la souffrance à l’hôpital », indique le Dr Guillaume Fond, psychiatre et enseignant-chercheur à l’AP-HM, l’un des auteurs de cette étude.
Interrogés sur leur consommation de substances psycho-actives, les deux sexes déclarent trois consommations communes : un usage problématique de l’alcool, (40% des étudiants et 30% des étudiantes) ; le tabagisme (22% des hommes et 18% des femmes) et la consommation de cannabis (10% chez les hommes et les femmes).

Seuls 12% des étudiants bénéficient d’un suivi
« Hommes et femmes sont tous soumis à un haut niveau de stress dans le cadre des études et à l’hôpital », souligne le Dr Fond, venant confirmer une situation désormais bien décrite. Plus alarmant : les étudiantes sont quatre fois plus exposées aux violences sexuelles dans le cadre de leurs stages ; alors que les étudiants sont davantage exposés aux agressions physiques.
Les réactions diffèrent beaucoup en fonction du sexe. Les hommes ont tendance à se tourner vers la consommation de drogues dont cocaïne, LSD, codéine, amphétamines, champignons hallucinogènes, etc… tandis que les femmes se tournent davantage vers les anxiolytiques (6% chez les femmes, 4% chez les hommes) et les antidépresseurs (3% chez les femmes ; 2% chez les hommes).
Les hommes interrogés expliquent ces consommations par la recherche de plaisir, mais aussi d’un effet stimulant et anti-stress, à l’approche des examens.
Au total, 12% des étudiants seulement déclarent être suivis par un psychiatre ou un psychothérapeute, parmi lesquels 14% de femmes et 9% d’hommes.
Les étudiantes sont plus nombreuses à déclarer une qualité de vie dégradée, malgré un suivi plus fréquent. « Est-ce que les femmes ont la même perception de la qualité de vie que les hommes ? Nous n’avons pas d’étude sur ce point. Ce que nous savons, c’est qu’en population générale, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à aller chez le médecin », souligne le Dr Fond.

Des psychothérapeutes référents ?
« Actuellement, il n’y a rien de proposé aux étudiants en médecine en souffrance. Chaque faculté est libre d’avoir des initiatives (Tutorat, etc.) en la matière mais il faudrait un système de prévention harmonisé au niveau national, basé sur des psychothérapeutes référents formés, avec un suivi régulier possible. Cela pourrait être proposé de façon systématique et les étudiants qui en ont besoin pourrait avoir 10 séances par exemple prises en charge par la faculté. Ce psychothérapeute pourrait aussi être un partenaire de discussion lors de réunions portant sur le bien-être des étudiants », propose le Dr Fond.
Actuellement, les psychologues qui peuvent être consultés par les étudiants dans le cadre de la médecine préventive, n’assurent pas de suivi. Ensuite, à l’étudiant de trouver le bon thérapeute en dehors de la fac…. « C’est quand même incroyable qu’on dise à des étudiants travaillant au sein de l’hôpital : "Allez vous soigner en dehors !" », estime le Dr Fond.
Et dans d’autres pays ? « Les étudiants français sont moins consommateurs de substances psychoactives que les étudiants anglo-saxons, où la prescription est moins encadrée qu’en France et où les achats de médicaments sur Internet sont très simples. En revanche, par rapport à d’autres pays européens où ces questions sont peut-être plus tabou, il y a probablement une meilleure culture du dépistage et du traitement en France », estime le Dr Guillaume Fond. Une étude européenne harmonisée permettrait de comparer plus finement la situation entre les différents pays européens.
Une prochaine étude de cette même équipe montrera que les étudiants en première année consomment plus d’anxiolytiques, alors que ceux de deuxième année se font davantage suivre par des psychologues… question de temps notamment !

Sophie Cousin

Pour en savoir plus :
“Venus and Mars on the benches of the faculty : Influence of gender on mental health and behavior of medical students. Results from the BOURBON national study”, Fond G1, Bourbon A2, Auquier P2, Micoulaud-Franchi JA3, Lançon C2, Boyer L2, Journal of Affective Disorders 2018
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30005328

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