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Souffrance des internes : la mobilisation amiénoise

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Les étudiants en santé sont confrontés tout au long de leur cursus à des situations de stress liées au concours mais aussi à leur insuffisante préparation lorsqu’ils abordent les stages. Difficultés face aux patients mais aussi face aux soignants. Conscients que la relation internes-externes est souvent complexe et anxiogène, un externe en cinquième année de médecine, deux internes en médecine générale et médecine du travail ont créé l’Association santé mentale étudiants en santé Amiens. Rencontre.

Avec quelque 2500 étudiants dont 1 400 en Paces et 800 en deuxième cycle, le CHU d’Amiens, comme n’importe quel autre Chu connaît des problèmes graves en matière de qualité de vie et santé mentale des étudiants. Si de nombreuses initiatives pour « soigner les soignants », prévenir le harcèlement sont mises œuvre avec notamment le 0800 800 854, numéro unique d’écoute et d’assistance aux professionnels de santé en souffrance, la prise en charge des étudiants en santé demeure encore inexistante car taboue. Les étudiants n’osent pas se plaindre, par crainte de se dévaloriser ou être mal perçus par leurs enseignants. Alors, ils se replient et craquent, comme l’ont montré trop d’issues tragiques ces dernières années. Deux études ont été menées l’an passé au Chu d’Amiens sur le thème du bien-être en santé sur le premier et le deuxième cycle des études de médecine. Inspirées par l’enquête nationale Santé mentale des jeunes médecins menée par l’Isni, ces études donnent un focus alarmant sur Amiens : 80 % des étudiants en santé se sentaient anxieux ou en dépression.

Face à ce constat et aux situations rencontrées pendant leur cursus Sylvain Chamot (photo gauche), interne en médecine du travail, Philippe Pulwermacher-Blanchard (photo droite), externe en cinquième année et Marion Delzard, interne en médecine générale ont décidé d’agir au sein de leur faculté de médecine. Sans plus attendre les « 15 mesures pour le bien-être des étudiants » présentées par Agnès Buzyn et Frédérique Vidal, suite au rapport du Dr Donata Marra. Certes leurs spécialités les prédisposent plus que d’autres à écouter la souffrance de leurs camarades et à proposer des pistes d’aide et des actions. La première en cours est leur campagne d’affichage dans le CHU donnant les contacts d’urgence pour demander un soutien psychologique en cas de détresse ou pour témoigner anonymement d’acte de malveillance à l’encontre des étudiants. « Notre association porte deux objectifs centrés sur la prévention primaire et la prévention secondaire des souffrances psychologiques des étudiants en santé. Le premier est d’améliorer la prise en charge des étudiants en santé en souffrance. Nous souhaitons que chaque étudiant sache qu’il peut se confier à des acteurs indépendants du milieu hospitalo-universitaires et que ces acteurs auront tous les moyens à leur disposition pour tenter de trouver une solution en sachant quel interlocuteur contacter », explique Philippe Pulwermacher-Blanchard, vice-président de l’association.

Et depuis la distribution d’affiches dans les couloirs et les amphis du CHU, les paroles se délient. Les difficultés de contact avec le patient constituent l’un des premiers motifs de malaise pour les futurs toubibs car ils ne sont pas du tout préparés à entrer dans la relation soignant-soigné. La relation soignant-soignant est aussi au cœur du mal-être ou de conflits dans le travail. Quant à la violence(même involontaire) de la relation interne-externe, elle est largement sous-estimée. Les internes eux-mêmes stressés et souvent insuffisamment encadrés par leurs chefs de service peuvent reproduire des comportements déroutants à l’égard de leurs externes. « Nous allons étendre cette campagne d’information auprès des 14 hôpitaux de Picardie pour que tous les signalements remontent sur du Chu et que la Charte des droits et devoirs des étudiants et des médecins dans les stages soit portée à la connaissance de tous. Cette démarche a vocation à être reproduite dans l’ensemble des filières de santé avec l’appui des associations étudiantes les représentant », précise Sylvain Chamot, interne en médecine du travail et président de l’ASMES. Et pour ce faire, l’association va réaliser une étude sur l’état de santé mentale de l’ensemble des étudiants en santé amiénois pour avoir dans un premier temps une cartographie des problèmes et dans un second temps analyser les demandes particulières de chaque filière.

En attendant, un vaste chantier attend nos étudiants motivés puisque leurs propositions d’actions ont été validées par la CME. Parmi lesquelles : la mise en place d’une cellule d’orientation expérimentale, composée de 3 binômes d’étudiants en santé et de membres du corps professoral, la création d’un jeu de rôle soignant-soigné, l’ouverture de groupes Balint aux internes et la création d’une formation à la pédagogie pour les internes comme celle réalisée par le Simusanté pour les chefs de clinique.
Dans l’immédiat, le programme est aussi d’informer les futurs Paces sur la réalité qui les attend non seulement dans leurs études mais surtout dans la pratique. Une initiative également développée par de nombreux tutorats pour éviter à certains de se fourvoyer.

Contact : asmesamiens@gmail.com

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  • Anne Marie DE RUBIANA
  • Rédactrice en chef de Remede.org
  • amderubiana@remede.org
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