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La 1ère Communauté Médicale
médecine - pharmacie - odontologie - maïeutique
Il existe un accès direct en DCEM1 ... assez restreint puisqu’il est réservé aux pharmaciens, vétérinaires, Normaliens, Centraliens, Polytechniciens, UTC de Compiègne [1] ... et quelques autres écoles d’ingénieur que j’ai oubliées. Cet accès en D1 est donc un accès aux études médicales réservé aux vocations un peu tardives de la médecine et non au jeune Bachelier de 18 ans ... Faudrait pas rêver tout de même ... A noter que cet accès direct en 1ère année de deuxième cycle existe également pour dentaire, pharmacie et fonctionne de la même manière.

-  Les modalités du concours :

  • Les candidats déposent un dossier avant le 1er juin (généralement) dans la fac où ils souhaitent s’inscrire. Ce dossier comporte un CV, une lettre de motivation et les photocopies des diplômes. Tous les dossiers sont alors regroupés quelle que soit la faculté demandée. Un jury les examine et convoque les pré-sélectionnés pour un oral début juillet le plus souvent.
  • L’oral : une petite dizaine d’agrégés (doyens de médecine + pharma + dentaire, PU-PH, PH etc ...) sont dans une pièce. Vous entrez. Le président du jury vous dit un truc du genre : " En 5 minutes maximum, dites-nous pourquoi vous voulez faire médecine. On vous posera alors 5 minutes de questions ". Vous faîtes votre discours. Ils posent des questions à la con sur votre motivation (" vous êtes bien sûr que vous voulez devenir toubib ? ") sur vos projets (" Vous ferez de la recherche ? De la clinique ? Quelle spécialité voulez-vous faire ? "). Et c’est fini !
  • Une semaine après, vous recevez une réponse vous disant en gros : " Viendez en médecine " ou " Allez vous faire foutre ".

-  Les statistiques :

  • L’année où je l’ai passé : 40 candidats pour une douzaine de places, sur toute la France, bien sûr. Ca ne bouleverse donc pas la démographie médicale ... mais c’est pas gagné d’avance ...

-  Quelques commentaires :

  • La faculté où vous déposez le dossier n’influe en rien vos chances puisque le concours est national. Bref, ne prenez pas nécessairement Necker ou la Pitié en vous disant : " J’aurai plus de chances de rentrer ... " . Si vous voulez aller faire vos études de médecine à Nice (ce que j’aurais dû faire ...), déposez un dossier à la fac de Nice ... D’ailleurs, le doyen de la faculté n’a rien à dire sur les candidatures, sauf s’il est de jury, bien sûr ...
  • Il ne s’agit pas d’un concours de connaissances mais uniquement de motivation, ce qui m’amène au point suivant ... :
  • L’unique compétence, en dehors du bout de papier qui dit que vous êtes pharmacien, X, véto ou centralien, c’est le BARATIN. Le but du jeu, c’est d’être convaincant que ce soit dans votre lettre de motivation ou lors de l’oral : pourquoi voulez-vous faire médecine ? Quelle spécialité ferez-vous ? Dites-vous bien qu’il y a 40 bon dossiers et que 1 sur 4 seulement sera retenu. Il faut donc se révéler très bon baratineur ... et comme tout le monde sait, le très bon baratin ne s’improvise pas, ce qui m’amène au point suivant ... :
  • Préparez votre discours de motivation à l’avance, puisque vous savez déjà la question et le temps imparti. C’est moins facile qu’on ne le croit de faire un discours clair, précis en moins de 5 minutes devant 10 personnes assez peu souriantes ...
  • Sachez la spécialité que vous voulez faire. Très con puisque vous n’avez pas encore fait l’externat mais le jury est comme ça. Donc, si vous n’avez pas d’idée précise, c’est pas grave : vous en choisissez une au hasard.
  • Faîtes très simple : imaginez un jury qui a déjà écouté 15 personnes et qui vous écoute ... Votre parcours, il ne s’en souvient plus du tout. Pendant votre discours, vous vous présentez, vous racontez votre parcours très simplement puis vous expliquez comment votre vocation médicale est née, ce que vous avez fait pour la confirmer (Avez-vous mis les pieds dans un hôpital ? Avez-vous suivi les toubibs et les infirmières pour voir quelle était leur boulot ? Avez-vous été au pied du lit du patient et recherchez-vous le contact avec le patient ?). Et enfin, quel est votre projet pour le futur (J’veux faire des études de médecine pour après devenir Ministre. Parce que Ministre, c’est un beau métier ...). A la fin de tous les entretiens, le jury reprendra toutes les candidatures. Et là, si vous avez été percutants et convaincants, notre soit disante élite universitaire devrait se souvenir de vous ...
  • Sachez comment vous allez financer vos études de médecine : Votre famille vous aidera ? Vous avez déjà fait fortune et vous n’avez pas de problème ? C’est la seule question pas trop conne que le jury vous posera ... peut-être ...

Enfin, et c’est le plus important, repartir dans des études de médecine à 25 ans, voire parfois plus, c’est pas tous les jours la joie, que ce soit du point de vue universitaire (fait ch..., ce putain de concours d’internat ...) ou personnel (salut chéri(e), j’ai une grande nouvelle à t’annoncer : " plutôt que de bosser et gagner ma vie le mois prochain, j’ai décidé d’en reprendre pour 8 ans d’études. Mais, t’en fait pas : tu bosseras pour nous deux et quand je serai de garde à l’hosto, tu pourras t’occuper tout(e) seul(e) de nos futurs enfants. Au fait, tu veux m’épouser ? ").
Mais, bon, toubib, c’est le plus beau métier du monde et je ne regrette pas d’avoir plaqué mon boulot d’ingénieur peut-être rémunérateur, mais, ô combien vide de sens à mes yeux ...

-  Renseignements :
1. La scolarité de n’importe quelle fac de médecine.
2. Bureau des formations de santé
Direction de l’Enseignement Supérieur
Ministère de l’Education Nationale de la Recherche et de la Technologie
61-65 rue Dutot
75015 Paris
tel : 01 55 55 69 77

Commentaire de l’article : une autre expérience - Flav

Je souhaiterais apporter mes commentaires aux recommandations avancées par Xav (DCEM1, Faculté Necker-Enfants Malades) pour rentrer directement en DCEM1.

Tous les conseils de Xav. ne sont que trop réalistes.... mais encore faut-il que vous aillez la chance de pouvoir vous exprimer auprès de la commission chargée de statuer sur la valeur des dossiers présentés et de choisir les candidats que les membres de la commission daigneront écouter.

Pharmacien, ayant hésité à mes 18 ans entre pharmacie et médecine, je me suis investi pendant 10 ans (6 ans d’études pharmaceutiques + 4 ans d’internat) pour devenir un professionnel de santé digne de ce nom, regrettant toujours au plus profond de moi-même de ne pas avoir choisi médecine. Incapable de ne pas aller au bout de ce que j’entreprends j’ai poursuivi inlassablement mes études, finissant d’ailleurs par aimer ces études pharmaceutiques (et si, c’est passionnant !). Je suis aujourd’hui fière d’être pharmacien...

Mais..... le contact avec les patients, pouvoir poser un diagnostic, soigner, sauver des patients, s’inquiéter de leur sort, suivre l’évolution de leur maladie et en minimiser les souffrances ... tout ça me manque aujourd’hui et chaque jour davantage.... je donnerai volontiers 15 ans de ma vie pour revenir en arrière et me diriger tout droit vers le bureau de la scolarité de la faculté de Médecine (si seulement mes parents avaient râler au lieu d’accepter passivement mon choix !)...

Pour en revenir à nos moutons, j’ai sollicité le bénéfice de l’arrêté du 26 mars 1986 à deux reprises sans le moindre égard. Pis, je me suis vu lire (puisque qu’aucun entretien avec la commission ne m’a été octroyé) que ma candidature était rejetée pour des motifs non recevables (non seulement de mon point de vue, je pourrais vous le démontrer) :

-  mon âge (32 ans)
-  parce que je n’étais pas ni normaliens, ni centraliens, ni polytechnicien, ni issu de l’UTC de Compiègne etc... et que cette élite bénéficiait dorénavant des faveurs des commissions (aurait-on besoin de redorer le blason de nos médecins français ?...)
-  parce que je sollicitais une réorientation (Que demandent donc ces normaliens, polytechniciens, centraliens, ingénieurs ?)

Bref, pour rentrer directement en DCEM1 il faut être baratineur, peu importe votre motivation profonde, et être issu de ces "Grandes Ecoles" qui vous façonnent aussi bien de futurs hommes politiques, de futurs ingénieurs du CEA etc... que des médecins pour lesquels la vocation a en effet été tardive... Fis des êtres qui se sont toujours senti l’âme d’un professionnel de santé mais qui à l’âge où s’engager pendant 8-14 ans fait inconsciemment peur (cette fameuse peur de l’échec) ont hésité un soupçon de trop....

Notes :
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