logo remede
remede.org : Communauté Médicale & Paramédicale Indépendante
41 connectés sur le site | 17ème année | S'inscrire | S'identifier
 

Petit guide à l’attention des futurs élèves Sage-Femmes

Bonjour, à la demande de nos bienveillants modérateurs, j’ai écrit ces quelques lignes pour vous aider dans votre choix d’orientation. Je suis actuellement etudiant Sage-Femme 1ere année à Grenoble et je rentre normalement en 2eme année en Septembre. Comme vous l’avez peut-être deviné, je suis un homme ;)

Ce petit guide très sommaire va exposer le cursus scolaire francais pour devenir Sage-Femme. Il est valable pour l’ensemble du territoire francais depuis l’année 2002, année où le concours d’entrée a été associé au concours de PCEM 1 pour lequel, j’en suis sur, vous vous posez également énormément de questions.
Je ne reviendrai pas sur les modalités du concours d’admission qui sont soumises au numérus clausus, au même titre que toutes les professions médicales accessibles par la faculté de Médecine, ce qui n’est en 2003 pas le cas de toutes les professions paramédicales qui recrutent encore bien souvent par des modalités différentes.

Petit historique sur la profession :

La profession de Sage-Femme, une des plus ancienne, est aussi une des plus méconnues. Dans la Grèce antique, on parlait de « Maieutique » , ou l’art d’accoucher, qui avec le temps et sous l’influence de Socrate a fini par désigner une méthode de dialogue. Ce défaut de connaissance s’explique sans doute par un défaut de reconnaissance : blottie au carrefour de plusieurs professions, il semblerait que la Sage-Femme ait peiné à délimiter son propre espace, son propre champ de compétences. Le système médical est aujourd’hui tellement subdivisé que le patient non averti finit par confondre l’ensemble du personnel soignant en deux catégories : les infirmier(e)s et les médecins. Il ne m’appartient pas ici de détailler toutes les professions, mais elle souligne bien les problèmes rencontrés actuellement. Ainsi, la SF se positionne tour à tour à la fois comme Puéricultrice, comme Pédiatre, comme Gynécologue-Obstétricien... sans être aucun d’entre eux : c’est ce qui en fait sa complexité et donc sa richesse.

Depuis 1982 la profession s’est ouverte aux hommes Sage-Femme, dont la volonté était un temps de rebaptiser « Maieuticiens ». Elle a également été définie comme une profession Médicale à compétence limitée. Son champ de compétence s’étend du début de la grossesse jusqu’au suivi après l’accouchement : elle ne se limite donc absolument pas à ce dernier. Elle peut travailler en libéral, en milieu hospitalier, en PMI, dans les centres de procréation médicalement assistée : elle suit de A jusqu’à Z tout accouchement dit eutocique (par opposition à dystocique, sans utilisation de Forceps ni de Césarienne), pratique les échographies, le suivi des grossesses, la rééducation, les cours d’haptonomie, ainsi que la prescription des médicaments relevant de sa compétence.
Depuis 1992 à Grenoble et depuis 2002 en France, le concours d’entrée en école de SF est commun à celui de Médecine. Les SF bénificient en outre d’un accès aux Maitrises de Sciences Biomédicales (MSBM) : se référer à vos facultés respectives.
Il s’agit d’une profession dont le statut est sujet à beaucoup de remodèlements : je vous invite donc également à consulter le site National de l’Ordre des Sage-Femmes à l’adresse indiquée plus bas.

Le cursus scolaire

I - Généralités

Il se présente comme suit :

Le cursus général pour devenir Sage-Femme, depuis le bac, est depuis 2002 de 5 années. Il comprend 1 année de PCEM 1, sanctionnée par un concours (eh oui !), puis ensuite un enseignement spécifique en école de Sage-Femme pour une durée de 4 ans.

A l’issue de la première année de Médecine, exclusivement théorique, les 4 années qui vous seront proposées y associeront également des connaissances pratiques. Chaque école ne fonctionne pas de la même façon : toutes ne suivent pas scrupuleusement le même programme et les mêmes exigences d’année en année. Il s’agit de raisonner en terme de cycles et non en terme d’années, dans la mesure oú le concours d’entrée lui-même ne se fait pas sur les mêmes matières pour toutes les facultés, et oú la nature des stages que vous validerez change sensiblement en fonction des écoles et même des promotions.
Il reste que la première année de Sage-Femme (et donc la deuxième année en tout) est essentiellement tournée vers la pratique des soins infirmiers : en stage il vous sera appris à réaliser des actes tels que pose de sonde urinaire, prise de sang, pose de cathéters, injections diverses et variées (youpi !), préparation de médicaments, changement de perfusions etc...
Ces actes seront appris au cours des différents stages que vous aurez à valider durant votre année : attention ! Il s’agira pour la plupart de services n’ayant strictement rien à voir avec l’obstétrique, allant du bloc de chirurgie digestive au service de maladies infectieuses par exemple.... ce qui peut s’avérer très frustrant si ils ne correspondent pas à vos « « attentes » . Ils restent néanmoins très instructifs et surtout permettent d’acquérir les bases du métier.
Les connaissances théoriques sont également très variées, allant de la sémiologie cardiaque, de la bactériologie, ou de la parasitologie, au droit médical en passant bien sur par l’obstétrique et l’anatomie (juste des croquis, pas de dissections). Et cette liste ne se veut pas exhaustive ! Elle change beaucoup en fonction des écoles.

En deuxième année on continue l’enseignement à la fois pratique et théorique, mais l’ensemble est déjà beaucoup plus ciblé sur le pathologique et la femme enceinte. De plus les stages nous accordent d’avantage d’heures en salle d’acouchement.
Je ne suis pas le mieux placé pour détailler le programme des années d’études suivantes, donc si une âme charitable veut détailler l’ensemble j’en serai ravi.
Il faut toutefois savoir que, à l’issue de la deuxième année, il vous sera demandé de choisir un mémoire, c’est à dire un sujet ayant trait à la pratique de SF que vous développerez. Le but est-ici de répondre à une problématique ou faire un bilan, donc c’est bien un travail de recherche qui vous sera demandé. Grossièrement vous formulez un sujet de mémoire qui sera ou non accepté par une commission : les sujets de tels travaux sont extrêmement variés et vont de l’échographie au bilan de certains produits toxiques sur la santé du fœtus. On peut résumer l’ensemble en disant qu’il s’agit d’une thèse qui ne mènerait pas au titre de docteur... mais le travail reste conséquent et mieux vaut s’y atteler sans perdre trop de temps.

Débute ensuite un deuxième cycle que vous pourrez accomplir ailleurs même que dans votre école d’origine en fonction des opportunités. La quatrième année, enfin, bien souvent presque exclusivement orientée vers la pratique, se verra conclue par la présentation de votre mémoire et l’obtention de votre Diplôme d’Etat de Sage-Femme.

II - les modalités d’examen

-   Examen de PCEM 1 : tout ou presque a déjà été dit à son sujet, mieux même que je ne saurais le faire
-   Premier cycle : il s’agit d’un contrôle continu exclusivement pour la première année. Pour la deuxième année on a le droit à la fois au contrôle continu et à l’examen de premier cycle qui regroupe l’ensemble des connaissances déjà abordées.
-   Second cycle : on repart pour un tour ! Avec cette fois un examen qui clôt chaque année.

Ces renseignements sont toutefois soumis à caution. Je ne connais pas les détails de toutes les écoles et ce que certaines appellent contrôle continu se résume souvent à un ensemble de colles réunies sur 2 semaines. A quand le contrôle discontinu ?
De plus je ne prétends pas tout connaître de mes aînés : je n’apporterai ma caution qu’aux renseignements issus de mon expérience personnelle, moi petit premiere année ;)

F.A.Q.

Q : Je suis un homme.

R : C’est un excellent début !

Q : La profession est t-elle ouverte aux hommes ? Et n’ont-ils pas de problème à se faire accepter ?

R : La profession est ouverte aux hommes depuis 1982. Quand à leur acceptation, je dirais qu’elle est variable en fonction de l’endroit oú vous vous trouvez. Mais de manière générale ils sont très bien accueillis : certaines SF sont même extrêmement heureuses de nous voir embrasser cette profession !
En ce qui concerne les patientes, là encore, c’est vraiment très variable. Je ne me risquerai pas à établir des statistiques mais on trouve un peu de tous les cas de figure : celles qui préfèrent être examinées par une femme, celles par un homme, et celles pour qui c’est du pareil au même.

Q. Et les femmes qui vont accoucher ? Comment accueillent t-elles les étudiant(e)s ?

R : Bien ! Elles trouvent quelqu’un à qui se confier et acceptent volontiers de se faire piquer ou examiner. Mais on trouve toujours des personnes plus réticentes : c’est leur droit le plus absolu, et il faut le respecter. Néanmoins, avec le temps, il est toujours possible de gagner leur confiance (niak ! niak !). Mais ce sont des vérités qui touchent n’importe quel étudiant en Médecine, puisqu’il faut bien commencer un jour.

Q. Comment faire une bonne fondue savoyarde ?

R. Désolé mais vous vous êtes trompé de site.

Q. C’est une formation plus théorique ou plus pratique ?

R. Je dirais que, au total, on arrive à un petit avantage du pratique. Mais c’est très variable selon les années et selon les écoles.

Q. Faut-il obligatoirement avoir le baccalauréat ?

R. Non ! Voici ce que dit la loi :

Les conditions d’admission sont les suivantes :

Avoir 18 ans au moins au 31 décembre de l’année du concours et être titulaire :

-   du Baccalauréat ou d’un titre admis en dispense. Les étudiant(e)s de classe de terminale peuvent présenter leur candidature, leur admission étant subordonnée à l’obtention du Baccalauréat

-   d’un diplôme étranger de sage-femme

-   d’un titre étranger ouvrant l’accès à l’enseignement supérieur dans le pays où il a été obtenu ou d’un Baccalauréat de l’enseignement du second degré ou de technicien étranger régulièrement validé de plein droit sur le territoire français

-   d’une attestation de succès du diplôme d’accès aux études universitaires

-   Ou avoir 25 ans au moins au 31 décembre de l’année du concours et s’être consacré(e) pendant 5 ans au moins à l’éducation d’un ou plusieurs enfants.
-   Ou justifier de 5 années d’exercice professionnel dans une profession sanitaire ou sociale.

Q. Y a t-il des passerelles vers d’autres professions ?

R. Oui et Non ! Il existe des facilités pour devenir infirmier(e) ou kinésithérapeute, avec un allègement de la première année notamment. Mais le diplôme ne dispense pas du concours d’entrée. Idem pour ce qui est de la faculté de Médecine : si le cœur vous en dit et que vous voulez replonger pour encore quelques années d’études, il est possible de passer le concours de PCEM 1 sur une liste parallèle moins sélective. Mais je vous invite à parcourir Remède ou un autre site pour ce genre d’information. Enfin la validation de certificats de type MSBM vous accorde (après 3 certificats tout de même) un niveau license qui vous permettra de travailler dans la recherche. (mais avec devant vous encore quelques années à crapahuter). Pour tout ce qui touche aux MSBM, votre faculté sera de bien meilleur conseil que moi.

Q. Comment passer des MSBM ?

R. Dès la deuxième année de SF vous pouvez vous inscrire, dans la limite des places disponibles. Mais il faudra payer (argent mon amour), et vous ne pourrez passer qu’un seul certificat par an. Si votre désir est d’obtenir le niveau license, alors il faudra passer le dernier certificat l’année qui suivra votre diplôme.

Q. Tous les pays ont-ils le même cursus que la France ?

R. Pas du tout ! La France, avec la Grèce, offrent aux étudiant(e)s la formation la plus complète. Elles ont un vrai statut à part qui peut être très intéressant si vous vous installez à l’étranger. Mais le travail ne manque pas !

Q. Ca ne te fatigue pas d’inventer des questions et d’y répondre comme çà ?

R. Non. Autre question ? Adressez les moi à nicolas.martinelli@wanadoo.fr

Liens

http://perso.wanadoo.fr/lesdossiersdelobstetrique/etudiants.htm

http://www.ordre-sages-femmes.fr/

livreslivrescontactspublicationstwitter