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Médecine du travail : une spécialité à revaloriser

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Recherche médecins du travail désespérément ! Le secteur souffre toujours d’une grave pénurie, en raison notamment d’une image assez négative et d’un manque de reconnaissance de la discipline.

Etat des lieux

Difficile d’obtenir des chiffres précis sur les effectifs de médecins du travail exerçant en France, car ils relèvent de statuts différents et de plusieurs services inter-entreprises. Néanmoins, selon les chiffres du CISME (Centre interservices de santé et de médecine du travail en entreprises), on estime que les médecins du travail sont environ 6000.

La moyenne d’âge est de 56-57 ans, et le taux de renouvellement de la profession est faible… les perspectives démographiques sont sombres. Ce n’est pas faute d’avoir ouvert plus de poste d’internat, à l’échelon national, avec en moyenne 190 postes offerts chaque année, depuis 2014.
Alors que les deux-tiers des postes proposés aux ECN avaient été pourvus en 2014 et 2015, moins de la moitié l’ont été en 2016, avec 76 postes pourvus sur 157. «  La médecine du travail est toujours la dernière spécialité choisie à l’internat  », déplore le Pr Jean-Marc Soulat, chef de service de santé au travail du CHU de Toulouse, Hôpital Purpan. La diminution plus marquée du nombre de postes choisis en 2016 pourrait s’expliquer en partie par la communication autour de la loi Travail ou Loi El Khomri, qui incluait une réforme de la médecine du travail.
Néanmoins, le cumul emploi-retraite dans cette spécialité est assez élevé, ce qui permet de compenser temporairement la désaffection des jeunes médecins pour les postes de médecine du travail.


Les missions du médecin du travail

La réforme de 2016 conforte les missions de 2011. Le décret du 27 décembre 2016 relatif à la « modernisation de la médecine du travail » conforte les 4 missions légales du Service de Santé au Travail Interentreprises : action en entreprise, conseil, surveillance de l’état de santé, traçabilité et veille sanitaire.
Les principales modifications apportées par ce texte sont les suivantes :
-  une visite d’information et prévention pour tout nouveau salarié, dès l’embauche, afin de l’informer sur les risques spécifiques liés à son poste.
-  une plus grande liberté pour fixer le rythme et le contenu des visites individuelles. En moyenne, tous les 2 ans maximum entre 2 visites si le salarié présente un risque particulier ; dans les autres cas, 5 ans maximum entre 2 visites
-  le suivi de l’état de santé du salarié peut être fait par le médecin ou par un infirmier sous protocole médical
-  la visite de reprise du travail devient obligatoire après un arrêt maladie de moins de 30 jours


Formation et rémunération

Il existe trois façons de devenir médecin du travail :
-  être qualifié en médecine du travail : en 2013-2014, 200 médecins ont obtenu une qualification en médecine du travail, dont 166 généralistes.
-  avoir été autorisé par le CNOM à titre exceptionnel à poursuivre son exercice en tant que médecin du travail
-  être titulaire d’une capacité en médecine de santé au travail et de prévention des risques professionnels

La rémunération moyenne est aux alentour de 90 000€ annuels brut.
« La médecine du travail cumule un certain nombre d’avantages : c’est une médecine salariée, la rémunération est très intéressante si elle rapportée au salaire horaires, il n’y a pas de gardes… Mais ces avantages sont contrebalancés par une image assez négative de la spécialité. Elle a du mal à être considérée comme une spécialité médicale, d’une part parce qu’elle ne prend en charge qu’une partie de la population concernée par le lien santé – travail (les travailleurs salariés) et d’autre part parce que le bénéfice des visites médicales n’est pas forcément vécu comme une prévention des risques professionnels mais un dépistage précoce de pathologies tout venant : diabète, HTA… », commente le Pr Jean-Marc Soulat.


L’avis de l’expert
Pr Jean-Marc Soulat, chef de service de santé au travail du CHU de Toulouse, Hôpital Purpan

« Elargir à des disciplines extra-médicales »

«  Il faut bien distinguer la spécialité médicale et le mode d’exercice. Aujourd’hui, l’exercice de la médecine du travail est fait au bénéfice exclusif des salariés. Or, ce qui intéresse les médecins est d’être reconnus dans leur utilité sociale, comme quelqu’un pouvant aider des patients en situation de souffrance au travail. Dans la réforme du 3ème cycle, nous allons redéfinir les compétences des médecins du travail. Cela passe par trois axes : conserver une activité clinique individuelle, avec une possibilité de prescription (ce que demandent les jeunes) ; travailler davantage sur la santé collective au travail ; enfin, élargir la spécialité à des disciplines extra-médicales (ergonomie, hygiène et sécurité, management) pour attirer des nouveaux étudiants non médecins. L’ensemble de ces réformes permettra de revaloriser la spécialité aux yeux des étudiants »

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  • Sophie Cousin
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