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Marine, interne en biologie : « Ma curiosité scientifique m’a amenée à la biologie médicale »

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Marine est interne en biologie médicale à Saint-Étienne. Elle avait le choix parmi quasiment toutes les spécialités, de l’ophtalmologie à la cardiologie en passant par la radiologie. Mais elle a fait le choix du cœur, celui de sa passion pour la science. Elle est ainsi la première de France à avoir choisi la biologie médicale à l’issue des ECNi 2018.

Peux-tu nous raconter ton parcours depuis le bac à aujourd’hui ?
Depuis le collège je suis passionnée par la SVT et en particulier par tout ce qui concerne le corps humain. C’est donc sans hésiter que je me suis orientée vers un bac scientifique avec l’option SVT. J’ai obtenu mon bac en 2012, avec la mention très bien. À la fin du lycée, j’ai hésité entre, partir en faculté de biologie ou me lancer dans des études de pharmacie. Finalement j’ai opté pour la pharmacie et je me suis donc inscrite en Paces à Saint-Étienne. Comme la plupart des étudiants, j’ai vécu ma Paces avec des hauts et des bas, mais la période la plus difficile a probablement été le choix de la spécialité à l’issue du premier concours de janvier. En effet, les premiers cours de pharmacie avaient débuté, et j’ai réalisé que je n’aimais pas vraiment ce qui m’était enseigné, préférant les cours d’anatomie et de physiologie. Après une difficile période de remise en question, j’ai donc décidé de choisir la spécialité médecine. J’ai finalement eu ma Paces du premier coup, et j’ai terminé 66e.

Comment se sont passées tes études en médecine ? Quel a été ton pire et ton meilleur souvenir d’externat ?
Ma P2 et ma D1 se sont très bien passées et j’aimais ce que j’apprenais. En effet, j’ai choisi médecine pour comprendre précisément le fonctionnement du corps humain et ce premier cycle de médecine y est justement dédié. Au cours de ce premier cycle, j’ai également réalisé un master 1 de science et dans ce contexte j’ai effectué mon mémoire dans le laboratoire de bactériologie/virologie. Je garde un très bon souvenir de ce stage, et cela m’a permis de découvrir le milieu du laboratoire de biologie qui m’était totalement inconnu et que je n’aurais jamais pu découvrir pendant mon externat. J’ai également pu travailler avec des internes de biologie, spécialité que je ne connaissais pas, et qui m’a fait apprécier cette spécialité.

« J’étais beaucoup trop impliquée émotionnellement »

Avec l’externat j’ai découvert l’aspect du soin et de la relation avec le patient. Je n’ai pas eu trop de difficultés et je prenais même beaucoup de plaisir à discuter avec les patients. Par contre j’ai rapidement réalisé que je n’appréciais pas particulièrement les gestes techniques. Souvent, les externes se battent pour pouvoir faire une ponction lombaire, un myélogramme ou faire des points de suture, mais ce n’était pas mon cas. Dans les services de cancérologie et d’hématologie, assister à l’annonce de maladie grave m’était également très difficile, et je réalisais que j’étais beaucoup trop impliquée émotionnellement et que la souffrance des patients m’affectait beaucoup. Mon pire souvenir a été mon stage aux urgences… l’aspect relationnel est très limité, le manque de temps, les diagnostics et les patients s’enchaînent sans que l’on ait trop le temps d’approfondir sans compter les urgences traumatologiques, domaine que je n’apprécie pas du tout… Avec le recul, j’ai trouvé l’externat difficile, mais j’aimais ce que j’apprenais dans les collèges. Comprendre et étudier toutes les maladies était vraiment très intéressant pour moi, c’est ce qui m’a permis de tenir le rythme intense de l’externat.

« Le médecin biologiste reçoit les couples en entretien »

Quand as-tu fait le choix de la spécialité biologie médicale ? As-tu hésité avec d’autres spécialités ?
L’idée de choisir la biologie médicale m’avait déjà traversé l’esprit en D1, après mon stage de master en virologie. Je travaillais sur un sujet qui mêlait virologie et biologie de la reproduction. À cette occasion, j’ai pu découvrir le fonctionnement du plateau de biologie du CHU, et également le service de PMA. Ce service a particulièrement retenu mon attention puisqu’il combinait tout ce qui m’attirait, à savoir, le travail en laboratoire, la biologie médicale et l’aspect relationnel. En effet, le médecin biologiste reçoit les couples en entretien au préalable, et les suit au cours de leur parcours de PMA. Cette idée a donc germé en D1 et n’a fait que se renforcer au cours de mon parcours d’externe.

As-tu une idée de surspécialité ?
En fin de 6e année, j’ai choisi de devenir interne en biologie médicale dans le but de me surspécialiser ensuite en biologie de la reproduction. La biologie est un domaine qui correspond à mon profil. Cependant, mon externat en médecine m’a permis de découvrir le contact avec le patient, l’aspect relationnel, et j’ai besoin de retrouver cet aspect dans mon futur métier. Or la biologie de la reproduction me permet justement d’allier cette envie de faire de la biologie tout en maintenant un lien et un contact avec les patients. J’ai pu assister dans le service de PMA à quelques consultations et j’ai été surprise par la durée et l’intensité de ces consultations. Le médecin reçoit le couple, et au cours de l’échange, beaucoup de questions sont soulevées, comme le projet de vie du couple, la place d’un enfant et la détresse engendrée par leurs difficultés à concevoir. Il y a un vrai échange entre le couple et le médecin biologiste. Ce dernier partage donc son temps entre le travail en laboratoire et les temps de consultations. On peut d’ailleurs par la suite réaliser des DU en andrologie, en génétique… permettant de proposer de véritables consultations spécialisées. De plus c’est un domaine qui amène à une réflexion éthique, comme peut en témoigner le débat politique actuel sur l’ouverture de la PMA aux femmes seules et homosexuelles. C’est une spécialité qui mêle ainsi de la biologie, du relationnel et de l’éthique et c’est pour toutes ces raisons que je souhaite me spécialiser en biologie de la reproduction.

Quelles ont été les réactions de ton entourage devant ton classement et ton choix de spécialité ?
Dans ma famille je suis la première à avoir choisi cette voie. Ma famille a donc découvert ce milieu en même temps que moi, et ils n’ont jamais eu d’a priori ou de souhait concernant ma future spécialité. À l’ECN, j’ai terminé 1366 et malgré mon classement, ils n’ont jamais voulu influencer mon choix et je les remercie. J’ai pu parler de mon choix sans avoir peur d’être jugée. Par contre dans le milieu médical hospitalier, je n’aimais pas parler de mon choix, car les étudiants en médecine et les cliniciens dénigrent un peu cette spécialité, les biologistes n’étant pas directement au contact des patients et donc sur « le devant de la scène ».

Devant mon classement, beaucoup m’ont dit que je devrais faire une autre spécialité, une spécialité clinique « prestigieuse ». À l’inverse, dans mon village, tous voulaient que je choisisse la médecine générale, pour remplacer les médecins du village. Un voisin m’a même dit quand je lui ai parlé de mon choix : « Ah donc tu ne seras pas toubib finalement… ». Tous ces avis et ces commentaires m’ont beaucoup perturbée au moment de faire mon choix et j’ai hésité à faire de la médecine générale. J’ai finalement réfléchi aux raisons qui m’ont poussée à choisir la médecine et ce que j’avais aimé pendant mon externat. J’ai choisi cette voie dans le but de comprendre parfaitement la physiologie du corps humain et des maladies, mais je ne me suis pas lancée dans le but de devenir médecin, au sens où beaucoup de personnes l’entendent, à savoir « sauver des vies ». C’est plus ma curiosité scientifique qui m’a amenée jusqu’ici et donc devenir médecin biologiste en PMA est le métier qui combine tout ce que je souhaite pour mon avenir professionnel.

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  • Idris Amrouche
  • Rédacteur remede.org
  • amrouche.idris@gmail.com
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