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Les pharmaciens d'officine impliqués dans le parcours de soins

Les pharmaciens d’officine peuvent repérer et orienter les patients à risque de maladie rénale chronique, ainsi que participer à l’éducation thérapeutique, montre une expérience menée dans le nord de la France. Stéphanie Belaiche de l’Institut de pharmacie du CHU de Lille et ses collègues ont voulu évaluer, avec la collaboration du réseau de prise en charge Néphronor, la place du pharmacien d’officine dans le parcours de soins de la maladie rénale chronique.

Pour cela, ils ont conduit une étude observationnelle prospective dans 109 officines de l’ancienne région Nord-Pas-de-Calais accueillant un stagiaire de sixième année d’études pharmaceutiques pendant six mois.

Ce projet avait pour objectif d’orienter les patients à risque vers le dépistage et optimiser, si besoin, la prise en charge des patients déjà diagnostiqués et traités. Pour cela, l’équipe pédagogique s’est inspirée des "entretiens pharmaceutiques", un dispositif d’accompagnement des patients mis en place en 2013 dans le cadre de la convention nationale pharmaceutique avec l’assurance maladie.

"Des entretiens pharmaceutiques"

Un groupe de travail constitué d’enseignants de la faculté de pharmacie, de pharmaciens d’officine et de néphrologues a rédigé plusieurs documents destinés à standardiser les procédures au cours de l’étude. Les pharmaciens recevant un stagiaire ont bénéficié d’une formation sur la maladie rénale chronique et sa prise en charge.
Les étudiants devaient présenter leur travail à l’équipe officinale, repérer les patients potentiellement concernés et diffuser le courrier à leur médecin traitant, prendre rendez-vous en accord avec le patient en lien avec leur maître de stage, préparer et conduire l’entretien avec le patient puis assurer son suivi.
Selon les données recueillies, des entretiens sur le repérage et l’orientation vers un spécialiste ont été proposés à 532 patients à risque de maladie rénale chronique (53% de femmes, 70,1 ans en moyenne). Ils étaient plutôt en surpoids, avec un indice de masse corporelle (IMC) de 28 kg/m2 en moyenne, à 43,7% diabétiques et hypertendus, et un peu plus d’un tiers (35,6%) présentait une hypertension artérielle isolée.

Aucun de ces patients n’a déclaré avoir connaissance d’un problème rénal. Parmi 319 patients revus au moins une fois ensuite à l’officine, 63,6% ont indiqué avoir évoqué le risque de maladie rénale chronique avec leur médecin et celui-ci a prescrit un bilan rénal pour 69% d’entre eux. Sur ces 140 patients, 103 ont ramené leur résultat à l’officine : ils étaient 65 à avoir un débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) inférieur à 60 ml/min/1,73 m2.
Parmi ces patients, âgés de 77 ans en moyenne, 55 avaient une maladie rénale chronique de stade 2 et 10 de stade 3.

"Optimiser la prise en charge"

Les entretiens concernant une optimisation de la prise en charge thérapeutique ont concerné 354 patients (72,5 ans en moyenne, 51,2% de femmes). Les deux tiers étaient au stade 3 d’une maladie rénale chronique et 71,8% déclaraient être suivis par un néphrologue ou en avoir rencontré un au moins une fois.
Dans ce groupe, le nombre moyen de médicaments prescrits était de 8,6, principalement des bloqueurs du système rénine-angiotensine. Plus de la moitié de ces patients (53%) ne connaissaient pas les situations entraînant une déshydratation et 71% ne savaient pas quelles précautions prendre dans une telle situation avec leur traitement néphroprotecteur.

Sur leur pathologie, 78% des patients pouvaient décrire partiellement la fonction rénale par la notion de "filtre". Selon les résultats à l’auto-questionnaire de Morisky-Green, rempli par 97% des patients, ils étaient 46,4% à avoir une bonne adhésion thérapeutique, 45,2% des problèmes minimes et 8,5% une mauvaise adhésion thérapeutique.
Cependant, 77,8% des patients présentaient une bonne connaissance de leur traitement et reconnaissaient l’indication de chaque médicament. Par ailleurs, ils étaient 42% à penser avoir trop de comprimés et 28,2% à admettre prendre parfois leur traitement avec retard.
Une non-adhésion thérapeutique (score de Girerd supérieur à 2 points) était associée de manière significative avec un nombre élevé de médicaments (supérieur ou égal à 10 par jour), la présence d’une maladie athéromateuse, la méconnaissance des médicaments et un tabagisme actif.

Cette étude a permis d’identifier les points clés sur lesquels le pharmacien d’officine peut intervenir : le repérage de patients à risque de maladie rénale chronique pour inciter à consulter et favoriser le diagnostic, le repérage des patients insuffisants rénaux qui ont des difficultés d’adhésion au traitement, la prévention de la iatrogénie et l’éducation thérapeutique, commentent les auteurs.

Source : www.apmnews.com

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