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Les Caraïbes : la Roumanie des Américains

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Les étudiants français, tenus en échec par le concours éreintant de la PACES, sont parfois tentés de se rendre en Roumanie, moyennant parfois un coût non négligeable, pour poursuivre des études de médecine. Une pratique courante qui, bien que jugée déloyale par certains, attire chaque année de nombreux étudiants. La France et son concours de PACES ne font pas figure d’exceptions. Les étudiants nord-américains, face à la difficulté d’accès aux études de médecine, sont ouvertement courtisés par les universités des Caraïbes au coût exorbitant.

La sélection aux États-Unis et au Canada

Dans ces deux grands pays d’Amérique du Nord, le processus de sélection des médecins est similaire. Loin d’être accessible à tous, il valorise des profils divers. Le premier prérequis est la validation d’un bachelor, un équivalent de la licence en 4 années. Cette formation n’est pas forcément scientifique, des diplômés en chimie, en biologie, en économie ou encore en philosophie peuvent tout à fait être acceptés en faculté de médecine. Le bachelor doit être associé à des « pre-med », c’est-à-dire qu’il faut valider un certain nombre de matières en chimie organique, biologie et physique en plus des cours de bachelor. Ce sont les professeurs en pre-med qui pourront rédiger les indispensables lettres de recommandation pour l’entrée en facultés de médecine.

Bachelor et pre-med validés, il faudra ensuite passer le MCAT (Medical School Admission test). Un QCM numérisé, réputé particulièrement difficile, exploité par l’association des Facultés de médecine d’Amérique (« Association of American Medical Colleges » [AAMC]). Tous les postulants qui ont complété leurs études universitaires doivent, obligatoirement, soumettre leurs résultats du MCAT avec leur demande d’admission.


Le MCAT (valable aux États-Unis, Canada et Australie) comprend des questions de :
-   Biologie et biochimie des organismes vivants
-   Chimie et physique des organismes vivants
-   Physiologie, sociologie et biologie des comportements
-   Analyse critique et capacité de raisonnement

C’est enfin, avec un CV de qualité, des résultats excellents au bachelor, pre-med et MCAT, accompagné de lettres de recommandation, qu’il sera possible de postuler en faculté de médecine. Le parcours est donc long et difficile, et comme en France, beaucoup de déçus, mais les étudiants qui ne sont pas acceptés ont au moins un bachelor en poche, ou peuvent aussi repasser le MCAT. Comme les étudiants français, tous ne sont pas prêts à renoncer à leur projet de devenir médecin, quitte à s’éloigner de leurs proches, de leur pays et à payer de grandes sommes d’argent. Des universités l’ont bien compris et tentent aujourd’hui de séduire ces jeunes qui rêvent de devenir médecin.


De nombreuses publicités sur les campus

C’est dans une région du globe beaucoup plus chaude et ensoleillée que la Roumanie, que les étudiants américains sont tentés de s’exiler : les Caraïbes. Les universités y plus ou moins bonnes qualités, mais leur argument est simple : l’admission dans les universités américaines est très difficile, mais « vous valez plus que vos résultats scolaires ». Conscientes que le soleil n’est pas suffisant pour attirer les étudiants, des campagnes publicitaires sont réalisées dans les campus américains, et des réceptions avec petits fours et croissants sont donnés dans des hôtels de luxe des grandes villes.

Le coût de la scolarité dépasse souvent celui des plus grandes universités américaines, car réaliser son rêve à un prix, parfois plus de 300 000 dollars. D’autant plus que les universités ne se valent pas toutes, du campus immense et high-tech, on retrouve parfois des campus limités à quelques salles dans un bâtiment. Il y a aussi multitudes d’universités entre ces deux extrêmes. Le cursus est de 4 années de cours de de formation hospitalière, l’équivalent de l’externat, dans des hôpitaux locaux ou américains, puis une spécialisation « résidence » en 4 années en moyenne. A noter que les universités des Caraïbes doivent bien souvent payer les hôpitaux américains pour qu’ils acceptent leurs étudiants en cours de formation.

La sélection est moins rude qu’aux États-Unis. Ces universités sont peu regardantes des résultats, elles précisent sur leurs sites internet « nous regardons au-delà de vos résultats pour déterminer votre motivation et votre capacité à réussir en faculté de médecine ». Le MCAT n’est par ailleurs qu’optionnel.


Une équivalence indispensable

Contrairement à la France et la Roumanie, membre de l’UE, il n’est pas possible de retourner dans son pays d’origine et de pratiquer la médecine aussi facilement. Les États-Unis et le Canada n’ont aucun accord avec les pays des Caraïbes comme la Dominique ou Grenade, qui regroupent le plus grand nombre d’universités de médecine dites « extraterritoriales ». Ces médecins seront considérés comme des médecins diplômés à l’international et devront passer obligatoirement par la voie de la reconnaissance d’équivalence de diplôme s’ils souhaitent venir pratiquer la médecine aux États-Unis ou au Canada. Aux États-Unis, les candidats au retour devront passer United States Medical Licensing Examinations (USMLEs), 3 tests qui se passent chacun sur plusieurs mois voire années. Au Canada, selon les états, il faudra en plus d’examens d’éligibilités, se voir imposer des stages de durée variables et même le lieu d’exercice.

Ces universités au succès grandissant ne cessent de se développer. St. George’s University, l’une des plus grandes des Caraïbes, est passé en 6 ans, de 6000 à 7700 étudiants, et plus 600 étudiants canadiens. Leurs étudiants-clients se trouvent aujourd’hui partout à travers le monde, l’Asie est désormais un nouveau vivier de jeunes souhaitant devenir médecin et prêt à dépenser des fortunes, en provenance de Hong Kong, d’Indonésie, d’Inde, de Malaisie, du Japon ou encore du Vietnam. Cependant, contrairement à l’Europe, l’avenir de ces médecins est conditionné par la réussite de leur retour dans leurs pays d’origine. Et malgré un retour réussi, beaucoup doivent faire face à la stigmatisation. Une dynamique mondiale donc, qui montre l’attrait pour la profession quel que soit les cultures, les pays et les époques.

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  • Idris Amrouche
  • Rédacteur remede.org
  • amrouche.idris@gmail.com
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