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Installation, pourquoi les jeunes choisissent l’exercice en groupe

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Mieux que de longs discours… Remède donne la parole aux principaux intéressés : trois jeunes professionnels de santé (une infirmière, une sage-femme et un médecin généraliste), qui nous racontent leur expérience en maison de santé pluridisciplinaire. Et ça donne très envie de faire comme eux !

D’après les derniers chiffres 2017 publiés par la DGOS, il existe 910 maisons de santé (MSP) et 1933 centres de santé dont 350 pluriprofessionnels. Les Agences régionales de santé (ARS) en décomptent plus de 1 000.
Le nombre des MSP croît rapidement en raison surtout de l’augmentation du taux de regroupement des plus jeunes. Les médecins généralistes de moins de 40 ans en secteur 1 sont plus des trois quarts à exercer dans un cabinet de groupe ! Alors que leurs confrères de 60 ans ou plus, sont moins de la moitié à exercer « en groupe », ce qui dans cette génération signifie surtout des cabinets de deux ou trois médecins maximum… Cet effet générationnel est encore plus marqué chez les spécialistes qui doivent investir dans des équipements techniques de plus en plus coûteux et qui se regroupent donc au sein de sociétés civiles de moyens pour faciliter leur installation et le fonctionnement du cabinet. En fait, les jeunes médecins ne veulent plus être isolés dans leur pratique. Qu’ils aient l’esprit entrepreneurial ou pas, ils sont assez favorables au développement des formes d’exercice pluriprofessionnel. Secrétariat sur place, consultations uniquement sur rendez-vous, partage des dossiers patients entre professionnels de santé… De nombreux paramètres expliquent la grande efficacité du travail dans ces structures ! Peu de temps après le lancement des structures d’exercice en groupe, une enquête de l’ORS des Pays de Loire* montrait qu’avec moins de demi-journées de consultation qu’un médecin installé en solo, le volume d’actes réalisé à la fin de la semaine est équivalent, soit 112 actes en moyenne par semaine. Les médecins en groupe déclarent avoir travaillé 55 heures en moyenne la semaine précédente contre 60 heures pour les médecins seuls. Le temps de consultation est identique : 15 minutes en moyenne. La grande majorité des médecins en groupe (85 %) arrive à prendre au moins cinq semaines de vacances par an. Les remplaçants sont plus enclins à venir travailler dans une structure où ils ne seront pas seuls ! Enfin, les maîtres de stages sont deux fois plus nombreux parmi les médecins en groupe. Un état des lieux que l’on retrouve aujourd’hui.

Flavie Thomas, 35 ans, infirmière à la maison de santé de Montval-sur-Loire (Sarthe)

« En 2012, après cinq ans à l’hôpital du Mans et deux ans en Ehpad, j’ai commencé à remplacer au sein d’un cabinet d’infirmières libérales. Nous avions des locaux séparés avec les médecins généralistes. Depuis septembre dernier, nous sommes tous réunis dans des locaux communs : 7 infirmières et une remplaçante, 7 médecins généralistes, 5 kinés, 2 orthophonistes, 2 podologues, et un bureau polyvalent (diététicienne, orthoptistes, etc…). Je travaille l’équivalent de trois jours par semaine, et pour moi c’est l’idéal avec des enfants en bas âge. Pour rien au monde je ne retournerai à l’hôpital ! Je peux organiser mes demi-journées comme je veux, en fonction de mes visites. Le rythme est soutenu : entre 6h30 et 13h, j’enchaîne en général entre 35 et 40 visites à domicile par matinée. Et nous avons deux petites permanences d’une heure au cabinet le midi et en soirée, pour les pansements, etc…J’apprécie de travailler beaucoup en extérieur. Je me retrouve parfois seule face à une situation délicate. Mais le midi, on se retrouve tous à la maison de santé et on peut échanger sur les cas plus complexes. Pour les vacances, tout le monde donne ses souhaits en novembre et on s’organise, avec quelques concessions si nécessaire. Ce qui est compliqué pour le moment est la mise en place du système informatisé : le logiciel qui a été choisi, « Chorus », ne convient pas tellement aux infirmières, notamment au niveau de la facturation. On se réunit mardi prochain pour faire le point. »

Nathalie Charbonnier, 38 ans, sage-femme à la MSP des Allées, Corbeil-Essonnes


« Après plusieurs années à l’hôpital, j’ai démarré en juillet 2012 une double activité en ouvrant un cabinet libéral et en conservant mon activité à l’hôpital. Travailler seule était pour moi inimaginable et nous nous sommes rapidement retrouvés deux puis trois dans ce petit cabinet. Mais la loi Accessibilité handicapés imposait une mise aux normes impossible dans ce local… A plusieurs, nous avons cherché un local adapté et avons décidé de monter une véritable maison de santé pluriprofessionnelle. Nous avons ouvert en 2014 et immédiatement réalisé à quel point la demande était énorme du côté des patients. Avant nous, il n’y avait qu’une seule sage-femme libérale à Corbeil-Essonnes ! Aujourd’hui, nous sommes plus de trente dans une structure de 900 m2 : 10 sages-femmes, 3 médecins généralistes, 2 pédiatres, 1 psychologue, 2 ostéopathes, 4 infirmières, 5 kinés, 1 pédicure, 4 orthophonistes, 1 dermato et 2 pharmaciens sont signataires. Les avantages sont très nombreux : on rompt l’isolement professionnel, on a des facilités d’organisation, on ne s’inquiète pas pour nos patients pendant nos jours de congé, on a un secrétariat sur place, etc. Je travaille en moyenne 14 jours par mois à la MSP, mais j’ai de nombreuses activités bénévoles (association pluriprofessionnelle, plate-forme de soins, etc.) et syndicales par ailleurs (URPS sages-femmes IDF).

Dr Loïc Portal, 28 ans, MSP de Sore (Landes)

« J’ai rejoint la structure il y a tout juste deux mois. Il manquait ici un médecin généraliste pour avoir le statut de MSP, mais cette maison de santé était ouverte depuis un an et demi. Je savais assez tôt que je voulais faire de la médecine générale en campagne et j’avais signé pendant mes études le contrat d’engagement au service public (CESP), en contrepartie du versement d’une rémunération autour de 1 000 euros par mois pendant cinq ans.
Nous sommes 2 médecins généralistes, 2 infirmières, 1 kiné et 1 podologue. Avant, je n’ai pas eu le temps de faire tant de remplas, mais je suis quand même resté 6 à 7 mois à la MSP de Labrit, où j’ai eu beaucoup de chance de rencontrer le Dr Passerieux. Comme il a monté cette MSP et est membre de la Fédération des MSP, il m’a donné énormément d’informations sur ces structures. Avant de le rencontrer, je n’avais jamais entendu parler des SISA (Sociétés interprofessionnelles de soins ambulatoires) ! Certes, cela représente un certain nombre de contraintes administratives de monter une SISA, faire des réunions pour les cas complexes. Mais c’est un gain de temps pour la prise en charge des patients pour la suite. Pour le moment, je travaille quatre jours et demi par semaine, de 8h30 à 19h30. Je peux m’organiser avec l’autre médecin pour partir en vacances. »

Bon à savoir :
Les rencontres nationales de la FFMPS* à Nantes le 9 et 10 mars 2018 seront l’occasion de réaffirmer le rôle des équipes de soins primaires et des maisons de santé dans l’accès territorial à la santé.

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  • Sophie Cousin
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