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Garde aux gardes

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Les gardes font partie du quotidien de milliers de médecins en France et à travers le monde. Leur impact sur la santé est de plus en plus étudié. Pourtant peu d’efforts sont faits pour améliorer les conditions de travail des soignants. Remede.org fait le point sur les effets néfastes parfois méconnus de ces nuits de gardes et vous prodigue quelques conseils pour les atténuer.

Baisse de la concentration
Les nuits de gardes perturbent l’organisme, des horaires « contre nature » qui peuvent à terme avoir des conséquences inattendues. La vitesse de réaction, la mémoire et le raisonnement sont particulièrement touchés, ce qui peut avoir des conséquences notables pour le patient. Une étude menée en 2015 par la Société réanimation en langue française (SRLF) a démontré que certaines aptitudes étaient dégradées après une nuit de travail à l’hôpital. L’attention était diminuée, tout comme la mémoire de travail et le raisonnement perceptif (capacité à trouver des solutions selon la situation). Des résultats qui ne varient pas en fonction de l’âge du médecin, ni de son expérience professionnelle ou de la charge de travail durant sa garde.

Garde et cancer du sein
Plus inquiétant encore, de nombreuses pathologies ont été reliées aux nuits de travail. Plusieurs études, avec des niveaux de certitudes plus ou moins importants, ont fait le lien entre nuit de garde et diabète, obésité, infarctus, dépression et même cancer du sein. Une préoccupation qui prend de plus en plus de place, l’Ajar (Association des jeunes anesthésistes-réanimateurs) présentera en congrès cette année, une étude innovante sur la quantité de sommeil et l’activité physique chez les internes en anesthésie et réanimation, montrant une importante privation de sommeil en période de gardes.

Un médecin meurt chaque année sur la route en rentrant de garde

Attention en rentrant à la maison
L’association des anesthésistes de Grande-Bretagne et d’Irlande et le National Health Service ont montré que plus de la moitié des médecins ont eu, ou ont évité de peu, un accident sur le chemin du retour. En moyenne, un médecin meurt chaque année sur la route en rentrant de garde en Grande-Bretagne. Peu de chiffres en France sur ce phénomène, mais beaucoup ont expérimenté ces difficultés en sortant de l’hôpital.

Conséquences sur le patient
Tout le personnel soignant l’a déjà expérimenté : la nuit est le moment où il se produit le plus d’erreurs. Le sous-effectif et le manque d’attention font augmenter ce risque. Ces chiffres sont d’autant plus importants à la suite des gardes de 24 ou 26 h qui se pratiquent encore dans notre pays. Les conséquences sont surtout dangereuses dans les services d’anesthésie et de réanimation. Dans ces services, les patients y sont critiques, et chaque décision peut être lourde de conséquences. Des spécialités ou les erreurs liées à la fatigue sont bien documentées depuis les années quatre-vingt-dix. Erreur de dosage, de diagnostic aux urgences, fautes techniques sont de grandes sources de iatrogénie. Les pilotes, les chauffeurs routiers ne sont pas autorisés à travailler plus de 13 à 14 h d’affilé, alors pourquoi en serait-il différent pour les médecins ?

La iatrogénie concerne aussi des domaines insoupçonnés. Une étude américaine de l’université de Pennsylvanie a démontré que les soignants se montreraient beaucoup moins consciencieux concernant l’hygiène des mains. Si l’on en croit les résultats de l’étude, le taux moyen de respect des règles d’hygiène des mains passerait de 45,6 % à la première heure de garde à 34,8 % en fin de journée, soit une chute de presque 11 points sur une journée de travail. Les auteurs démontrent à nouveau l’affaiblissement cognitif qui touche les soignants pendant la nuit. Les conséquences de ce manque d’hygiène des mains seraient non négligeables, en termes de consommation d’antibiotique, voire de mortalité.

"Une erreur faite par un médecin épuisé reste une erreur"

Les conseils
Si quelque chose se passe mal sur une garde, la fatigue n’est pas une excuse. Et une erreur faite par un médecin épuisé reste une erreur, et sera jugée comme telle devant un tribunal. Il est donc essentiel d’arriver en garde préparé pour minimiser les risques pour soi et pour ses patients. Des conseils de bon sens sont toujours les bienvenus. Donc si possible, faire une sieste dans la journée, avoir un excellent rythme de sommeil les jours précédant la garde, éviter le café du matin, manger léger et bien sûr privilégier les transports en commun pour rentrer. Des conseils qui ne sont pas toujours faciles à appliquer. Vous pouvez retrouver tous les conseils sur l’infographie que Remede.org vous propose sur la page Facebook.

Il est donc essentiel de revoir la façon dont les nuits de garde sont organisées. Aujourd’hui le repos de sécurité est la norme, mais ce n’est pas suffisant. Les gardes de 24 heures devraient être bannies, et l’optimisation du temps de travail privilégiée. La santé physique et mentale en dépend, tout comme le soin prodigué au patient.

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  • Idris Amrouche
  • Rédacteur remede.org
  • amrouche.idris@gmail.com
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