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Fin des ECN : entrée en vigueur en 2019

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Le congrès de l’ANEMF, le 5 juillet dernier, a été l’occasion pour les ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur d’annoncer la fin des Epreuves classantes nationales (ECN) à partir de 2019 pour les étudiants entrants en 4e année. Le point sur les nouvelles modalités d’évaluation.

L’annonce était attendue. Elle avait fait l’objet de longues discussions entre les ministères concernés, la Conférence des doyens de médecine et les représentants des étudiants. La suppression a été très clairement justifiée par le ministère de la Santé : « La procédure des ECN est jugée rigide et inadaptée aux enjeux de la formation des médecins : l’objectif des étudiants et des formateurs n’est plus de former les étudiants à l’exercice de la médecine ou des fonctions d’interne, mais à obtenir de bons résultats aux ECN. »
Interrogé par Remede.org en août 2017 (1), le Pr Dubois-Randé, précédent président de la Conférence des Doyens, aux manettes de la vaste réforme des études de santé, réclamait déjà cette suppression : « Il faut sortir du « tout ECN » classant - qui crée un bachotage entre étudiants - en revalorisant les stages et les compétences, qui seront évaluées pour tous les étudiants y compris ceux souhaitant entrer dans le système de soin français. Aujourd’hui encore, trop d’enseignants sont focalisés sur l’acquisition des connaissances et non pas des compétences. Les services qui n’évolueront pas dans la bonne direction n’auront plus d’étudiants. Je remettrai un rapport en ce sens avant la fin de l’année. »

Quelle évaluation à la place ?
A la rentrée 2019, les étudiants de 4e année seront ainsi les premiers à voir leur deuxième cycle évalué sur la nouvelle base suivante :
-  maintien d’une épreuve d’évaluation théorique recentrée sur des connaissances clés en fin de 5e année (validation des acquis fondamentaux) et utilisant « les nouvelles technologies éducatives » ;
-  compétences cliniques et relationnelles : en fin de 6e année, les compétences cliniques et relationnelles des étudiants seront prises en compte pour l’orientation vers les spécialités, avec notamment une épreuve utilisant la simulation ;
-  prise en compte du parcours de l’étudiant, selon des modalités qui restent à définir. Les double-cursus, l’implication dans le tutorat, une mobilité internationale ou un master pourraient par exemple être pris en compte dans ce volet de l’évaluation.
Par exemple, un étudiant certain de vouloir exercer une spécialité chirurgicale, et ayant une activité d’aide-opératoire en parallèle de ses études, n’aura plus à craindre d’être pénalisé pour son classement aux ECN. Au contraire, cette activité professionnelle complémentaire sera valorisée dans le cadre de cette réforme.

Quel accompagnement des étudiants ?
Pour préparer les étudiants à ces nouvelles modalités d’évaluation, voici les aménagements prévus lors du cursus :
-  renforcer l’encadrement et l’évaluation en stage ;
-  consacrer la 6e année à des stages professionnalisants, pour aider l’étudiant à préciser son projet professionnel, avec pour objectif de « découvrir vraiment ce que sont les différentes spécialités ».
Les modalités d’application seront précisées, notamment pour :
-  identifier les connaissances socles qui doivent être évaluées et maîtrisées en vue de la pertinence des épreuves ;
-  standardiser des méthodes d’évaluation des compétences, notamment en simulation ;
-  définir les critères permettant de tenir compte des parcours personnalisés.
Au total, si les grandes lignes sont définies, un grand flou plane encore concernant la part de chacun de ces trois volets d’évaluation dans le classement final et les critères qui seront adoptés.

Les autres axes de la réforme des études de santé
Cette suppression des ECN est l’un des volets d’une réforme globale des études de santé, qui concerne également la PACES et le numerus clausus et a déjà modifié le 3e cycle avec la mise en place d’un certain nombre de nouveaux DES (un DES=une spécialité). Concernant le numerus clausus, prochain dossier brûlant, le Pr Dubois-Randé déclarait en août 2017 : « Notre système est très rigide et ne s’adapte pas à la pluralité des exercices médicaux actuels. Il y a des médecins qui veulent être ingénieurs, chercheurs, faire des parcours administratifs, etc. Il est urgent de valoriser les doubles parcours. Je travaille activement sur ce point. La Conférence des doyens propose que, dans chaque région, les besoins en étudiants en santé soient évalués par les ARS, les conseils de l’Ordre et les ONDPS. S’il faut 50 ophtalmologues supplémentaires dans telle région, il faut les former. »

Sophie Cousin

Pour en savoir plus :
(1) : http://www.remede.org/documents/il-est-urgent-de-revaloriser-les-competences-des-etudiants-en-sante.html
-  https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/180705_-_dp_-_etudes_medicales_renovees.pdf

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