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Etudes de médecine au Canada (Montréal)

Phase I : l’admission.

Terrible étape qui fait frémir les plus crâneurs. Le processus d’admission se base sur deux standards : les notes et l’entrevue. En ce qui concerne les notes, l’Université considère les cotes R (cote d’un étudiant calculée selon ses moyennes, ses écarts à la moyenne de classe et un facteur de classe calculé d’après les moyennes au secondaire des étudiants qui la composent. Si tu es dans un groupe fort, ta cote R sera augmentée pour tenir compte du fait qu’il est difficile de se démarquer de la moyenne). Pour entrer en médecine à partir du cégep (collège d’éducation générale et professionnelle, existe seulement au Québec, le système anglo est très différent), il faut faire soit

-  Un bacc international en sciences pures ou sciences santé
-  Un programme intégré (comporte des Arts et des Sciences Humaines)
-  Un Diplôme d’études collégiales en sciences

Bref, si on a la cote R requise, on arrive à l’effrayante entrevue. Il y a une entrevue de groupe où 2 examinateurs posent des questions et observent le comportement des candidats au sein d’un groupe de discussion.

Puis l’entrevue individuelle permet d’évaluer la personnalité de l’individu et de se renseigner sur ses réalisations para-scolaires et ses principales qualités. Le jugement, la maturité, la motivation sont évalués. On prend compte également des capacités d’adaptation, de leadership, d’autonomie de l’étudiant.

Classement final : 50% cote R, 50% entrevue, mais un candidat peut-être exclu uniquement sur la base de l’entrevue, même si théoriquement son score final lui permettrait de rentrer. Ceci vise à écarter du programme les obsessifs-compulsifs qui obtiennent leurs notes au sacrifice de leur vie.

Bref : Médecine est un programme très contingenté. 90 personnes sont admises par année sur 800 demandes. Cependant, une fois admis, 99% des étudiants obtiennent leur diplôme.

Phase II : L’année préparatoire

Cette année contient des cours magistraux : physio, pharmaco, anato, biochimie, nutrition, socio, philo, psycho, biostatistiques, histologie.

Elle vise à mettre les étudiants venus du cégep au même niveau que leur collègues universitaires entrant directement en 1ère année (voir plus loin).

La somme de travail de cette année est énorme. Beaucoup de détails, beaucoup de matière, et une vie de groupe assez demandante, avec moult partys, activités etc. C’est l’adaptation à l’université et au milieu. Plusieurs se plaignent de l’abondance de détails inutiles appris, mais tout de même, plusieurs cours sont essentiels.

Phase III : La première année

La classe acueille à peu près 50 étudiants venant de bacs universitaires connexes : physiothérapie, pharmacie, optométrie, sc. Infirmières, ergothérapie, biologie, biochimie. Ces personnes ont des profils différents et parfois déficients (ex : un ergo n’aura jamais fait de pharmacologie alors qu’un pharmacien ne saura rien de l’anatomie).

La technique pédagogique utilisée en 1ère et 2e année est le très glorieux APP, ou apprentissage par problème.

Au lieu d’avoir des cours magistraux, les étudiants sont divisés en groupes de 8, sous la supervision d’un tuteur (un médecin). Exemple :

Lundi matin : problème No1 de gastrologie, le cas de Mme X qui présente pour douleur abdominale avec selles sanglantes. On donne ses résultats de labo, des radiographies. Les étudiants discutent du cas, formulent des hypothèses pour expliquer ses symptômes, sans savoir de quoi il s’agit réellement. On s’embrouille, on bafouille, on tente de trouver quelque chose d’intelligent à dire. À la fin de la séance, on fixe des objectifs d’apprentissage, des sujets de lecture. Les étudiants rentrent chez eux pour étudier.

Jeudi matin, retour : on discute de ce qu’on a lu, on vérifie nos hypothèse, on résume la matière apprise. Et on commence un 2e problème. Le tuteur oriente la discussion, pose des questions, éclaircit les points obscurs. Chaque cours regroupe +/- 8 problèmes, selon un système (cardio, pneumo, gastro, psy, patho, locomoteur, endocrino, hémato, néphro...). Il y a un examen partiel et un final par cours. Une fois le final passé, on enchaîne avec un autre système. Aussi, on se concentre sur un système à la fois.

En plus de cela, il y a un cours magistral par semaine sur le système à l’étude qui apporte de la nouvelle matière ou résume des points déjà vus.

Une journée par semaine est passée à l’hôpital, en groupes de 4 sous la supervision d’un moniteur, pour apprendre les rudiments de l’histoire de cas et de l’examen physique. Des notions d’éthique sont étudiées. On aborde des sujets comme la multi-ethnicité, l’annonce d’une mauvaise nouvelle, le patient mourant, le patient âgé, les relations médecin-patient, le certificat de décès etc. Ce cours (Initiation à la médecine clinique et au diagnostic clinique) est évalué par un examen pratique avec de faux patients.

Parfois, un petit cours se greffe à l’horaire : histoire de la médecine, épidémiologie.

De plus, tous les étudiants doivent choisir deux cours à option, dont un peut être choisi n’importe où dans l’université, pas forcément en médecine. L’autre doit être d’orientation médicale : travaux cliniques, de recherche, médecine légale, médecine hyperbare, médecine de réadaptation sont quelques exemples de cours offerts par la Faculté.

Phase IV : Les stages d’externat

Durant deux ans, les pauvres étudiants en médecine passent pour des cons et sont sous le joug de résidents et de patrons plus ou moins sadiques(d’accord, je pousse un peu mais tout de même). L’externat I se compose surtout de stages obligatoires : pédiatrie, psy, gynéco-obstétrique, chirurgie, médecine interne. L’externat II comporte plusieurs stages à option qui devraient permettre à l’étudiant de faire son choix de résidence.

L’externat I est sans contredit une étape dans la vie de l’étudiant en médecine. L’horaire est de 80-90h semaine, les responsabilités sont lourdes, la vie sociale tombe à zéro et les gardes de 24h sont épuisantes. Une fois cette période difficile traversée, l’externat II offre des horaires moins chargés et plus de sérénité.

Phase V : L’examen final

L’examen du LMCC, Collège Royal du Canada, permet à celui qui le passe de pratiquer la médecine au Canada. L’étudiant aura fait son choix de résidence en janvier, aura passé des entrevues. Le score obtenu au LMCC ne compte pas dans la sélection.

Phase VI : La résidence

Tous les étudiants en médecine du Québec ont une place garantie en médecine familiale quelque part. Aussi, zéro chômage. Les résidents sont payés 30 000$can par année (cela augmente avec les années).

Le coût de ces merveilleuses études ? Assez peu, finalement. À peu près 3 000$ par année. Les livres sont en sus, et peuvent atteindre 1000$ par année. Il faut aussi acheter des instruments médicaux.

Et voilà pour notre programme. Ceci dit, 4 universités enseignent la médecine au Québec :

-  Université de Montréal
-  Université McGill
-  Université de Sherbrooke
-  Université Laval (ville de Québec)

Elles n’ont pas toutes le même programme ni les mêmes standards d’entrée.

Sherbrooke fait un programme en 4 ans et accepte surtout des cégépiens.

McGill fait très peu d’APP et favorise l’entrée des universitaires et la recherche.

Laval a un programme semblable à celui de Montréal.

La formation donnée à l’UdeM est très reconnue. Nos étudiants se classent toujours premiers ou deuxièmes à l’examend du LMCC. Le système par APP est une innovation intéressante, qui favorise la responsabilisation de l’étudiant, le travail de groupe, le développement du raisonnement clinique. Le cours d’IMC permet à l’étudiant de se familiariser avec le milieu hospitalier avant l’externat.

Elizabeth Leroux
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