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La 1ère Communauté Médicale
médecine - pharmacie - odontologie - maieutique

Dossier n°2 - 2005 - Zone Sud

ÉNONCÉ ET QUESTIONS

Une femme de 30 ans, enceinte de 7 mois, consulte pour des douleurs lombaires et une fièvre à 39°C. Elle ne se plaint pas de douleurs mictionnelles. Un ECBU est pratiqué dont voici les résultats :
-  Aspect des urines : trouble
-  Hématies : 20 000/mL
-  Leucocytes : 350 000/mL
-  Bactéries : > 106 UFC/mL - Escherichia coli.

Des hémocultures et une numération formule sanguine sont réalisées.
-  Les résultats de l’hémogramme sont les suivants :
Sg Érythrocytes : 4,5 T/L
Sg Leucocytes : 15 G/L
Sg Thrombocytes : 250 G/L
Sg Hémoglobine : 125 g/L
Sg Hématocrite : 0,42
Formule leucocytaire :
-  Polynucléaires neutrophiles : 0,75
-  Polynucléaires éosinophiles : 0,02
-  Polynucléaires basophiles : < 0,01
-  Lymphocytes : 0,21
-  Monocytes : 0,02

-  Hémocultures positives : Escherichia coli

QUESTION N°1 : Quel diagnostic pouvez-vous évoquer ? Quels sont les critères cliniques et biologiques caractéristiques ?

RÉPONSE N° 1 :
-  On peut évoquer une pyélonéphrite
Signes cliniques : fièvre et douleurs lombaires
-  Critères biologiques : leucocyturie > 10000 mL ; Bactériurie > ou = à 105 UFC/mL ;
présence de E. coli dans l’urine et dans le sang ;
hyperleucocytose avec augmentation des polynucléaires neutrophiles.

QUESTION N°2 : Quelles sont la nature et la durée du traitement préconisé ? Préciser les critères de choix et les contre-indications.

RÉPONSE N° 2 :
Infection haute avec atteinte du parenchyme rénal d’où traitement long de 15 jours au moins, IV en début de traitement puis relais possible per os (en fonction des signes de gravité). Antibiotique actif sur le germe et à élimination urinaire.
Fluoroquinolones, cotrimoxazole contre-indiqués car femme enceinte. Choix possible des céphalosporines de 3ème génération (céfotaxime, ceftriaxone).
Eventuellement amoxicilline en fonction des résultats de l’antibiogramme, ce qui autorise un relais per os.
Les aminosides, utilisables en association avec un autre antibiotique, doivent être réservés aux cas sévères.

QUESTION N°3 : Quels examens bactériologiques sont nécessaires et confirmeront l’efficacité du traitement instauré en première intention ?

RÉPONSE N° 3 : Antibiogramme.
ECBU de contrôle 48-72 h après le début du traitement et après l’arrêt du traitement

QUESTION N°4 : Etant donné le stade de la grossesse, une recherche d’Ag HBs est demandée qui se révèle positive. Interpréter ce résultat. Quelle attitude pratique faut-il adopter pour l’enfant et pour la mère ?

RÉPONSE N° 4 :
L’Ag HBs signe une infection actuelle aiguë ou chronique à virus de l’hépatite B. Étant donné le risque élevé de contamination de l’enfant à la naissance, des mesures préventives doivent absolument être mises en place dans les 12 heures suivant la naissance (immunoglobulines humaines anti-hépatite B (IM) et vaccination anti-VHB simultanée). L’allaitement sera proscrit.
-  Pour la mère, il faudra déterminer le stade évolutif de l’hépatite B par la recherche d’autres marqueurs viraux :
-  Anticorps anti-HBc (lgM et IgG)
-  ADN viral (quantification) En cas d’hépatite chronique, un traitement antiviral pourra être initié après l’accouchement (en fonction des résultats de la ponction biopsie hépatique).

QUESTION N°5 : Après l’accouchement, le bilan biologique de la mère justifie l’administration d’interféron alpha (lNTRONA®),
Préciser les modalités d’administration et les principaux effets indésirables.

RÉPONSE N° 5 :
Administration par voie sous-cutanée ou intramusculaire, (4 à 6 mois en moyenne)
Effets indésirables très nombreux dont :
-  Asthénie, fièvre, myalgies (syndrome pseudogrippal)
-  Troubles du SNC, dont syndrome dépressif
-  Troubles gastro-intestinaux

QUESTION N°6 : Décrire les différentes possibilités d’évolution de l’infection par le virus de l’hépatite B après une contamination.

RÉPONSE N° 6 :
-  Infection aiguë : asymptomatique dans 90 % des cas, symptomatique dans 10 % des cas.
-  Evolution de l’infection aiguë : guérison dans 90 % des cas, hépatite chronique dans 10 % des cas, hépatite fulminante dans moins de 1 % des cas.
-  Evolution de l’infection chronique : cirrhose dans 10 % des cas, cancer primitif du foie.


Mis en ligne le 28 janvier 2013

Sources :
Documents antérieurs à 2009 : fichiers circulants entre les étudiants en pharmacie. Source exacte de la correction inconnue (présumée émanant du CNCI).
Documents à partir de 2009 inclus : site web du CNCI.
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