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Devenir médecin : le doc des docs à voir de toute urgence

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Deux étudiants en 4eme année de médecine soutenus par deux internes découvrent avec un regard frais et une vocation intacte le monde « merveilleux » de l’hôpital. En avant-première, remede.org a pu visionner leurs différents parcours avec les réalisateurs Bruno Joucla et Nicolas Frank qui les ont suivis plus de cinq mois. Ils ont été frappés par le retour à l’humanisme médical de ces jeunes qui portent haut les valeurs de la médecine. Devenir médecin, à découvrir demain mardi 14 mars sur France 2 à 22h40.

L’ascenseur ne fonctionne pas. Cette première image n’est en aucun cas un plan cinématographique mais la réalité du début de tournage. Bienvenue à l’hôpital semblent se dire les protagonistes du documentaire. Cette anecdote les plonge directement dans les réalités matérielles d’un établissement hospitalier comparable à une ville. Mais passée cette première porte, c’est bien dans l’univers du soin, du contact avec le patient et les équipes médicales que Nina, Yassine, Elise et Joan vont découvrir que tout ce qu’ils ont appris dans les livres sur les bancs de l’université sont peu de chose lorsqu’ils se retrouvent pour la première fois confrontés aux patients.
Leur savoir universitaire, leurs convictions, leurs grand idéaux sont vite bouleversés par les doutes, les craintes. Les années d’externat ne sont pas une sinécure. La quatrième année détermine souvent la volonté de poursuivre ou surtout de tenir dans ce choix de ce "métier éreintant que l’on ne peut pratiquer que si on l’ aime plus que tout" témoignent-ils unanimement.
Le compagnonnage des internes est aussi déterminant pour les encourager dans leur voie.


Infrarouge : devenir médecin

Quelle est la genèse de ce documentaire et le choix de suivre des quatrièmes années et des internes ?

Bruno Joucla : La quatrième année est celle où les étudiants en médecine découvrent l’université de la vie et non plus celle des amphis. Et ils n’y sont pas préparés même si des enseignements de philosophie et d’éthique du soin commencent à se développer dans les facultés de médecine. A l’instar de celui de Céline Lefève, Maître de conférences à l’université Paris René Diderot et Responsable du Programme USPC La Personne en médecine et du site USPC Humanités médicales.
Elle propose approche philosophique du soin. Les sciences humaines dans les études médicales permettent de prendre le patient dans sa globalité sur le plan médical aussi bien que dans son mode de vie afin de poser un meilleur diagnostic. Jadis on mentait au patient, aujourd’hui les professionnels de santé commencent à se sensibiliser et à s’adapter à l’état émotionnel du malade. "Les euphémismes aliment l’angoisse et l’inquiétude" comme témoignent les voix off de nos futurs toubibs.


Comment ont été choisi les quatre étudiants ?

Justement au sein de ce cours d’éthique ! Beaucoup d’étudiants se posaient de nombreuses d’ interrogations tant sur l’organisation, les pratiques que le sens du soin. Certains mesuraient les difficultés non pas d’un diagnostic, mais de l’annonce de celui. Certains encore n’avaient jamais été confrontés en direct avec la mort. Peurs, doutes, souffrances, ressenti face à la mort sont des émotions que l’on ne partage guère dans l’univers des soignants. Certains d’eux s’impliquaient dans ce cours et conscients des épreuves à venir ont souhaité témoigner.

Elise est externe en maladies infectieuses à St-Louis (Paris) en couple avec Joan, interne en septième année de médecine dans un hôpital à la périphérie de Nantes. Nina est elle aussi comme Elise en quatrième année ; elle a choisi comme premier stage, le service de réanimation à l’hôpital Lariboisière, son ami Yassine est interne en chirurgie.
Au début, je voulais tourner avec une bande d’amis mais finalement, ce « casting » authentique reflète aussi le lien social entre médecins. Pas de temps pour une vie sociale en début de parcours alors qui d’autre qu’un étudiant en médecine peut comprendre « ce stress permanent, on est rongé de l’intérieur par l’angoisse. Il est impossible d’exercer ce métier sans l’aimer. Il est indispensable de décompresser de ne pas tout garder pour soi » martèlent nos futurs toubibs. Mais dans leur vie quotidienne pas plus de place à la fiesta qu’en en salle de garde…qui ressemble plus à une salle de « déchoquage ».


Les caméras à l’hôpital ne sont pas les bienvenues en ce moment. Comment s’est déroulé ce tournage ?

Un hôpital est une véritable ville, il faut solliciter autorisations sur autorisations pour le moindre entretien ou la plus simple prise de vue. Nous avons pu entrer au bloc, filmer la fameuse réunion du vendredi qui génère traditionnellement l’angoisse d’être sur la sellete pour les étudiants réunis autour du grand patron.
L’important était de trouver la juste distance afin de ne pas être intrusif dans le travail des équipes ou le regard des patients. Nous avons été constamment portés dans notre tournage par des personnes bienveillantes. Certes, nous ne menions pas une enquête sur les médecins mais notre objectif n’était pas non plus de valoriser une profession. Nous avons juste filmé ce colloque singulier entre le patient et son soignant et la relation des jeunes avec les aînés qui les forment.


A l’heure où l’on parle du malaise à l’hôpital, des suicides, des comportements à risque des étudiants, vous n’abordez pas ces sujets ?

Ces thèmes sont sous-jacents dans les réflexions et les contraintes rencontrées par ces futurs médecins. Ils sentent bien que certaines questions humaines peuvent être occultées faute de temps et d’organisation. Ils prennent vite conscience de la pression des tutelles administratives qui contraignent les services à faire du chiffre. De l’impossibilité d’instaurer un véritable repos de sécurité pour des chirurgiens qui tournent entre les gardes et le bloc. Le propos de notre démarche est de les montrer dans leur exercice quotidien, dans leur apprentissage et non pas de dresser un état des lieux de l’institution hospitalière.

Quand l’idéal des vocations se heurte à la réalité du métier, le mot blindage ne risque-t ’il pas de supplanter l’empathie et l’humanisme ?

Entre étude et stages éreintants, ils gardent encore l’idéal du métier. « Malgré des gardes éprouvantes qui nous poussent jusqu’à nos limites ; nous ne sommes jamais jusqu’au bout de nos connaissances ni de surprises  » reconnaissent-ils pourtant. La peur de se blinder ou de s’enfermer dans un formatage les tenaille. Ils sont bien conscients que leur profession compte parmi les plus à risques sur le plan psychologique. Usage de drogues, d’alcool, abus de médicaments et substances dopantes pour résister au stress font malheureusement partie de l’arsenal thérapeutique personnel de nombreux soignants. L’exercice médical peut fragiliser certain. Il faut un équilibre psychique et une stabilité émotionnelle de tous les instants pour affronter la douleur, la souffrance et la mort. "En réa,j’ai toujours peur de finir par trouver cela normal qu’une personne meurt en face de moi" explique Nina. Entre frustration, espoir de la théorie à la pratique on n’est pas préparé à la mort puis l’on s’y habitude en la désacralisant.
La prise de recul grâce à la philosophie peut également rassurer. Kant n’ affirmait il pas que « le bon médecin est un funambule » ?

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  • Anne Marie DE RUBIANA
  • Rédactrice en chef de Remede.org
  • amderubiana@remede.org
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