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Combats d'experts à la barre après une opération mortelle

Deux chirurgiens lorrains mis en examen pour homicide involontaire suite au décès d’un jeune garçon après des complications lors d’une appendicectomie par coelioscopie. Manque à l’obligation de prudence, faute grave ou erreur médicale. Les débats entre experts ne font que commencer. Affaire à suivre.

Les Drs Salah Benlahrir et Pierre-Noël Chipponi, chirurgiens dans une clinique lorraine, ont été mis en examen par le juge d’instruction du tribunal de grande instance de Metz suite au décès en 2014 d’un jeune garçon.

Ils sont mis en examen pour "homicide involontaire par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence".

Le jeune garçon était décédé des suites d’une hémorragie après que son aorte avait été percée par un instrument de coelioscopie, selon les rapports d’expertise commandités par le juge d’instruction et par l’agence régionale de santé (ARS) Lorraine. Un second chirurgien appelé en urgence avait échoué à suturer l’aorte.

Sanction disciplinaire

Les deux chirurgiens de Metz avaient été suspendus par la chambre disciplinaire de l’ordre des médecins de Lorraine en février 2016 pour des durées respectives de trois ans et de deux ans dont un avec sursis . Les deux médecins avaient fait appel de cette décision .
Le Dr Salah Benlahrir, le chirurgien qui avait opéré le jeune Corentin Jeras, a été entendu par le juge d’instruction Jean-Marie Caronna lundi et mis en examen pour homicide involontaire, a annoncé mardi l’Est Républicain.
Son avocat, Me Joseph Roth, rapporte au quotidien que son client a expliqué au juge qu’il "fallait bien, selon lui, opérer Corentin qui souffrait d’une appendicite chronique". Ce diagnostic a toutefois été contesté par les experts judiciaires.

Vers une requalification des faits

Le médecin aurait également expliqué que le décès de l’enfant avait été causé par "l’incapacité à juguler l’hémorragie", selon le journal.
Entendu mardi par le juge, le Dr Chipponi, qui avait été appelé en renfort et n’avait pas pu suturer l’aorte, a également été mis en examen, a annoncé mercredi la presse locale.
Me Roth a également pointé le délai avant la laparoscopie d’urgence. "Mon client a demandé rapidement à ouvrir le patient mais les anesthésistes présents au bloc l’en ont dissuadé", craignant une embolie gazeuse ou un choc anaphylactique. Le rapport de l’ARS soulignait aussi un retard lié à "des interactions délétères entre l’équipe chirurgicale et l’équipe d’anesthésie".
Le rapport de l’ARS notait également que le second chirurgien, après n’avoir pas réussi à suturer l’aorte, aurait refusé de passer la main, contre l’avis de tout le bloc, à un chirurgien plus spécialisé.

Source :www.apmnews.com

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