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Assistant médical : le refus des contreparties productivistes

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Clash aux négociations conventionnelles jeudi dernier ! Ni les syndicats de jeunes médecins ni les syndicats « historiques » n’approuvent les objectifs de rentabilité du cabinet que l’assurance maladie tente d’imposer en contrepartie du déploiement de ce nouveau métier. Le point.

Jeudi 7 février : lors de l’une des réunions dédiées à la création du nouveau statut/métier d’assistant médical, les syndicats ont quitté la table des négociations. Motif du clash : l’assurance maladie prévoyait d’assortir les créations de postes d’assistant médical dans les cabinets de contreparties clairement liées à la productivité du cabinet, en l’occurrence 6 consultations par heure pour le médecin et 12 patients vus par heure par l’assistant médical. Les syndicats signataires mais aussi les syndicats de jeunes médecins reconnus pour leur représentativité et autorisés à participer aux négociations conventionnelles en tant qu’observateurs ont rejeté en bloc cette vision.

« Des objectifs productivistes intenables »
« Le cadre global nous semble inadéquat par rapport à ce que l’on attend de l’assistant médical, notamment les contreparties demandées au médecin. Un nombre de consultations ou de patients suivis en plus, c’est difficilement tenable d’essayer d’imposer cela aux médecins dans le contexte actuel ! », indique le Dr Yannick Schmitt, président de Reagjir, présent lors de cette manche des négos. « Cet objectif de rentabilité ne peut pas être une condition sine qua non à la mise en place des assistants médicaux. »
Pour rappel, en septembre dernier, Emmanuel Macron annonçait la création et le financement d’ici à 2022 de 4 000 postes d’assistants médicaux, destinés à « décharger les médecins d’actes qui peuvent être faits par d’autres ». Pour encourager les médecins à embaucher des assistants médicaux, il était envisagé que l’Etat prenne en charge une partie de leur salaire, qui a été évalué à 50 000 euos par an, charges comprises. Chez MG-France, on souhaite qu’à terme soit créé un poste d’assistant médical pour deux médecins généralistes.
Les syndicats signataires historiques ne sont pas plus optimistes… MG France a regretté dans un communiqué « l’absence d’ambition du projet présenté ce matin, où figurent en bonne place calculs mathématiques et recherche effrénée de productivité ». Et la CSMF estime de son côté que la proposition faite « est contraire aux besoins personnels de chaque patient, et à l’éthique médicale. Les médecins ne peuvent partager cette vision productiviste de leur activité. Ils ont le souci de la qualité des soins qui, couplée à une meilleure organisation de chaque cabinet, leur permettra de mieux répondre à la demande en soins pour tous les Français, partout dans les territoires ».

Quelles suites ?
Ce clash risque donc de retarder la mise en place du déploiement des assistants médicaux, initialement annoncé pour janvier 2019. « S’il n’y a pas d’évolution sur la philosophie globale du texte et ses contreparties, il y aura très peu de médecins prêts à s’engager, et donc cela serait de toute façon un échec… », pointe le Dr Schmitt. Néanmoins, ce dernier reconnaît qu’il faudra sûrement des contreparties. « On ne peut pas signer un chèque à un médecin et ne rien lui demander en retour. La vraie question est : quelles contreparties ? Lui demander 10% de consultations en plus ou 10% de médecin traitant en plus, ce n’est pas possible. Il faut trouver d’autres indicateurs plus pertinents et collectifs comme par exemple le nombre de patients sans médecin traitant sur un bassin de population ou encore le nombre de passage en soins non programmés », estime le Dr Schmitt.
Chez Jeunes Médecins, le discours est désenchanté. « On ne comprend que trop bien le raisonnement : la volonté pour certains libéraux de faire financer des postes de secrétaires médicaux et, en face, l’assurance maladie qui, ne voulant pas généraliser le financement de ces postes, a essayé de trouver un dispositif annexe. Avec au final, un dispositif proposé qui ne rencontre pas la validation de ceux qui l’ont pourtant demandé au départ… C’est pour moi un beau symbole de l’incapacité des tutelles à répondre aux demandes du terrain ! », réagit le Dr Emmanuel Loeb, son président. « Aujourd’hui, nous n’avons aucune visibilité sur ce futur métier et je me mets à la place des personnes qui vont occuper ces postes-là ! Tout s’est fait à l’envers. Il aurait d’abord fallu créer un référentiel métier puis un référentiel compétences et définir la formation. »
Les syndicats préparent leurs contre-propositions. La prochaine réunion est prévue la semaine prochaine. A suivre.

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  • Sophie Cousin
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