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Bertrand Boutillier

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Juil. 07

Retour sur la LCA et les ECN

Publié le 27/07/07 17:07 - Modifié le 27/07/07 17:13
Finalement, le plus extraordinaire dans ce n°8203 du quotidien du médecin à propos duquel nous avons consacré nos deux derniers billets, c’est l’enchaînement des articles.
Premier article page 3 : ECN, le palmarès des facs / Paris truste les premières places

Dans ce papier, on nous explique une chose : depuis 2004 il y a un écart énorme de résultats aux ECN suivant dans quelle fac on les prépare. Etonnant quand même : des facs qui enseignent la même médecine depuis des dizaines d’années semblent incapables d’afficher des taux de réussite relativement semblables alors que pourtant la cardio enseignées à Lille ne doit pas être bien différente de celle que l’on apprend à Marseille. Bref, avec un ECN purement médical, on nous démontre que des facs sont très très mauvaises et d’autres très bonnes en termes de préparation des étudiants à un concours.

Second article page 4 : Plaidoyer pour la lecture critique d’article par Valérie Pécresse.

« Mon objectif est de faire de cette nouvelle épreuve une chance pour les candidats à l’examen national classant. Il est dans l’intérêt de tous qu’elle soit mise en place la plus rapidement possible ».

Mettez en regard les 2 articles. Le paradoxe saute à la figure. Mme la Ministre a donc la prétention en 2 ans de faire d’une épreuve aussi aléatoire, aussi mal et inégalement préparée dans les facs, une chance pour les étudiants en médecine … alors qu’on démontre à la page précédente que sur des épreuves médicales pures, certaines facs sont déjà complètement larguées.

Et puis encore une fois, Mme la Ministre, comme la majorité semble t’il, oublie une chose : l’ENC n’a pas vocation à valider les acquis des étudiants. Dans les études médicales, c’est le CSCT qui valide les connaissances. Car quand une promo entière passe l’ENC, rien ne dit que cette promo est une bonne promo. Faites passer un concours à un groupe de débiles légers. Inscrivez une épreuve de LCA à ce concours. On ne peut pas conclure que ces gens seront bons en LCA parce qu’on aura un premier à un concours, puis un second …
C’est pourtant ce qu’on est entrain de vouloir nous faire avaler comme théorie.

La mienne dans cette histoire, c’est qu’un jour un type s’est dit : la médecine, c’est la publication médicale, c’est de savoir analyser et décrypter l’information pour en tirer le meilleur et ne pas se faire flouer par des argumentaires bidons. Idée louable, seulement ce type est resté collé à cette idée et à convaincu ses collègues. Depuis ce petit monde fait une fixette là-dessus. On a l’impression que c’est devenu une mission. Il faut de la LCA, coûte que coûte. Je compare un peu la chose à l’introduction des NTIC dans l’univers des études médicales. Pendant toute une époque s’était le Pérou. Il fallait du NTIC par ci, du NTIC par là … Tout ça était impératif, c’était LA nouvelle forme de pédagogie médicale. Et depuis rien.

Ma vision des choses c’est que tous ces braves gens pensent qu’ils vont apporter un mieux, que par leur réforme ils vont faire monter le niveau. En fait il n’en sera rien. Plus on introduira de charge sur le dos des étudiants, plus on en fera des bêtes à concours et moins on ira vers l’objectif. On complexifie le système, on le met sous pression. Ce n’est pas de ça dont il a besoin. Ce n’est pas de ça dont les étudiants ont besoin. Un étudiant qui sort en fin de sixième année n’a pas besoin d’avoir été assommé pendant 6 ans puis projeté biologiste alors qu’il voulait être gynéco. Le système a besoin de simplicité, le système a besoin de faire en sorte que les étudiants se réalisent en lui. Pas l’inverse.

La bonne recette pour avoir une médecine de qualité n’est pas de sortir 7000 médecins par an dans les 10 ans qui viennent dont les 3/4 au moins n’exerceront jamais dans un domaine proche ou éloigné de leur souhait initial à cause d’un concours loterie. Même si on leur a fait rentrer les règles d’analyse d’articles médicaux à coup de massue dans le crâne.

Pour finir, je vous copie la fin de l’article de Valérie PECRESSE, ces lignes font directement suite à celles recopiées plus haut :

« Nos concitoyens sont liés à leur médecin par un véritable pacte de confiance. Nous avons là un outil simple pour le renforcer. Inscrivons la lecture critique d’article au cœur d’une formation médicale de haut niveau, nous conforterons nos médecins. Les patients que nous sommes tous en seront les premiers bénéficiaires ».

Là je dois dire que je ne félicite pas le conseiller du Ministre qui a pondu cette fin. Je pense que c’est un adepte des répliques finales de films américains (A t’il revu spiderman ce jour là ?) Parce qu’à ce niveau là …

Il faudra tout de même m’expliquer ce que viennent faire nos concitoyens au milieu de tout ça et ce que la LCA va faire en terme de confortement du médecin dans la population générale.
Car Mme la Ministre, mes 20 patients du jour, dont 50% à la CMU, ne se sont pas trop posés la question de ma formation et de savoir si je savais analyser le New England.

Bref argumentaire parfois ridicule pour projet mal ficelé, mal engagé, mais qu’on arrivera bien à nous imposer.
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